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 ⊰ Arrêtes ton cinéma - Nate V. Darrow

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Date d'inscription : 08/09/2012
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MessageSujet: ⊰ Arrêtes ton cinéma - Nate V. Darrow   Sam 15 Sep - 23:39

    Elle avait besoin de sortir, de se changer les idées, de rencontrer des gens car entre ces quatre murs elle n’arrivait plus à rien. Cela faisait un mois qu’elle travaillait sur une Ballade de Fauré et impossible d’en tirer quelque chose de satisfaisant. Elle ne jouait pas faux, ne se trompait pas de notes et ne faisait pas d’erreur de tempo mais elle n’arrivait pas à faire sortir l’émotion de cette pièce pour piano solo. Elle travaillait sans relâche mais elle n’arrivait à rien. Bien sûr, Melodie avait quitté plus d’une fois son appartement en un mois mais elle voyait la partition au fond de ses paupières dès qu’elle fermait les yeux quelques instants et elle entendait toujours les mesures s’enchaîner dans sa tête. Alors Melodie avait décidé de sortir et non pas uniquement pour se rendre aux répétitions d’orchestre ou bien pour aller acheter à manger. Bien sûr elle n’avait pas abandonné, ce serait mal connaître la jeune demoiselle que de penser qu’elle baissait si vite les bras, mais elle avait simplement décidé d’aborder le morceau autrement. Elle s’était posé mille et une questions quant à l’interprétation de cette ballade et avait cherché à en déceler les principales caractéristiques. L’une d’elle était la légèreté et après d’intenses réflexions Melodie conclut qu’on ne pouvait jouer ce morceau seulement en ayant l’état d’esprit lui correspondant. Il lui fallait donc à tout prix s’amuser et se divertir chose qu’elle faisait plutôt facilement étant d’une nature rieuse.

    La jeune demoiselle avait établi pour ce faire une liste. La première chose à y figurer était : aller boire un verre avec des amies. Elle appela donc ses quelques bonnes copines qui furent ravies de voir que Melodie semblait avoir mis de côté cette obsession, bien que ce ne soit pas tout à fait le cas en réalité. A quatre elles se rendirent dans un bar qu’une d’entre elle affectionnait tout particulièrement. Melodie avait trouvé l’ambiance un peu glauque et l’endroit un peu miteux mais elle avait cru deviner que son amie était plutôt là pour le barman. La soirée ne démarra pas comme Melodie l’avait espéré et bien vite Fauré hantait de nouveau ses pensées. La jeune femme rentra plus tôt que prévu chez elle, prétextant un coup de fatigue pour aller s’assoir à son tabouret de piano. Elle prit une grande inspiration, ferma les yeux et commença à jouer. A peine arrivée à la moitié du morceau elle se leva d’un bon, attrapa son manteau et son écharpe puis sortit de chez elle en claquant la porte. Elle fit le tour de son quartier à pied, le temps de se calmer. Elle fulminait contre elle-même de ne pas réussir à jouer ce morceau avec émotion. Elle ne traîna tout de même pas bien longtemps dehors car il était de notoriété publique que les rue de Detroit n'étaient pas les plus sûres.

    Le lendemain elle décida de continuer à faire des choses sur sa liste, même si la veille rien ne s’était passé comme prévu, Melodie restait persuadée que changer d’état d’esprit était le meilleur moyen pour réussir à interpréter ce morceau. Elle avait donc décidé de se rendre au cinéma car elle avait repéré un film qui avait l’air très intéressant et plutôt drôle. La séance avait lieu à quatorze heures mais Melodie s’était levée assez tôt. Elle avait mangé tranquillement et s’était préparée puis avait fait un peu de ménage mais cela lui prit moins de temps que ce qu’elle ne pensait. Elle s’assit alors dans la pièce qui faisait office de salon/salle à manger/cuisine et commença à taper du pied, comme si elle battait la mesure. Elle ressentait quelque chose d’étrange, comme si quelqu’un la regardait. Elle se retourna vers son instrument et le fixa. C’était lui le coupable. Il trônait là, au milieu de la pièce et semblait lui crier « Viens t’assoir près de moi, jouer un petit peu ». Melodie le défia du regard, la tentation était grande mais elle se leva et décida de quitter l’appartement pour ne pas céder. Elle savait très bien que si elle retentait de jouer tout de suite, elle serait de mauvaise humeur toute la journée et il lui serait impossible de retrouver cet esprit léger qu’elle recherchait.

