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 The one we share | Wade

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MessageSujet: The one we share | Wade   Dim 7 Oct - 20:30

Il a mal dormi. Comme d'hab', depuis ces derniers jours, depuis que le tiraillent des cauchemars et des remises en question, que ce en quoi il croit s'ébranle et semble s'émietter sous ses pas. Mais il tient bon, quand il se réveille en gémissant, en sueur et parfois en pleurs, il s'accroche à sa couette, se force à engloutir une grande bouffée de l'air pourtant trop lourd qui l'écrase sur son lit, et essaie de se rappeler qu'il n'y a rien à faire, que les choses sont telles qu'elles devaient être. Lui en tous cas ne peut rien, pas dans l'état actuel des choses, et se l'admettre doit être un des trucs les plus durs qu'il ait jamais eu à faire.

Malgré la fatigue, c'est presque un soulagement d'aller bosser : au moins il s'occupe, n'a pas à rester toute la journée à mariner dans le jus de ses pensées les plus sombres. Les sales tronches des pocherons habituels lui font plus plaisir à voir que son appartement, tout clean bizarrement depuis qu'il ne peut plus rester sans rien faire, où flotte l'absence de sa tronche à elle.

En chemin il est obligé de faire une quantité aberrante de détours pour ne pas arriver trop en avance – un comble – tant il s'est éjecté tôt de chez lui. 'Tôt' étant bien sûr tout à fait relatif puisqu'il a aujourd'hui le service du soir, et que le jour s'étiole déjà dans les rues rendues grises et comme plus mornes encore que d'habitude. Il enfonce ses mains dans les poches, avance d'un pas de pachyderme boudeur, le dos courbé. S'il avait eu une capuche il l'aurait mise, et si une musique pouvait accompagner tous ses instants de vie, ce serait en ce moment un métal criard et grinçant qui suivrait sa mauvaise humeur, en mode tu-f'rais-mieux-de-pas-m'approcher. Il finit heureusement par se rendre compte de son attitude avant d'être au bar et de faire fuir tous les clients, en remarquant qu'une dame d'un certain âge frémit et change de trottoir en le croisant. Allons bon, il va peut-être falloir qu'il se reprenne.

Quand il pousse la porte du Old Fat Cat, s'il n'a pas le sourire éclatant de ses bons jours, au moins ressemble-t-il davantage à un être humain, prêt à des contacts autres qu'à visée cannibale. Il réussit même à esquisser un air jovial en croisant le collègue qu'il remplace, et à garder un visage un minimum engageant lorsque, une fois habillé, il va prendre sa place derrière le comptoir.

Il inspire, lentement, se remplit les poumons de l'odeur si particulière du bar. Mine de rien ça le fait se sentir mieux, un peu ; il y a quelque chose ici, dans ce boulot, qui l'apaise à chaque fois. Sans doute a-t-il trop travaillé, avant ça, dans les endroits glauques et perpétuellement bruyants, entre la musique mise trop forte, les rires gras des clients, leurs claques sur les fesses des filles. Ça ne lui manque franchement pas. S'il pouvait bosser toute sa vie dans des endroits pépères comme ici, il s'estimerait comblé.

En balayant du regard les quelques clients qui sirotent tranquillement leur verre dans la salle, il finit par repérer le flic grincheux installé au comptoir. Dans la lumière tamisée du bar, ses cicatrices ont l'air d'ombres bizarrement placées, jusqu'à ce qu'on s'approche et qu'on commence à mieux les distinguer. Les autres clients ne lui paient aucune attention, ils n'ont pas dû remarquer ou, mieux, ils s'en foutent. Ce n'est pas plus mal, Fred n'est pas d'humeur à se taper les commentaires des vieux lourds ni la réaction du flic qui va avec. Il a besoin de s'occuper, ok, mais l'énervement se marie très mal avec la déprime, chez lui.

Comme il constate que le verre de son habitué préféré est presque vide, et comme il n'a rien d'autre à faire, il va vers lui, l'air froid et à moitié ronchon comme il l'affiche chaque fois qu'il s'adresse à lui. Pas que ça leurre grand monde, les petits sourires en coin qu'il esquisse quand l'autre sort des trucs marrants n'échappent à personne, mais il tient à ce jeu d'apparences idiot.

    J'vous ressers ?

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MessageSujet: Re: The one we share | Wade   Lun 8 Oct - 12:51

    C'était son petit rituel du soir, il n'en démordait jamais. Qu'importe que ces moments soient pour le plus souvent désastreux, il en avait besoin. Il avait besoin de ce verre, besoin de ce bruit, besoin de cette ambiance. Comme toujours, il était assis devant le comptoir, à la même place que d'habitude. Il se fondait presque dans le décor, les habitués du coin ne le remarquant que lors de ses excès de rage violents. Nombreux étaient ceux qui attendaient le numéro du clown. Certains trouvaient cela divertissant, certains étaient affligés, certains le traitaient d'erreur de la nature. Mais il s'en fichait. Il était une erreur de la nature, il le savait. L'humain qui avait un jour vécu en lui avait totalement disparu, et il ne reviendrait jamais. Il était parti ce soir d'hiver, il était parti avec ces cicatrices, parti avec la haine. Tant que la haine serait là, il ne reviendrait jamais. Mais il savait pertinemment que la haine ne partirait jamais. Elle était trop forte.
    Ce soir, le bar était étonnement calme, aucune gueulante ne venant percer le bruit de la musique et des rires.
    Ce soir, le clown n'était pas d'humeur à se donner en spectacle.
    Comme hier.
    Comme avant-hier.
    Comme depuis le prime-time.
    Il n'en avait pas envie, il n'en avait pas la foi. Il se sentait vidé, poussé à bout. La haine qui brûlait en lui avait atteint son paroxysme, elle le détruisait peu à peu. Ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait, ce ne serait certainement pas la dernière. Il ne voulait pas entendre la petite voix qui lui disait que cette fois, se remettre de ça serait plus difficile que les autres. Il ne voulait plus y penser. Mais il revoyait sans-cesse dans son esprit ce regard magnifique qu'elle lui avait lancé, cet ultime regard qu'ils avaient échangés. Celui du véritable adieu. Celui qu'ils auraient dû faire après la première nuit, celui qui aurait stoppé cette folie sans nom.

