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 Please don't leave me [H. ''Domino'' Monroe]

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Date d'inscription : 24/09/2012
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MessageSujet: Please don't leave me [H. ''Domino'' Monroe]   Ven 28 Sep - 17:13


La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !*


Baudelaire, À une passant, Les Fleurs du Mal (1857)

    Elle avait froid. Pourtant, ce n’était pas extérieur.
    Elle avait très froid. Son être entier semblait s’être métamorphosé à l’azote.
    Ce n’était pas une ligne, ni une pilule et encore moins une seringue.
    C’était douloureux jusqu’au bout des os. Sa moelle entière s’était liquéfiée dans ses veines pour l’engloutir jusqu’à la démence. Insoutenable.
    Elle aurait voulu s’effondrer au sol pour disparaître en millier de morceaux de verre. C’était tellement incompréhensible. Elle connaissait la fin de « Delirium », mais la sienne lui échappait complètement.
    C’était peut-être écrit? Une page griffonné au fond d’un carnet. Elle repassait tout ce qui s’était produit depuis son arrivée.
    Les corridors. Les murs malades. Les néons qui perçaient la peau. La cuisine. Le réfectoire. Les cellules. Le salon.
    Le salon. Son lieu de réconfort. Seul endroit où elle pouvait se dire en sécurité.
    Elle y laissait, quotidiennement, au gré de l’habitude et du bien que ça lui concédait, des confessions.
    Il était fantôme, elle était image. Elle rêvait de ce qu’il pouvait bien être, elle qui ne parlait à presque personne. Elle traçait parfois son visage dans ses vieux cahiers, espérant, peut-être, qu’il puisse exister.
    Il était songe. Elle était virtuelle. C’était un échange.
    Un peu de chaleur dans le fond des cellules qui lui donnaient l’envie de gerber..
    Ses mains se lièrent pendant un instant, simplement pour se réchauffer à défaut d’avoir froid au corps.
    C’était l’âme qui venait de se frigorifier.

    Peur. Peur de perdre. Tout perdre.
    Elle pensait à Fred, là-bas, dans le vrai monde. Il était bien. Il était seul.
    Elle avait voulu vaincre la solitude : elle s’en était retrouvée encore pire. Le vide. Le néant. Se foutre en l’air. Se foutre complètement et consciemment en l’air. « Delirium », c’était ça. Elle s’était mise à trembler malgré elle, séchant les larmes invisibles qui coulaient sur ses joues enduites de sombres sillages. Mascara. C’était une apparence désastreuse qui s’éveillait à chaque fois qu’elle croisait son reflet. Une déconfiture vivante. Elle déglutie en frissonnant une toute dernière fois avant de se recroqueviller sur elle-même.

    Ses doigts avaient filé jusqu’à sa table de chevet pour y voler un crayon. Cherchant sous son oreiller tous les post-it qu’elle cachait aux yeux du monde. Elle les avait tous gardés, collectionnant les semblant d’amitié pour parfaire son malheur.
    Elle prit une longue inspiration et traçant les mots : « J’ai peur de te perdre. » elle tua son misérable orgueil virtuel. Oui, elle avait peur de perdre la seule chose de bien qu’elle avait construite. Une affection immuable pour un inconnu, pour une histoire qui ne lui appartenait pas.
    Elle se pinça les lèvres par habitude, relisant son message pour la énième fois. S’il savait à quel point elle avait besoin de lui maintenant.

    Elle entendit le bruit des cellules qui s’ouvraient. Elle se leva avec le poids de l’univers sur ses épaules, vouée à la mort certaine. Elle avait si peur… À trop jouer les téméraires, elle s’était retrouvée la corde au cou… Sans espoir de retour. Elle passa toutes les cabines de métal, noyant une certaine haine qui l’habitait en regardant ceux qui n’avait pas été nommés pour la boucherie. Elle les détestait. Tous. Ils étaient saufs, eux. Pourquoi? Pourquoi étaient-ils saufs et pas elle? Elle voulait partir, déguerpir! Elle n’arrivait pourtant pas à regretter Delirium. Ses pas étaient si lourds qu’il lui semblait qu’elle avait des chaussures de plomb.
    Respirer. Respirer. Respirer. RESPIRER!
    Elle commençait à perdre son calme olympien. Le perdre parce qu’elle se rendait bien compte qu’elle ne pourrait plus échapper à la roue qui tournait. Elle sentit son estomac se nouer, se vider de tout sens. Elle voulait mourir maintenant.