    Le ciel était d’un gris pâle, rien pour vous remonter le moral. Melodie prit la direction du cinéma. Elle habitait dans le quartier et connaissait le chemin par cœur, néanmoins elle s’efforça de ne pas marcher trop vite car elle allait être bien trop en avance. La jolie blonde se déplaçait à pied la plupart du temps, excepté lorsqu’elle devait se rendre dans des quartiers où elle ne se sentait vraiment pas en sécurité. Lors de son trajet, elle s’amusa à observer les gens. Cela la détendait en général, elle tentait de leur imaginer une vie fantaisiste. Cette habitude était venue au fur et à mesure mais elle avait commencé à observer les gens dans la rue alors qu’elle était âgée de treize ans et que son frère s’était évanoui dans la nature, elle espérait alors le croiser à chaque coin de rue. Cet espoir avait diminué car elle imaginait que son frère était bien planqué et puis il avait certainement quitté Detroit. Malgré cela elle avait continué à regarder les gens marchant le long des trottoirs et elle les oubliait dès qu’ils sortaient de son champ de vision, c’était une simple manière de s’occuper l’esprit durant un trajet. Elle arriva devant le vieux cinéma qui ne projetait plus que rarement quelques films, cette technologie simple étant à présent dépassée. Melodie appréciait grandement ce lieu, elle était séduite par le mystère de cette salle sombre au grand écran et aux fauteuils moelleux. Il était déjà ouvert alors Melodie s’avança au guichet pour demander une place. On lui demanda si elle souhaitait déjà s’installer dans la salle car le film ne démarrait pas avant une bonne demi-heure. La jeune femme indiqua qu’elle préférait s’installer tout de suite. Il n’y avait encore personne et elle eut tout le loisir de choisir sa place. Elle opta pour une place au dernier rang, au milieu. Puis elle entendit la porte de la salle grincer, quelqu’un entrait.


Spoiler:
 


Dernière édition par Melodie L. Francœur le Sam 29 Sep - 8:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ⊰ Arrêtes ton cinéma - Nate V. Darrow   Ven 21 Sep - 21:44