    Son verre était presque vide. Déjà. Il n'avait même pas remarqué qu'il l'avait bu. Il n'avait pas non plus remarqué l'arrivée du jeune barman dans le bar. Il aimait bien ce garçon, au final. Il avait une façon assez agréable d'en envoyer chier certains qui lui plaisait beaucoup. Et puis il rigolait à ses blagues, ça, c'était un sacré point.

    « J'vous ressers ? »

    Bon Dieu. Tiré de ses pensées par la voix du jeune homme, l'homme au sourire de fou sursauta brutalement, envoyant par mégarde son verre s'écraser sur le sol. Crachant un « MERDE ! » il passa ses mains sur son visage, fatigué. Il ferma les yeux un instant, tentant avec peine de retrouver ses esprits. Il n'en pouvait plus, il n'en pouvait vraiment plus. Il avait envie de hurler, de tout détruire, de mettre à feu et à sang le monde entier.
    Mais il devait poursuivre son but, garder la tête froide.
    Ce n'était qu'une fille comme les autres au final. Elle ne valait rien.
    Il ne l'aimait pas.
    Elle ne l'aimait pas.
    Ils s'étaient mis d'accord sur ça.
    Alors pourquoi se sentait-il si mal ?
    Ses mains glissèrent de son visage, remontant dans ses cheveux. Ces-derniers se soulevèrent un instant, dévoilant à pleine lumière ses marques qu'elle aimait tant. Le barman, il devait se concentrer sur lui. Il devait se changer les idées. Il devait l'utiliser.
    Il planta ses prunelles noires sur le beau visage du jeune, le flic remarquant à peine les traits tirés de son ami. Il était trop concentré à se donner de grands airs, trop occupé à cacher son mal-être pour voir celui de l'homme en face de lui.

    « Oh ! Le bellâtre ! Même chose que d'habitude s'il te plaît. »

    Il aurait plus eu besoin d'un verre de Jack' que d'une bière, mais soit.

    « C'est bien calme ce soir. Tu remarqueras même à quel point je suis sage. »

    Il parlait pour ne pas penser. Essayant de rire et de déconner sur ses maux enfouis. Mais rien ne fonctionnait, la haine qui lui incendiait le corps de l'intérieur le dévorait peu à peu dans une souffrance insupportable. Il devait se donner contenance, il ne devait pas se laisser abattre. Il devait faire son deuil, et vite. Il devait le faire avant même que ce ne soit son tour à elle, d'être tuée. Si seulement elle n'avait pas été aussi spéciale ... Si seulement.

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MessageSujet: Re: The one we share | Wade   Jeu 11 Oct - 8:29

Le boucan que fait le verre en éclatant au sol se répercute dans chacun de ses nerfs. Tiens, elle commence bien la soirée... Évidemment il est seul en service pour l'instant, il va falloir qu'il s'occupe de ça tout seul. Rien de plus chiant à part la plonge – et encore la plonge il n'a pas à se baisser devant tout le bar pour faire sa petite ménagère. Mais il a déjà fait bien pire, dans les lieux glauques où l'a trimballé la vie, alors il ne se plaint pas ; pousse seulement un soupir à moitié blasé et remonte ses manches en chopant la pelle et le balais.

Il s'apprête à contourner le comptoir quand il constate l'attitude du flic. Tiens, apparemment c'est pas le seul à en avoir gros ce soir, l'autre a l'air sur le point de se mettre à gueuler, ou chialer, ou en tous cas un des deux lui ferait sans doute du bien. À la place il boit, de même que Fred, lui, se noie dans son travail, et il pète ses verres de bières. Enfin, il ne lui en veut même pas pour ça. Il se sent plutôt... comme désolé pour lui. C'est pas de la pitié, à force de voir toute la population de Detroit venir s'échouer à ses tables dans des relents d'alcool pour oublier sa propre misère, elle s'est émoussée sa pitié. Mais il a l'empathie qui fonctionne encore quand en face de lui on se bat contre les mêmes ténèbres. Bon, pas les mêmes, ça l'étonnerait, mais l'autre doit bien avoir ses raisons à lui pour ainsi flirter avec le désespoir.

Le temps que Fred passe devant le comptoir, ramasse les éclats de verre puis repasse derrière pour les balancer à la poubelle, ledit désespoir a l'air de s'être un peu secoué les plumes. Tant mieux pour lui, faut s'occuper pour pas sombrer, il le sait mieux que quiconque.