    Au salon, tout était vide. Calme.
    Elle s’agenouilla pour y déposer son message, relisant une dernière fois :

    Code:
    « J’ai peur de te perdre. »

    Et elle se rappelait tous les noms qui avaient défilé dans la liste noire du commerce télévisuelle. Il n’était peut-être pas de ceux-là?
    Mais une chose était certaine : elle en faisait partie, elle.

    Elle fit mine d’aller s’asseoir sur le rebord de la fenêtre pour observer le vide. Ce manoir était un four crématoire… Il fallait tous les consumer, un à un.






Dernière édition par A. ''Delirium'' Moore le Jeu 18 Oct - 1:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Please don't leave me [H. ''Domino'' Monroe]   Ven 28 Sep - 20:01



Partout
la haine nous attend
pour souper

Mais nous avons décidé de rester petits
de nous courir après dans les sous-sols de la peau
nous épuisant au jeu de nos veines
où le sang saute à la corde
dans les parcs qui nous résonnent
sans fin dans la tête

Une platée
de temps perdu
refroidit stupide
sur la table de nos corps
nous rions

Il y a longtemps
que nous me mangeons
plus.


*Fernard Durepos, Le ventre vide des amoureux. Mourir m'arrive (2004)

    Elle avait aboli toute présence près de son être.
    Seule.
    Seule à la fenêtre. Seule dans cette pièce. Seule au monde.
    Un vide se creusait jusqu’à ses cernes. Son estomac, comme une gueule béante, ravalait tout ce qui l’entourait. C’était lourd. C’était douloureux. C’était ignoble. Le sentiment de n’être plus humaine… Ou était-ce de l’être trop?
    Elle grattait frénétiquement son bras où mille et une aiguilles avaient su s’y loger. Depuis longtemps, elle n’en gardait plus aucune cicatrice, mais elle s’en souvenait ; ce bien fou qui la faisait frémir jusqu’à l’aurore avant de s’endormir, épuiser d’avoir surplombé sa propre vie de rien du tout.
    C’était des cristaux de rêve qui lui gelaient les veines. Par réflexe, ses lèvres se mirent à frissonner comme si elle avait repris une dose. Elle leva ses grands yeux d’hiver sur la peinture gothique de leur prison de verre. Ils étaient condamnés.
    Elle avait besoin de lui, d’où qu’il soit… Qui qu’il soit. Simplement lui. L’autre. L’inconnu. Celui dont elle avait fini par inventer les traits pour substituer l’absence. C’était un signifiant à la recherche d’un signifié : il était palpable entre ses mots. Palpable jusqu’à lui faire croire qu’à chaque nuit, elle se blottissait contre lui, contre personne. Les messages sous son oreiller qu’elle relisait calmement pour se rappeler qu’il était si près et qu’elle ne pouvait le voir. Elle souffrait de lui, elle souffrait sans lui.
    Elle se mordit la lèvre avant de se retourner vers la pièce : tout était à nouveau calme… Si ce n’était cet autre qui venait d’y pénétrer le grand salon. Filer… Filer vite.

    Elle avait disparu pendant quinze minutes pour se rendre à la salle de bain. De là, elle pouvait se regarder, écœurée. Ce reflet en loque, c’était bien elle. Elle sourit en même temps que son image le lui ordonnait. Ses mains se touchèrent pendant qu’elle passait le revers de sa manche sur le mascara qui, une fois de plus, avait sondé ses joues.
    Elle ébouriffa ses cheveux. Elle aurait voulu être un prototype. Une jolie blonde.
    Elle n’était qu’une sombre fille en déconfiture.
    Loin d’être plantureuse, loin d’être ce qu’on aurait attendu d’elle. Elle se sentait minable et étourdie.
    Violemment, elle plaque son dos contre le carrelage blanc des murs insalubres. Elle se laissa glisser au sol, les jambes disloquées par autant de dégoût. Elle voulait mourir avant que nous ne puisse commencer.