« Une place pour Dusk of the Dead, s’iouplâit !
— Ça fera quinze dollars.
— Ah ben ça va, on se fait pas chier ! »
Le vendeur hausse un sourcil derrière la vitre de son guichet. Je ne me démonte pas :
« Bah, c’est vrai quoi. D’habitude, c’est dix dollars le ticket.
— Pas pour les sorties du mois, m’sieur. Vous le prenez ce billet, ou quoi ? »
Je me tâte. Ça fait un bout de temps que j’attends la sortie de ce film, mais là, ça fait un peu cher. Et c’est la fin du mois. Oui, d’accord, théoriquement, c’est seulement le milieu du mois. Mais on a eu la main un peu lourde durant nos dernières sorties… Faut dire que quand on est bourré, on devient soudainement riche, c’est une loi universelle. Et comme Noah et moi avons passé les deux premières semaines de ce mois-ci dans la quatrième dimension et demie, forcément, c’est le porte feuille qui se retrouve avec la gueule de bois. Remarque, il y a bien une solution…
Je consulte la liste des autres films à l’affiche, quand mon regard est distrait. Une jeune femme vient de s’approcher de l’autre guichet, à quelques mètres. Je l’observe du coin de l’œil ; elle me dit quelque chose… Mes lèvres s’étirant en un fin sourire. Elle ne met pas longtemps à faire son choix, mais je ne peux pas l’entendre de là où je suis. J’ai tout juste le temps de choisir un titre au hasard dans la liste des films ; elle s’éloigne déjà vers l’entrée.
« Bon euh, donnez moi une place pour Coup de foudre à Honolulu. »
Il me scanne des pieds à la tête, incrédule.
« Coup de foudre à Honolulu ?
— Oui, c’est ça.
— Vous êtes bien sûr ?
— Si j’te l’dis ! insisté-je, tout de suite moins patient.
— Bon… Ça fera dix dollars, alors. »
Je lui tends le billet, et récupère le mien en échange.
« Bonne… séance, monsieur. »
Je ne prends pas la peine de répondre et m’élance vers les escaliers. Je pousse les lourdes portes du cinéma et arrive dans le hall, avec ses murs boisés, sa moquette rouge et sa lumière tamisée. D’habitude, je prends le temps de flâner afin de profiter de cette ambiance feutrée et nostalgique que j’apprécie particulièrement. Mais là, j’ai d’autres chats à fouetter.
J’aperçois du coin de l’œil la silhouette de la jeune femme disparaître à l’angle d’un couloir. Là, je me dis que j’ai deux solutions qui s’offrent à moi : soit je me faufile avec mon ticket bidon pour chercher la salle où est projetée Dusk of the Dead, et je me fais mon petit kiffe perso. Soit je la suis, quitte à prendre le risque de vraiment tomber sur le nanar qu’est manifestement Coup de foudre à Honolulu, avec un titre pareil… et je me fais mon petit kiffe perso, aussi, mais pas de la même façon. Je n’ai pas beaucoup de temps pour prendre ma décision… Et je choisis finalement de la suivre. Et avec un peu de chance, elle va aussi voir Dusk of… Même si elle n’a pas l’air d’être une adepte de ce genre de film, on peut toujours avoir de bonnes surprises.
Je m’engage donc dans le couloir qu’elle vient d’emprunter. Elle a déjà disparu, mais je vois les portes donnant sur l’une des salles qui s’agitent encore légèrement. Bingo. En revanche, manque de pot, le titre du film n’est pas affiché à l’entrée. Je joue donc mon après-midi à la roulette russe. Tant pis, j’aime le danger ! Je pousse le double battant et entre dans la salle sombre, mes yeux mettant un certain temps à s’habituer à la pénombre. Bizarre, à première vue, il n’y a personne dans la salle. Je fais quelques pas, m’avançant vers les escaliers menant au fond de la salle. C’est alors que je la vois. Ah la garce ! Elle a pris ma place, en plein milieu du dernier rang. Je m’assois toujours ici, dans n’importe quelle salle, enfin, une fois sur deux quand Noah m’accompagne, puisque forcément, on se bat pour l’avoir, et je ne peux pas toujours gagner. Il faut dire que c’est la meilleure place ; bien centré, juste sous le projo, et en plus, on a personne derrière soi pour vous faire chier.
Je m’approche, mains dans les poches, faisant mine de chercher où m’assoir ; mais en réalité, je l’observe discrètement du coin de l’œil. Mignonne, vraiment mignonne… Et elle me dit définitivement quelque chose. Je l’ai déjà vue, croisée… peut-être même lui ai-je déjà parlé ? Il faut dire que je ne garde pas vraiment beaucoup de souvenir des femmes que je fréquente. Autant me demander combien de kleenex j’ai utilisés dans ma vie. C’est lorsque j’atteins l’avant-dernière rangée et que mon regard croise le sien que je me souviens ; elle était au bar, hier, avec… comment s’appelle-t-elle déjà ? Tatiana ? Tallulah ? Quelque chose du genre. Disons Tatiana. En tous cas, une fille qui vient souvent et qui me fait de l’œil depuis un certain temps. Je crois que j’aurais pu me laisser tenter… jusqu’à ce qu’elle se ramène avec ses copines. Car à côté de cette jolie blonde anonyme, Tatiana fait pâle figure… Quand je disais que je pourrais avoir de bonnes surprises en venant dans cette salle !
M’avançant dans la rangée, je lui adresse un rapide petit sourire, en arrivant à sa hauteur. L’air de rien, je fais mine de ne pas l’avoir reconnue. J’ai jeté mon dévolu sur le fauteuil qui se trouve juste devant elle. Bien sûr, ce n’est pas seulement par défaut que je choisis cette place, mais ça, je pense que vous l’avez déjà compris. Avant de m’assoir, je retire ma veste, et fouille dans une poche afin d’y chercher mon portable. Mais ma main reste coincée dans la doublure, et en la secouant pour l’en sortir, je fais un mouvement brusque qui envoie voler mon téléphone par-dessus le dossier, l’objet allant alors atterrir aux pieds de la jeune femme.
« Oups, excusez-moi ! »
Bon, c’est sûr, il y a plus brillant et surtout plus éloquent comme approche, mais ça aurait aussi pu être pire. Et on va encore dire que je l’ai fait exprès… Ce qui ne serait qu’à moitié faux. J’avais bien l’intention en sortant mon portable de trouver là une excuse pour établir le contact, en prétextant m’assurer auprès d’elle qu’il s’agissait bien de la salle numéro six — alors que j’ai vérifié le numéro à l’entrée — afin d’en notifier Noah par message, pour qu’il puisse me retrouver. Jamais à l’heure, aussi, celui-là… J’imagine que le patron l’a gardé plus longtemps afin de lui faire rattraper ses nombreux — enfin, nos nombreux — retards en arrivant au boulot. Mais pour le coup, ça m’arrange bien.

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« The days are bright and filled with pain. Enclose me in your gentle rain. The time you ran was too insane, We'll meet again, we'll meet again. Oh tell me where your freedom lies, The streets are fields that never die. Deliver me from reasons why You'd rather cry, I'd rather fly. »
O Brother
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