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 For the night I can remember - (FLASHBACK) - [Wade Vargas - RATING 18]

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MessageSujet: For the night I can remember - (FLASHBACK) - [Wade Vargas - RATING 18]   Mer 26 Sep - 22:05


J'attends. Le vent gémit. Le soir vient. L'heure sonne.
Mon cœur impatient s'émeut. Rien ni personne.
J'attends, les yeux fermés pour ne pas voir le temps
Passer en déployant les ténèbres. J'attends.
Cédant au sommeil dont la quiétude tente,
J'ai passé cette nuit en un rêve d'attente.
Le jour est apparu baigné d'or pourpre et vif,
Comme hier, comme avant, mon cœur bat attentif.
Et je suis énervé d'attendre, sans comprendre,
Comme hier et demain, ce que je puis attendre.
J'interroge mon cœur, qui ne répond pas bien...
Ah ! qu'il est douloureux d'attendre toujours — rien !
*

* Albert Lozeau (1978-1924), L’âme solitaire

    Les mots qu’elle avait écrits en boucle ne présageaient rien.
    Ni ses yeux sur elle. Ni son intérêt.
    Elle avait simplement passé les heures à le remarquer la remarquer. Il avait été attiré par son parfum ou le bruit inaudible de stylo. Des gribouillis, des idées, des bouts d’histoire, de phrases, de mots. Tout semblait en bazar dans ce bar qui rachetait les quelques malfamés du quartier. Elle l’avait vu à quelques reprises : il venait de la remarquer. Ça se voyait à la manière dont le barman se penchait à son oreille pour parler d’elle.
    Une habituée sans nom.
    Même heure. Même temps. Même geste : elle écrivait.
    Elle connaissait son petit manège de se la jouer les durs, faire fuir tous ceux qui l’approchaient. C’était un solitaire par dépit d’être anomal. Elle l’avait vu tout de suite à ces longues sillages de chair mutilée qui remontaient à ses joues : un sourire monstrueux. Un sourire de clown triste.
    Une bière brune devant elle, elle la dégustait lentement, comptant les gorgées qui la conduiraient à l’assèchement du contenant. Elle n’aimait pas spécialement la bière, elle aimait l’amertume. Elle la buvait par besoin de planer, un besoin de créer ailleurs que les deux pieds plantés au sol. Balançant ses jambes dénudées dans le vide de son trône en bois dégarni, elle n’aspirait qu’une chose : terminer son paragraphe.

    Ça c’était passé comme dans les films de James Dean : il l’avait regardée, elle avait fini par le faire aussi, froidement. Elle avait haussé un sourcil. Une dernière gorgée et elle avait terminé. Elle descendit de son perchoir où elle pouvait joncher l’univers mortel d’un œil divin. Elle s’était approchée du comptoir, nonchalante. C’était peut-être les pilules qu’elle avait balancé en parachute au fond de son œsophage? Elle passa une main dans sa lourde chevelure brune qui retomba sur ses épaules avant qu’elle ne s’accoude sur la surface gluante d’alcool.
    Même chose? Même chose. C’était des mots vagues. Directs. Elle ne voulait pas s’attarder auprès des autres. Étrange coïncidence qu’il soit à côté d’elle. Elle l’avait regardé. Il avait sorti son baratin. Elle avait ri. C’était presque amusant de le voir se justifier. Elle avait regardé ses blessures sans gêne, à la dérobée presque trop pour que ce soit une observation saine. Ses lèvres tracèrent un étrange sourire alors qu’elle pencha sa tête à droite. Il était… différent. Ou il avait été poussé à l’être. Elle avait simplement tiré sa main, un tantinet charmeuse comme les héroïnes de roman ou encore celle dont on se pique pour une étincelle d’un soir : « Alyss. »

    C’était son nom. Présentation sobre derrière son allure de fille des rues. Un maquillage de plusieurs jours fardait ses yeux épuisés d’avoir trop vu. Même ses joues étaient tapissées de ce noir qui la rendait monstrueusement désirable. Cette laideur qui rappelle celle des prostituées ou des filles faciles mais pour laquelle on ne s’empêcher un instinct de possession soudain. Elle n’en était pas, pourtant. Elle ne comptait que trois personnes à avoir frôler son corps. Elle ne les dépréciait pas, elle n’y pensait plus. Elle avait fini par sourire si sincèrement que ses joues avaient creusé quelques fossettes sur la peau lisse et jeune de son visage candide. Il avait fini par lui répondre « Wade. » Son nom. C’était conventionnel. Et puis, les mots sur les mots, il avait terminé à la suivre à sa table, sans invitation réelle : il en avait la permission par leur pacte non-dit. Il avait lu, apprécié, rapproché. Leur corps se touchait de temps à autre. Elle lui plaisait, il lui plaisait. C’était comme ça dans les histoires d’un soir : tout commençait par un premier regard.
    Sa bouche près de son oreille, elle avait senti ses coupures éraflées sa tempe avec un frisson de plaisir. Elle avait envie de lui, il avait envie d’elle. Les mots étaient inutiles lorsque le : « Tu viens chez-moi » percuta l’ambiance livide du bar où ils faisaient naufrage.