    Trente minutes se passent dans le plus sordide des silences : elle ne peut plus attendre.
    Elle s’était levée pour avoir une réponse, pour l’entendre. Elle avait peur de perdre ce à quoi elle avait réussi à tenir en ces lieux.
    Et s’il n’était pas réel? Si on se jouait d’elle depuis le début?
    Elle avait foncé les yeux baissés jusqu’à son havre de paix quotidien. C’était son plaisir, le lire.
    Attendre que ses mots puissent la consoler, puissent se joindre à ses songes. Elle sentit son cœur s’emballer quand elle franchit la porte : et s’il n’avait pas encore répondu?
    Elle jeta un regard nonchalant autour d’elle : le même garçon qui lui faisait dos. Discrètement, elle faufila sa main sous la table de rencontre, tira le papier jaune dans sa main, espérant que ce ne soit pas ses propres mots.
    Dans un coin réfugié de la pièce, elle lut :


    Il a écrit:
    « J'ai peur de te perdre. Peur de mourir et de disparaître. J'ai peur que tu t'en ailles, que tu ne sois qu'une illusion. J'ai peur de devenir fou. J'ai peur que ce soit la fin. »

    Elle sentit son cœur se serrer. Ce n’était pas ses mots à elle.
    Elle eut un sourire triste voulant se renfrogner dans sa façade indifférente habituelle.
    Elle caressa du bout des doigts les lettres qu’elle avait apprivoisées par cœur. Elle ne put retenir un léger soulagement de le savoir tout près..
    Mais où était-il?
    Elle avait peur de devenir folle, peur que cette histoire soit leur fin à tous les deux.
    Sa plume dans ses poches, elle prit sa ration de post-it et se mit à se confier, une seconde fois, priant pour qu’il revienne :

    Code:
    « J'ai peur de te voir mourir sans savoir ce que tu as été. Je ne suis pas une illusion, pas plus que tu n'en es une, du moins. J'ai peur que plus jamais tout ça n'existe. J'ai peur que tu m'oublies. J'ai peur de ne plus exister. J'ai peur de te voir demain. J'ai peur qu'on puisse te faire du mal... Suis-je normale de ne pouvoir accepter que tu partes? Reste encore un peu. »

    En balayant la pièce de ses grands yeux plein d’espoir, elle ne pouvait pas croire qu’il lui avait filé entre les doigts.
    Elle fit marche arrière, feignant de sortir de la pièce avant de se pencher discrètement pour venir coller un bout de son petit cœur sous la table de bois vernis qu’elle avait l’habitude d’appeler sa boîte de pandore.
    Partir… Trente minutes puis revenir.
    La soirée avançait et elle se sentait terrifiée.
    À nouveau, elle refit le même chemin : la salle de bain.
    Prendre une douche. Se refroidir, penser à autre chose.
    L’eau n’y changea rien si ce n’était qu’étendre encore plus le noir sur son visage.
    Elle décolla ses grands cheveux qui lui scotchaient aux épaules avant de repasser, machinalement, au gradn salon, les doigts croisés et l’excitation exacerbée. Elle ne regardait, à présent, plsus les autres autour : il n’y avait plus que lui.
    Ses doigts vinrent capturer les ailes de papier avant de lire le mot en se dirigeant vers la fenêtre, l’allure négligée :

    Citation :
    « Je resterai, jusqu'à la fin, je resterai avec toi, chaque jour qu'il me sera donné jusqu'à ma mort. Je suis terrorisé, à qui est-ce que je peux bien l'avouer, sauf à toi ? Je reste car tu es une des seules choses qui me restent, ici. Je suis terrifié par la mort, terrifié par le néant. Je ne sais pas, je ne sais plus ce que je veux. Pourquoi toi, pourquoi est-ce que tu es là ? J'aimerai te voir, te sentir, te toucher. Et à la fois, je me demande s'il ne serait pas préférable pour moi d'ignorer qui tu es. »