Il ne relève pas le 'bellâtre', habitué à pire : quand on est un mec avec sa bouille, c'est comme un appel aux baffes dans le quartier où il vit. Il a appris à prendre tout ça en compliments.

Le « comme d'habitude » mousse dans le verre alors il ralentit pour la laisser se tasser, le temps de relever les yeux pendant qu'on lui parle.

    C'est bien calme ce soir. Tu remarqueras même à quel point je suis sage.

Il ne sourit pas, c'est juste le coin de ses lèvres qui se soulève, un air amusé qui lui échappe.

    Ouais, fait-il d'une voix qui sonne un peu bourrue, ça doit être que les gens ont d'autres choses en tête.

Il dit ça innocemment – aussi innocemment que peut sonner sa voix bizarrement grave – comme une remarque lancée en l'air, mais c'est bien sûr à quelque chose de précis qu'il pense. Il ignore si c'est le cas des autres, tout le monde ne doit pas avoir de liens intimes précisément avec les prisonniers condamnés aux Animals ; en fait il s'en fout. Ce n'est de toutes façons pas le genre de truc qu'il vaut mieux mentionner à un flic. Alors même s'il doute qu'on puisse deviner ce à quoi il pense rien qu'en le regardant servir une bière, il reprend, pour amener le sujet dans une autre direction :

    On a tous ses propres problèmes. Hein ? demande-t-il l'air de rien en faisant glisser sa bière devant le policier.

L'art de tout barman qui se respecte (et de tout coiffeur, sans doute, mais c'est autre chose) : lancer des questions qui peuvent sonner autant comme des invitations à parler de soi que comme de simples remarques générales. Au client de voir comment il perçoit ça et comment il veut y répondre.

Fred, en attendant, se sent un peu con à rester derrière son comptoir sans rien avoir à faire sinon la causette à quelqu'un qu'il n'est pourtant pas censé apprécier. C'est donc avec soulagement qu'il s'exécute quand lui vient du fond du bar un :

    Eh barman ! C'est les infos, monte le son !

Il est toujours là pour le client, toujours là pour le flic-au-sourire s'il se sent d'humeur à faire des confidences ; mais la télécommande dans ses mains et la voix douceâtre du présentateur en fond sonore lui donnent plus de contenance. C'est ça où se mettre à essuyer le même verre pendant dix minutes.

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MessageSujet: Re: The one we share | Wade   Dim 14 Oct - 18:28

    Ses yeux noirs fatigués fixaient sans ciller le verre qui se remplissait peu à peu de liquide mousseux, tandis que le barman parlait d'une voix trop grave pour être naturelle. Mais les mots de l'homme ne parvenait pas jusque dans l'esprit du clown, ses pensées sombres l'empêchant d'écouter réellement.
    Ses pensées ... Elles revenaient sans cesse, de plus en plus fortes, de plus en plus douloureuses. Elles se glissaient sournoisement dans sa tête dès qu'elles le pouvaient, déclenchant une nouvelle lutte dans son esprit pour les chasser.
    Mais elles ne partaient jamais ...

    « On a tous ses propres problèmes. Hein ? »

    Cette fois, il réagit, ouvrant de grands yeux à la fois vides et étonnés. Peut-être était-ce dû au fait qu'il avait de nouveau un verre de bière devant lui, ou peut-être était-ce dû à la question que le jeune homme venait de poser. Ou peut-être encore, était-ce les deux à la fois. Il ne savait pas quoi penser, pas quoi dire. Alors il se taisait, se contentant de lancer un regard étrange à cet homme qu'il ne pouvait nommer ami mais qui en était pourtant un.
    Ruminer, encore et encore.
    Il voulait lui parler, parler pour penser à autre chose, parler pour oublier, parler pour se confier ... ? Alors pourquoi ne le faisait-il pas ?
    Mais rien ne sort. Tout continue de bouillir en lui. Alors il tente de se donner contenance comme il le peut; en buvant. Il boit sa boisson d'une traite, sans réfléchir, essayant de faire comme si ce regard ne le hantait pas.
    Il nie le voir en fermant les yeux.
    Il nie son obsession dévorante.
    Il nie son affreuse culpabilité.
    Mais il ne pouvait rien faire, c'était son métier. Et il avait besoin de ce travail pour atteindre son but. Il vouait sa vie à sa vengeance, il l'attendait comme un gosse de 5 ans attends Noël. Il attendait de pouvoir saigner ce mec qui lui avait pourri la vie et qui courrait encore dans les rues. Mais Alyss ... Ne valait-elle pas plus dans le fond ?
    Ruminer, encore et encore.
    Sa tête allait exploser. Il devait se confier à quelqu'un. Il devait se soulager. Prouver sa monstruosité encore une fois. Se soulager d'un poids pour continuer d'avancer. Se soulager et oublier. Il menait sa propre guerre contre le monde, sa guerre contre l'injustice. Et les sacrifices sont inévitables dans une guerre. N'est-ce-pas ?

    « Eh barman ! C'est les infos, monte le son !»

    Encore une fois il sursaute. Mais son verre ne se brise pas. Il se contente juste de lever les yeux vers l'écran de télévision, la gorge serrée. C'était déjà l'heure des informations ? Ça voulait dire qu'il parlerait forcement de cette saloperie d'émission.
    Mais il devait se l'avouer, il ne trouvait pas le principe des ANIMALS mauvais, sans pour autant le trouver bon. Il était basé sur le hasard, la chance. C'était impartial ça, et il aimait l'impartialité. Mais c'était inhumain de tourner cela en un vulgaire jeu télévisé. L'idée que des gens puissent s'amuser de la mort de personnes tout en étant sagement assis derrière leurs postes de télé, le révulsait.
    Vous voulez voir mourir quelqu'un ? Faites-le vous-même alors.
    C'était aussi simple que ça.