    Elle s’était retournée vers lui pour le rejeter l’espace d’une minime seconde et prendre sa veste et les papiers sur la table. Prête, déjà? C’était maintenant qu’elle le voulait. Ni demain, ni dans une heure. Jamais elle n’avait fait ce genre de chose, jamais elle ne s’était vue le faire, c’était contre-nature… Il était contre-nature, lui aussi. Il n’avait rien de naturel, rien de totalement humain. Elle s’était suspendue à son bras pendant qu’il saluait le barman, les regardant s’éloigner tous deux, elle murmurant à son oreille : « C’est loin? »
    Il l’avait trainé derrière lui, les gens croyant sans doute qu’il s’était ramassé une de celles qui s’achetait pour la nuit. Elle lui soufflait sur le cou, sans lui permettre le moindre baiser. Elle voulait se montrer patiente, évasive… Elle sentait les effluves de son parfum d’homme glisser sur elle, imaginant déjà ses mains autour de son corps. C’était fort, c’était animal. C’était basic instinct.

    Ses yeux bleus épièrent la grande bâtisse qui se dressait devant eux.
    Belle. Majestueuse. Rien à voir avec le taudis qui l’abritait. Des murs de verre qui respiraient les matériaux de première qualité. Les portes s’ouvrirent pendant qu’elle inséra sa main dans la sienne, inquiète. Elle sentait son cœur battre de plus en plus fort. Dans cet ascenseur qui les fit gravir les étages dans un grand silence où elle évita son regard autant qu’elle pu… Et puis, ils arrivèrent : le corridor.
    Pâle, éclairé. Elle se mit à sentir la nervosité l’envahir et l’envie de lui ne faire qu’un. Et si elle le décevait? Elle le laissa passer devant, le suivant au pas près, cherchant la moindre lacune à un comportement aussi gentleman.
    Il chercha sa clef dans ses poches et puis, sans comprendre pourquoi c’était au moment où il allait déverrouiller la porte qu’elle prit les initiatives, elle le retourna avant de le plaquer contre le mur, ses lèvres prenant sa bouche d’un assaut sans tendresse, avide de trop en si peu de secondes. Sa langue fauchait la sienne sans vergogne, comme s’il n’avait plus rien qui tenait. Ses mains effleuraient son visage pendant que, sur la pointe des pieds, elle colla sa poitrine à la sienne : il était victime d’un harcèlement consentant. Ses doigts se perdirent dans sa nuque et ils reculèrent, pas à pas, la jambe d’Alyss se faufilant entre les siennes pour venir effleurer sa virilité d’une manière presque mise en scène : elle s’était passée la scène plus de dix-sept fois en tête.

    Un pas, deux pas. Trois pas. Sept pas. Ils avaient pénétré son appartement sans qu’elle n’ait eu le temps de voir quoi que ce soit et alors qu’elle s’empressait de le débarrasser de son manteau, une bestiole vint lui aboyer dessus.
    Réflexe humain : elle s’éloigna violemment de lui, le souffle court, surprise en flagrant délit d’une bestiole à quatre pattes qui lui chargeait dessus :

    « C’est quoi ça! »

    Ne put-elle s’empêcher de balancer quand elle maintint une bonne distance entre l’animal et son corps tremblant de désir et, à présent, d’étonnement. Oui, son cœur s’était emballé, mais peut-être pas pour les bonnes raisons. Elle regardait la bête avec méfiance pendant que son hôte, lui…

    Devait écrire la suite de cette tumultueuse rencontre…


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MessageSujet: Re: For the night I can remember - (FLASHBACK) - [Wade Vargas - RATING 18]   Ven 28 Sep - 17:49

    Ce soir, le monstre était de sortie.