    Elle réfléchit. Fort.
    En gardant le message dans les poches de ses jeans, elle recommença son manège songeuse…. Désireuse. Avide.
    Avide de lui. Avide de le connaître, de le savoir bien en vie. En chair. Elle se mordit alors la lèvre, s’offrant à de grandes confessions pendant qu’elle prenait une inspiration profonde.
    Chercher les mots, les trouver, les coucher sur le papier qui jonchait sa cuisse et puis, rapidement, déguerpir pour que, dans une chrono de trente minutes, elle puisse à nouveau l’entendre, l’étreindre de ses mots :
    Code:
     « Parce que j'ai osé penser trop fort... Mais je pourrais te retourner la question? J'ai peur que tu me vois. Peur que tu finisses par lasser. Peut-être le mystère est-il plus rassurant que la vérité? Je ne veux pas te faire du mal.... Même si je voudrais tant... Non, c'est idiot. Il m'est impossible de t'oublier ou de t'ignorer. J'aimerais... J'aimerais te toucher, simplement une fois. Te garder pour moi, en secret. Loin des autres... Mais tu fileras entre les doigts, un jour ou l'autre, non? Ici, je peux te garder entre quelques lignes et un peu d'encre. J'ai peur de t'aimer. Existes-tu, dis-moi? »

    Peur d’aimer ce qui n’existait fondamentalement pas.
    Elle se dirigea vers sa cellule pour retirer tous les vestiges de son masque de porcelaine. Un visage vierge, sans couleur, blanc, apeurée. Elle ne voulait plus se voiler… Elle n’en avait plus la force, ni la conviction.
    Nerveusement, elle démêlait ses longs cheveux qui finirent en nœuds, les séchant en dans ses mouvements répétitifs et violents.
    L’attente.
    Elle voulait savoir. Maintenant.

    Salon.
    Dans l’embrasure de la porte, elle se pinça les lèvres, nerveuse.
    Elle fit son rituel en jouant les absentes d’esprit, tirant le message à elle avant de le camoufler dans ses mains pour qu’elle seule puisse en lire le contenu.

    Citation :
    « Parce que j'ai été naïf de faire confiance... J'aimerais tant avoir le temps pour tout te raconter. Ce temps si précieux, ce temps que l'on a plus. Me lasser ? J'en doute. Autre fois, j'aurais préféré rester dans le secret, car c'était amusant, c'était notre jeu, après tout. Aujourd'hui, j'ai l'impression que c'est différent. Me faire du mal ? Je crois que je ne peux pas saigner plus qu'actuellement. J'existe si tu veux que j'existe. J'existe si tu acceptes d'exister. N'oublie juste pas que, quelque soit ta décision, même si je n'ai jamais eu l'occasion de prendre la fuite avec toi, de te parler, d'écouter ton rire. Même si je n'ai jamais frôlé tes lèvres, même si je ne te connais pas, même si moi aussi, j'ai peur. N'oublie pas que je t'aime. »

    Elle eut mal. Très mal.
    Sans comprendre pourquoi, elle aurait voulu tout abandonné de ce message-là.
    Elle avait senti les larmes lui monter aux yeux pendant qu’elle levait la tête vers le vide. Respire, Alyss.
    Pourquoi lui disait-il ça?
    Pourquoi voulait-il lui faire tant de mal? Elle devait… Elle devait… Répondre quoi, au juste?
    Si elle s’était remise à écrire, c’était parce qu’elle avait besoin de le voir… Une fois. Une petite et subtile fois. Abstraitement, contrairement.
    Était-ce mal, ce besoin de le sentir là?
    D’être la seule chose dont elle avait réellement besoin?
    Qu’importait le passé, le présent ou ce qui adviendrait le lendemain : pour une nuit, elle voulait le sauver…. Seulement une toute petite fois :

    Code:
     « J'aurai encore le temps de rester là. À t'attendre. À t'espérer. Si je dois en mourir cette nuit, ce serait de toi dont j'aurais besoin. Tu n'es pas un jeu, tu ne l'as jamais été. Je veux que tu existes maintenant, tout de suite. Je veux te sentir. Toi et ton parfum, toi et son corps, toi et tes lèvres : je te veux ici et maintenant. Je ne veux pas t'écrire ce que j'ai à te dire, j'ai trop peur de faire une erreur orthographique - ce serait un PS de trop. Je ne te connais pas, mais tu tout ce dont j'ai besoin... Apparais, je t'en supplie. J'ai peur sans toi. J'ai peur que demain, sans le vouloir, que je te laisse mourir. C'est possible de vaincre la mort, tu cois? J'aimerais tant que tu me fasses croire que oui. »