    Les informations défilent, le résumé du Prime-Time serait pour bientôt. L'homme au sourire monstrueux essaie de se préparer, de se préparer à revoir son nom sur l'écran, de se préparer à revoir son visage si beau; son visage avec son maquillage noir jusqu'au joues.
    Pour la première fois depuis longtemps, de belles visions lui reviennent en tête, celles-ci dessinant un léger sourire absent sur sur visage souriant pourtant continuellement.
    Mais le moment fatidique arrive.
    Il entends la voix du présentateur prononcer le mot tant redouté.

    « ... allons donc parler de l'émission tant attendue : «ANIMALS.» »

    Un frisson le secoua, ses mains se crispant sur son verre vide. Son regard ne lâche plus la télévision, il ne cherche même pas à cacher ce mélange de tristesse, de peur et de colère qui marque son visage.

    « Fred ... Un verre de Jack' s'il te plaît. »

    Oui, ça ne pourrait que lui faire du bien.
    Et ce n'était surement pas le seul qui en aurait besoin ...

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MessageSujet: Re: The one we share | Wade   Mer 17 Oct - 12:20

De tout ce qu'il aurait pu soupçonner sur les raisons de la nostalgie du flic, Fred n'aurait jamais pensé à ça. Il s'était imaginé des ennuis de famille, une fille qui l'aurait rejeté ou plaqué à cause de sa tronche en biais, son animal de compagnie qui aurait claqué, un petit traumatisme au boulot... Tout, mais pas la même chose que lui, qui semble si décalée pour un policier intègre – déjà qu'à lui ça lui pose des problèmes de conscience, alors à un officiel ! Mais il ne peut pas se tromper : l'autre se crispe trop, se concentre trop sur ce qui au mieux devrait lui plaire, au pire le blaser. La façon dont il a frissonné à la mention des Animals, celle dont il fixe aussi intensément l'écran qui en parle, et toute la douleur qui se sent, derrière cette crispation, tout ça ne lui laisse aucun doute. Et puis il le perçoit d'autant mieux, surtout, que c'est la même crispation, le même frisson qui l'ont traversé au même moment. Il est trop facile de se reconnaître chez les autres pour ce genre de trucs.

N'empêche, c'est pas de bol. Il vient bosser en se disant que ça lui permettra d'échapper à tout ça, d'oublier, le temps d'un service, tout ce qui va de travers dans sa vie, sauf qu'au contraire ça lui revient encore plus violemment dans la gueule. Les nouvelles, évidemment qu'ils vont passer ça en boucle ces abrutis, il n'y avait même pas pensé ; et en plus il a juste en face un mec exactement dans la même situation que lui. Non, pas de bol, c'est le moins qu'on puisse dire.

Les mots du présentateur lui coulent dans le dos comme un liquide glacé. Il se retient de se retourner, de se mettre lui aussi à fixer l'évocation de ce qui l'obsède. Pour faire semblant, il fait mine de s'occuper, de frotter un truc sous le comptoir, de remettre des verres, des bouteilles en place. C'est peu crédible, surtout vu la raideur avec laquelle il fait tout ça. Heureusement on lui donne rapidement quelque chose d'autre à faire.

    Fred ... Un verre de Jack' s'il te plaît.

Interpellé, il jette un coup d'œil à la bière servie il n'y a même pas dix minutes : pas finie, mais en bonne voie. Tiens donc, lui il n'essaie même pas de le cacher. Il assume cette douleur, cette horreur qu'il faut pourtant se forcer à tempérer, il l'assume de tout son corps, de toute sa voix. Il assume de boire, de se soûler en regardant d'un air désespéré ce qui le dévore, aux yeux de tous. Au fond Fred ne sait plus pourquoi il essaie tant de le cacher, lui. Ça doit faire tellement du bien de se lâcher, d'admettre ce qui va pas. Il est presque tenté de mettre la main sur l'épaule de l'autre, ou au moins de lui faire savoir, d'une manière ou d'une autre, qu'il n'est pas seul, qu'ils sont tous les deux dans la même merde. Mais il ne peut pas, parce que ça n'irait pas avec qui il est, avec ses projets. Dans sa situation devenir pote avec un policier c'est vraiment pas le truc à faire, c'est pas l'image à donner si on tient à rejoindre les renégats. Et il y tient, oh, plus que ça même : c'est une mission qu'il s'est fixée au nom de la justice. Seulement ils ne risquent pas de vouloir de lui s'il se met à fraterniser avec la flicaille. Alors il ne réplique rien, fait juste un petit signe de tête compréhensif, et s'exécute.

L'odeur du whisky quand il le verse dans le verre le titille, lui donne des envies de s'y mettre aussi. C'est pas son genre pourtant, il ne croit pas à la boisson pour soigner le désespoir : il a trop vu ce que ça faisait, il en connaît trop les ravages. Rien de pire que les ivrognes, rien de pire... Et pourtant, l'envie est là, comme une sécheresse dans sa gorge. Il met sa commande devant le client, il se retient.

    Les prisonniers qui ont été sélectionnés sont donc : Alex James Fletcher, dix-sept ans, condamné pour violences répétées et meurtre...

Il se remet à frotter le même point sous le comptoir, il se retient.

    Hannibal Monroe, vingt-sept ans...

Il ferme les yeux, il se retient.

    Travis James Sinclair, trente-six ans...

    Et merde.

C'est plus fort que lui : il choppe la première bouteille qui lui tombe sous la main – un gin de mauvaise qualité – et s'en verse une rasade, qu'il engloutit sans attendre. Ça le brûle, tant il est peu habitué à boire alcool si fort, mais il s'empêche de tousser. Il sent que ça lui monte au cerveau, ça l'enveloppe d'une chaleur épaisse et au final pas si réconfortante que ça. Mais il s'en fout, au point où il en est : il sirote encore le liquide par ailleurs particulièrement dégueulasse.

    Alyss Moore, vingt-cinq ans, condamnée pour trouble de l'ordre public, invitation à la haine, à la violence et au désordre...

C'est peut-être l'alcool, c'est peut-être un réflexe enfoui plus profondément en lui : malgré sa décision d'ignorer l'écran, il se retourne, presque en titubant, il plonge les yeux dans ce qui constitue tous ses cauchemars. Ils auraient pu mettre une photo récente, qu'il sache comment elle va, si la prison l'a changée, qu'il ait un aperçu de ce qu'elle est devenue, de ce qu'il va vraiment perdre ; mais non, c'est une vieille photo, la même qu'ils passaient en boucle après son arrestation. Il ne bouge plus tout le temps que son visage reste accroché à côté de la sale tronche enthousiaste du présentateur, son verre en suspend, la bouche entrouverte, l'air probablement complètement défoncé – et à vrai dire moins à la boisson qu'au désespoir.

Puis la photo disparaît, le sujet change. Pourtant elle reste présente dans la pièce, lovée comme un châle de chagrin autour de ses épaules. Il se retourne lentement, lève son verre à mister cicatrices qui a l'air aussi déconfit que lui, et le vide sans se presser. C'est foutu, maintenant, il n'arrivera pas à penser à autre chose. Et le sujet va être dur à éviter... Non, en fait, il n'a même pas envie de l'éviter. Alors il se redresse un peu, vu qu'il s'était légèrement affalé sur le comptoir, et interpelle à nouveau celui qui doit bien partager ses tourments.

    Et vous, alors... c'est qui ?

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MessageSujet: Re: The one we share | Wade   Ven 19 Oct - 14:24

    Il termine sa bière d'un seul coup, sans lâcher la télévision des yeux. Il ne veut pas regarder pourtant, mais ne peut se forcer à poser son regard ailleurs, à ignorer cette saloperie qui ne ferait que remuer le couteau dans la plaie une nouvelle fois. Alors il serre les dents et reste là, sans bouger. Il aurait dû demander au barman d'éteindre cette merde, mais au lieu de cela, il se contente de demander un nouveau verre d'alcool.
    Il a abandonné à cacher sa douleur, abandonné à cacher sa peur, abandonné à cacher sa haine.
    Tant pis si ce soir on le prenait pour un faible, il n'avait même plus la force de prétendre le contraire.
    Ce soir, il assumait.
    Il avait toujours craint depuis ce maudit jour d'être faible. Il s'était battu pour ne pas l'être, avait tout fait pour l'éviter. Mais il avait fallu d'une personne pour que toute son oeuvre soit ébranlée.
    Une seule personne.
    Elle et ses foutus yeux, elle et son foutu sourire, elle et son foutu corps, elle et son foutu livre ...
    Pourquoi était-elle elle ?
    Il ne regarde pas le barman mais sent que son verre de Jack Daniel's vient d'être servi. Il est trop occupé à fixer l'écran pour le remercier, trop occupé à se noyer pour agir autrement. Sa main s'enroule automatiquement autour de la paroi froide, pour porter le liquide à sa bouche avec l'exact même automatisme.
    Ça a un goût infect.
    L'alcool lui monte peu à peu à la tête, commençant à le faire flotter dans une brume chaude pas spécialement réconfortante. Mais il continue de boire, au fur et à mesure que le présentateur parle. Au fur et à mesure qu'il énonce les noms.

    « ... Hannibal Monroe, vingt-sept ans ... »

    Une nouvelle gorgée.

    « Travis James Sinclair, trente-six ans... »

    Encore une, la dernière. Il ferme les yeux durant cette ultime gorgée, essayant d'oublier la douleur dans son ventre. Il entend vaguement un juron près de lui, mais n'y fait pas attention. Il est trop occupé avec sa propre souffrance pour le remarquer.
    Et le moment fatidique arrive, ses yeux se rouvrent, son verre vide se pose. Il souffre, il ne le cache pas.