    Mais alors qu’elle colla le papier sous la table, elle tomba vis-à-vis avec un autre détenu. S’excusant maladroitement, encore troublée des mots qu’ils échangeaient, elle ne prit pas la peine de le regarder en face.
    Cacher ses larmes, les ravaler, les noyer.
    Elle ne voulait pas être faible… Mais elle avait peur. Peur de tout, peur de rien.
    Peur de devoir l’anéantir demain. Le blesser. Et pendant qu’elle quitta la pièce, elle se rassurait en se disant que pendant trente minutes, elle pourrait pleurer comme le souhaitait, dans sa cellule. Recroqueviller sur elle-même, elle les avait tous relus, leurs messages.
    Les bras en croix, elle les maintenait contre son cœur, le temps de panser sa peine… De se faire à l’idée… Et dès que le moment fût arrivé, elle n’avait toujours pas cessé de sécher ses larmes.
    La tête haute, les yeux rougis, elle allait mourir un peu ce soir quitte à être sauve demain.

    Citation :
    « Vaincre la mort ? Je n'en sais rien, c'est une curieuse idée... A deux, on pourrait bien le faire, tu ne penses pas ? Je ne veux pas t'abandonner, je ne veux plus te laisser partir, t'enfuir. La mort nous sépara sans que nous ayons un mot à dire. Fait moi un signe, quelque chose, n'importe quoi.Fait moi comprendre que tu es là, montre-toi. Changeons une dernière fois les règles, que l'on se trahisse pour mieux se retrouver. S'il te plaît, deviens pour moi, pour nous, quelque chose de réel. Le temps file, vite, trop vite, il s'écoule mais ne nous attend pas. Réagis. »

    C’était ses derniers mots.
    Elle n’avait pas pu retenir l’excitation colérique du moment… Comment lui faire comprendre… Comment? Comment? Comment?
    Et puis, tout lui parut logique : l’attendre.
    Elle était maintenant seule dans la pièce et s’il devait y revenir… Seul lui passerait cette porte avant le couvre-feu, elle en était certaine.
    Ses doigts frileux engagèrent une nouvelle fois l’avant-dernier message qui allait sceller, une bonne fois pour toutes, ce mystère… Ce mystère qui lui faisait si peur autant qu’elle pouvait s’y réconforter… Et si elle n’était à l’image qu.il avait espéré?

    Code:
    « Retourne-toi. »

    C’était son dernier mot sous la table du grand salon. Elle attendit alors près de la fenêtre qu’on entre dans la pièce. Dans la pénombre, éteignant toutes les lumières. Seul l’astre lunaire découpait les formes cubiques des meubles.
    Il faisait froid dans ses pièces, les bras autour de ses propres bras, elle patientait en contre-nuit pendant que ses yeux scrutaient le moindre changement de la pièce muette.
    La porte s’ouvrit. Des pas. Une nervosité. Une ambiance qui s’alourdissait…
    C’était lui, c’était sûrement lui.
    Il se penchait vers la table… Et il le prit, le message.
    Le gars du fauteuil.
    Elle avait dégluti avant de s’approcher d’elle-même, nerveuse. Son cœur battait à la chamade et alors qu’elle fermait une dernière fois les yeux, elle découvrit, pour la toute première fois le visage de son être idéal, les yeux brumeux tant elle ne savait ni que faire, ni que dire.
    Ses lèvres étaient pourtant dissimulées par un bout de papier qui disait, dans une écriture légèrement instable :

    Code:
     « Je t’ai trouvé. »

    Et elle avança encore un peu pour qu’il puisse la discerner complètement, à son tour.

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MessageSujet: Re: Please don't leave me [H. ''Domino'' Monroe]   Lun 1 Oct - 18:32