    « Alyss Moore, vingt-cinq ans, condamnée pour trouble de l'ordre public, invitation à la haine, à la violence et au désordre... »

    Ses yeux ne quittent pas la photo qui est apparue à l'écran. Cette même photo qu'ils ont passés la dernière fois, cette même photo qu'ils ont passés après son arrestation. Tout lui repasse comme un film dans sa tête. Il la revoit, fière, au milieu de cette scène. Il la revoit sourire au monde, acceptant son sort avec plaisir. Il se revoit lui passer les menottes, il se revoit lui dire qu'il est désolé. Il revoit le dernier regard qu'ils ont échangés, il revoit le moment où ils se sont séparés à jamais.
    Il ressent la douleur de ce jour une nouvelle fois.
    Elle ne s'est pas tarie, bien au contraire. C'est toujours la même.
    Il a envie de crier, de pleurer. Mais il est trop vide pour le faire. Alors il reste là, assit bêtement, les yeux posté sur l'écran. La photo a disparue depuis quelques secondes déjà, mais il ne l'a pas remarqué. Ce n'est que lorsque la musique de fin des informations résonne qu'il baisse son regard, sans un mot, sans un geste. Il a l'impression d'être dans un mauvais rêve, que tout cela est faux.
    Pourtant une partie de lui sait qu'il est dans la réalité, qu'il va la perdre pour de vrai trop rapidement.
    C'était donc ça ce sentiment que tout homme ressentait lorsqu'il perdait un être cher ?
    Il n'avait pas autant souffert pour son père.
    Il souffrait pour elle.
    Mais il ne l'aimait pas n'est-ce-pas ?
    Elle était juste spéciale. Elle le fascinait juste. Elle le rendait juste humain, et c'était la seule qui en était capable. Lorsqu'elle mourrait, elle emporterait avec elle le peu d'humanité qu'il restait dans cet homme au sourire triste. Et ce, à jamais.

    Son regard quitte le mur pour se poser sur le barman, qui tenait désormais un verre dans sa main. Il semble aussi mal que lui. Ils devaient vraiment faire pitié à voir tout les deux, mais tant pis. Il emmerdait profondément les autres, il emmerdait profondément le monde tout entier. Alors quand le beau gosse s'était avancé vers-lui, quand il avait commencé à parler, il l'avait accueilli comme s'il s'agissait de son meilleur ami, de son sauveur, de la personne à qui il pourrait se confier.
    Mais avant, un dernier petit verre.
    Il devait être assez soûl pour ne rien regretter. Être assez alcoolisé pour s'ouvrir complètement à cet homme qui souffrait surement autant que lui.

    « Et vous, alors... c'est qui ? »

    Il plonge son regard noir dans celui du barman, buvant une longue gorgée de whisky. Ses cernes marquées, son teint blafard et ses cheveux blonds décoiffés doivent le rendre encore plus effrayant qu'à l’accoutumée. Pourtant, il est totalement inoffensif.
    Il pose son verre, croise ses mains.
    Son regard préfère fixer un point indéfini à côté du jeune homme devant lui.
    Il hésite encore quelques instants, il n'a jamais fait ça auparavant.
    Se confier ... Quelle étrange chose.

    Une dernière inspiration.

    « C'est moi qui l'ai arrêté tu sais. »

    Sa voix est rauque, il vide son verre une nouvelle fois.

    « C'est moi qui lui ai passé les menottes, moi qui l'ai emmenée. C'est moi qui l'ai expulsée de ce plateau télé devant tous ces spectateurs en furie. Moi qui lui ai braqué un flingue sur la tête pour qu'elle avance. »

    Il plante son regard noir brillant de colère et de tristesse dans celui de Fred.

    « C'est moi qui l'ai emmené vers une mort quasi assurée Fred, c'est moi et personne d'autre qui l'ai fait. C'est à moi que ça a été demandé et je l'ai fait. »

    Sa voix devient de plus en élevée, il crie presque, une pléiade de sentiments douloureux passant sur son visage défiguré. Il n'a pas répondu au barman mais il sait qu'il a compris de qui il s'agissait. Il n'y avait qu'une personne dans cette liste à s'être faite arrêtée sur un plateau télé. Une seule personne assez incroyable pour l'avoir fait.

    « Alyss ... »


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    just a bit drunk »
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MessageSujet: Re: The one we share | Wade   Jeu 25 Oct - 13:24

C'est les mots « plateau télé » qui le font déraper. Pas très poétique comme déclic, ça aurait eu plus de classe s'il avait compris grâce à une envolée lyrique sur la finesse de son visage, une description subtile de ses gestes et de ses habitudes, ou tout un délire de style sur les sonorités de son nom. Mais non, c'est par cette référence à la con, cette image mal filmée en gros plan sur son expression sottement arrogante, ces tressautements de caméra où on sent toute l'excitation dégueulasse du journaliste tenant un scoop, c'est par ces souvenirs si peu glorieux que ça le heurte. Cette scène qu'il tente d'oublier depuis un an, mais qui reste imprimée, gravée au fer rouge sur sa rétine.

Il était chez lui ce jour-là, à fixer l'horloge en se gavant de sodas, espérant qu'ainsi les aiguilles tourneraient plus vite. Alyss pendant ce temps devait être en train de se préparer à passer sur le plateau, il se l'imaginait bien, toute fière, inconsciente de la portée de ses propres actions comme elle l'avait toujours été – ou alors consciente au contraire, mais en ce cas folle, folle et cruelle. Il savait que l'émission allait commencer, que ce serait son heure de gloire, qu'elle aurait voulu qu'il regarde. Mais il savait aussi que ce serait sa chute. Pas besoin d'être un génie pour deviner qu'il s'agirait là du parfait moment pour l'arrêter... Politique du spectacle, une tendance qui allait se répandre, suffit de voir les Animals. Alors il s'était promis de ne pas regarder. Sauf que ce genre de promesse, il ne les tient jamais : comme aujourd'hui, d'ailleurs, l'attirance du regard vers l'écran c'est aussi impossible à combattre que celle d'une mouche pour un tas d'ordures bien suintant. Il avait fini par allumer la télé.

Il n'a rien oublié, il se souvient de tous les détails, de toutes les phrases, de tous les effets dramatiques à la noix que la chaîne avait jugé de bon goût d'ajouter. Il s'en souvient et pourtant... ça ne l'avait pas heurté jusque là. C'est vrai qu'il avait eu la sensation que le flic avait une tronche bizarre. Pourquoi n'avait-il pas fait le rapprochement ? Sans doute que sur le coup, il avait trop cru que c'était un effet de son imagination, son angoisse qui lui faisait voir des trucs. Et puis il était plus concentré sur Alyss et ses poignets menottés que sur celui qui les lui avait passées, les menottes.

Alors c'était lui. Tout ce temps, à lui servir à boire, à apprendre à le connaître l'air de rien, et c'était lui. Enfin, c'est pas comme si ça changeait quoi que ce soit. C'est un flic, avant de venir au bar il fait son boulot de flic, et ce boulot a impliqué, une fois, un jour, d'arrêter une gamine sur un plateau télé. Pas sa faute. Pas de quoi lui en vouloir. Fred ne pense même pas à lui en vouloir, en fait.

Non, ce qui le travaille, c'est pas que ce soit lui en particulier qui l'ait arrêtée, lui qui l'ait arrachée à sa liberté d'artiste torturée, lui qui ait immortalisé les instants de sa déchéance – ce qui le travaille, c'est que ça le mine autant. Ça ne veut peut-être rien dire. Si ça se trouve, il a eu un coup de foudre crade pour elle au moment de lui passer les menottes, un petit fantasme de sado-maso. Mais Fred devine qu'il y a bien plus derrière. S'il n'y avait pas eu quelque chose entre eux, est-ce qu'il aurait l'air aussi rageur, aussi désespéré ? est-ce qu'il prononcerait son nom comme ça ?

C'est pas vraiment de la jalousie, même si ça s'en rapproche. Pour l'instant, c'est surtout de la curiosité, une curiosité nerveuse et puis mêlée de nostalgie, aussi. Alyss et lui, c'était quelque chose à part : tous les deux d'un côté, le monde de l'autre. Il n'y a jamais eu de trio, ils n'ont jamais vraiment eu d'ami en commun. Ça veut dire personne qui la connaissait comme lui, personne avec qui parler d'elle, personne avec qui la partager. Et voilà qu'il a en face de lui quelqu'un qui ressent apparemment la même chose, qui traverse exactement le même enfer – à cause d'elle. Il hésite entre en être reconnaissant et se vexer de ne plus l'avoir à lui tout seul. Et il est trop pompette pour se décider.

Alors il se ressert un verre de gin, et il sent ses réserves s'envoler.

    C'est marrant, je t'avais pas reconnu.

Il est passé au tutoiement. Au point où ils en sont, hein...

Il lève son verre, plus très droit, sourit de ce qui a l'air d'une tentative d'air complice, mais où il n'y aurait pas assez de conviction. Ce qu'il voudrait lui dire c'est : alors c'est toi ? toi le dernier à l'avoir vue libre ? toi qui la lui a enlevée, cette liberté ? toi qui as vu du plus près à quel point elle s'en foutait, à quel point même ça lui faisait plaisir ?

Mais il ne dit rien, il boit juste son gin immonde.

Alors toi aussi tu sais ce que c'est ? La voir où elle est maintenant, que ça te déchire les entrailles, mais rien pouvoir dire, rien pouvoir faire, parce que c'est ton boulot, et que t'y crois, malgré tout. Et puis parce qu'au fond tu sais que c'est comme ça que ça doit être, comme ça que ça doit finir. Toi aussi ça te bouffe, hein ? Mais c'est ça qu'elle fait Alyss, elle vous bouffe, et elle se barre avec un morceau de vous dans les dents, même si c'est pour brûler avec.

Il ne dit rien de tout ça non plus, il boit encore, et il sourit encore de cet air sans doute profondément con parce que ce faux enthousiasme est une façade trop évidente pour toutes les craquelures que l'alcool agrandit, derrière. Il ne peut pas rejoindre le flic dans son accablement assumé, parce qu'il a peur sinon de complètement craquer, de se mettre à chialer sur le comptoir. C'est donc avec un ton pseudo léger, mais qui ne trompe personne, qu'il se contente de demander :

    Alors tu la connais d'où, toi... Alyss ?

Et d'avoir l'air de rien, alors qu'au fond, la curiosité le dévore, et qu'il reste suspendu aux lèvres découpées dans l'attente d'une réponse qui l'obsède déjà.

Qu'est-ce qu'elle était pour toi, qu'est-ce que t'étais pour elle ? mon Alyss...

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MessageSujet: Re: The one we share | Wade   Dim 4 Nov - 0:28

    Son nom s'était immiscé entre eux comme une brise de vent aurait pu le faire, porté par la même douceur, porté par la même délicatesse. Il n'avait même pas remarqué que ce nom s'était échappé de ses propres lèvres, croyant à un murmure de l'autre. Croyant à un murmure des murs. Croyant à un murmure de son verre d'alcool.
    Il savait au plus profond de lui-même qu'il allait mal, qu'il allait finir par perdre complètement pied s'il continuait ainsi, à se soûler chaque soirs et à décuver seul la nuit dans son appartement si beau et si neuf où seul la solitude l'attendait. Il n'était pas alcoolique, encore moins dépressif. Ce genre de choses étaient pour les êtres humains, pas pour les bêtes. Et lui, il n'était qu'une pauvre bête déchue de son statut d'homme.
    Alors, pourquoi souffrait-il autant ?
    Pourquoi avait-il fallu qu'il la rencontre ?
    Lui qui avait abandonné l'idée de retrouver des sentiments humains se retrouvait piégé par une gamine aux yeux mal maquillé, piégé par une fillette au talent démesuré, piégé par une femme qu'il n'avouerait jamais aimer.
    Oh non, il ne l'avouerait jamais.
    Il refusait d'y croire. Il ne pouvait pas l'aimer. Il ne pouvait pas être si faible.
    Il n'était pas un putain de faible.

    Le whisky ne lui brûle même plus la gorge, trop habituée a absorber ce liquide pourtant infect. Mais au travers de son esprit trouble, le silence qui règne du côté du barman lui fait relever le nez de son verre, l'alcool poussant ses problèmes de côtés un instant au profit de l'air absent de son ami. Il cherche à comprendre au travers des émotions lisibles sur le visage du jeune, ce qui le préoccupe autant, mais rien ne lui vient. Chercher lui occupe pourtant la tête, alors il continue sa besogne comme si sa vie en dépendait, une grimace de concentration déformant son visage. L'alcool ingurgité ne l'aide pas dans sa tâche, mais il se sent un peu mieux. Est-ce que ce type en face de lui partagerait la même peine que lui, pour la même personne ?
    Cette idée traverse son esprit comme un éclair fendant le ciel un soir d'orage.
    Mais c'était impossible non ? C'était sa Alyss ...
    Il n'avait jamais pensé aux autres, jamais pensé qu'elle puisse connaître d'autres personnes que lui lorsqu'ils étaient ensemble. Mais il aurait été idiot de penser que ce soit le cas.
    C'était logique.
    Compréhensible.
    Humain.
    Elle ne lui appartenait pas.

    Soudain, le barman se réveille, disant quelque chose comme quoi il ne l'avait pas reconnu, avouant à demi-mot que c'était bien elle qui le mettait dans cet état, elle qui le rendait si lamentable en cette dure période.
    Alors ainsi, il n'était plus seul à souffrir, plus le seul à souffrir à cause de la même personne. Devait-il être soulagé, énervé, ou les deux à la fois ?
    Il hésitait.
    Car dans le fond, il ne voulait pas avoir à la partager avec un autre.
    Mais ne plus être seul le soulageait réellement.
    Alors il lève son verre à son tour, de nouveau rempli sans qu'il ne sache vraiment comment. Il lui sourit à ce type, aussi sincèrement que possible, avant de vider avec un mimétisme parfait son Jack Daniel's d'un trait.
    Il sent sa façade de gros enfoiré fondre comme de la neige sous un soleil brûlant d'été. Mais il a encore assez de contenance pour ne pas se mettre à chialer, il est juste assez bourré pour parler de sa vie et de ses peines à un homme qu'il n'est même pas censé apprécier.
    Mais rien n'était censé ce soir.

    « Alors tu la connais d'où, toi... Alyss ? »

    D'où il la connaissait hein ?
    Il n'oublierait jamais la première fois. Il n'oublierait jamais le début de cette folie.
    Elle était assise, en train d'écrire, comme toujours. Lui buvait sa bière, comme tous les soirs après son service du jour. Ils s'étaient remarqués, sans rien se dire, sans le moindre regards échangés. Puis ça s'était passé comme dans un film, d'une façon tellement banale et simple que s'en était dégueulasse.
    Cela devait être un coup d'un soir.
    Ils ne devaient jamais se revoir après cette nuit.
    Mais ils avaient rompus cette promesse non-dite, encore et encore.
    Jusqu'à que ce soit le destin qui les séparent à jamais, de force et sans pitié. Parce qu'il y a un prix qu'il faut un jour payer.

    « C'est pas très original. »

    C'était vrai, c'était d'une banalité affligeante.

    « C'était y'a une paire d'années, dans un bar. Elle, elle écrivait, avec son putain de talent qui m'a vraiment fasciné. Moi je buvais juste une bière, comme d'habitude après mon service. Je crois que c'est mes cicatrices qui l'ont attirée vers moi, je sais pas trop. »

    Il reprend son souffle, essaie de retrouver du courage, de la foi, pour continuer son récit. Raconter et repenser à cette première fois étaient vraiment deux choses bien distinctes. Ça faisait mal.

    « Ça s'est passé comme dans un putain de film à la con. On a échangé un regard, elle est venue vers moi, je lui ai offert un verre et puis, on s'est installés à une table. De fil en aiguille, on avait atterris dans mon lit sans qu'on ait vraiment le temps de comprendre comment. »

    Pause.

    « C'était supposé être qu'un coup d'un soir. On était plus censés se revoir, c'était prévu comme ça. Mais rien ne se déroule comme on le veut, hein ? »

    Il échange un regard complice avec l'homme en face de lui, un regard qui en dit long sur la suite des évènements que sa phrase laisse en suspens.

    « Et toi ? »

    C’est à son tour de savoir ce qui les unis. Il ne cache pas sa peur, il crève de peur continuellement de toute façon. Et puis il doit se faire une raison, Alyss n'est pas que sa Alyss ...

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