    Il était accoudé au comptoir de son bar favoris, bière en face de lui, répétant inlassablement son petit manège de clown enragé à qui osait l'approcher.
    Mais son rituel de bête solitaire et inhumaine était depuis quelques temps perturbé. Perturbé par une plume grattant continuellement des bouts de papier. Perturbé par une main pâle qui accompagnait cette plume dans une danse envoûtante. Perturbé par cette personne semblant si fragile et si forte à la fois. Fasciné, il ne la regardait pourtant jamais, ne voulant croiser son regard mal maquillé. Il refusait de se faire à l'idée qu'elle l'intéressait plus qu'il n'en fallait. Il était celui qui faisait fuir, qui était seul et qui le serait à jamais. Il était celui sans sentiments, sans amour à donner. Il était un monstre qui avait depuis longtemps perdu toute son humanité.
    Mais le monstre commençait à douter, devenant de plus en plus obsédé par cette fille aux allures de prostituée. Elle était différente, différente de toutes celles qu'il avait croisé jusque maintenant.Et il la désirait comme jamais il n'avait désiré quelqu'un. Pourquoi ? La question ne traversait même pas son esprit embrumé. Elle n'avait même pas lieu d'être posée, c'était juste un fait. Un fait incontrôlable et impossible à étancher seul.
    Il voulait savoir son nom, mais le barman ne le connaissait pas. Un simple nom et il aurait pu rentrer chez lui, pour l'instant contenté de si peu et tant à la fois. Mais ce mystère autour de cette jeune inconnue ne faisait qu'attiser sa passion d'un soir.
    Le goulot de la bouteille en verre dans sa bouche, il but avec plaisir cette dernière gorgée solitaire, laissant glisser sur ces marques horriblement fascinantes, l'ultime goutte de cette boisson qu'il haïssait.

    Leurs regards s'étaient finalement croisés, pas par hasard évidement, il n'y avait pas de hasard entre eux. Ce regard froid qu'elle lui avait lancé, ce sourcil qu'elle avait haussé, sa beauté naturelle et hors-norme quant elle s'était rapprochée de lui; tous ces gestes anodins marquaient avec force le début d'une rencontre entre deux être anormalement normaux.

    Les mains jointes, il dévisageait cette femme au regard à la fois présent et absent. Elle était belle dans sa négligence, belle avec son maquillage noir jusqu'aux joues. Il la voulait pour lui seul. Une commande passée rapidement fut suivie d'un nom. « Alyss » Mais il n'y prêta pas grande attention. Maintenant qu'elle était si proche de lui, il voulait plus d'elle qu'un nom. Il voulait son corps. Par fausse politesse, il grogna le sien en retour, mimant de ce fait un semblant de normalité abjecte. Mais la normalité n'était pas nécessaire entre eux, ils vivaient en dehors de celle-ci, parce qu'ils étaient nés pour être différents. Ou peut-être étaient-ils nés normaux, mais que les épreuves de la vie les avaient poussé à devenir des êtres hors du commun.
    Muet, il se contenta de boire ce qu'ils venaient de commander, sa langue frôlant de l'intérieur les cicatrices de ses joues. Il avait vu comment elle les avait regardées. Il avait vu la fascination dans ses yeux. Mais de sa part, étrangement, ça ne le dérangeait pas du tout.
    Finalement, leurs langues s'étaient déliées, simplement et de façon naturelle. Ils avaient beaucoup parlé, de tas de choses parfois sans intérêt. Elle lui avait parlé de ses écrits, il lui avait parlé de ses cicatrices, calmement. Puis il l'avait rejoint à sa table, suivant simplement le déroulement logique des choses. Elle lui avait montré ces mots écrits en noir sur le papier blanc, ces mots semblables à des cicatrices pour ce monde qui ne tournait pas rond. Il avait lu avec une grande attention, totalement plongé dans ces lignes écrites avec brio. Il lui avait dit qu'il adorait, qu'il voulait en lire plus, qu'il voulait lire chaque nouvelles phrases qu'elle couchait sur papier. Sa main avait frôlée la sienne, son épaule avait buté son bras et, finalement, sa bouche avait frôlée son oreille. « Tu viens chez-moi. » Ce n'était ni une question, ni une demande.

    Ils avaient quitté le bar rapidement, elle accrochée à son bras et lui la guidant dans la nuit. Il avait répondu un bref non lorsqu'elle lui avait demandé si la route était longue puis ne desserra plus les dents. Arrivés devant le grand portail de la résidence, il sentit sa main se glisser dans la sienne. S'il avait su aimer, nul doutes que ce geste l'aurait touché. Un couloir, des marches, un autre couloir, un numéro de porte et ils étaient arrivés. Fouillant ses poches, il planta avec brutalité sa clé d'acier dans le trou de la serrure et, alors qu'il allait ouvrir la porte de son appartement, il sentit un corps chaud se plaquer contre le sien, puis une bouche prendre la sienne d’assaut. Il se laissa faire, appréciant cette sauvagerie soudaine et cette passion qui s’abattait sur eux. Il sentit une jambe se glisser entre les siennes, le frôlement de celle-ci contre son sexe le faisant gémir d'envie. Il approfondit le baiser, le désir entre eux augmentant de plus en plus. Ils ne notifièrent même pas l'air outré de la vielle dame d'en face qui revenait de la promenade nocturne de son chien. Ils entrèrent dans l'appartement, sans savoir vraiment comment. Et alors que le désir devenait totalement incontrôlable, un aboiement vînt briser ce moment intime, séparant les deux futurs amants en un éclair. L'air perdu et son regard noir brillant, il ne put retenir un rire grave devant l'air complètement paniqué de la jeune femme.

    « C’est quoi ça ! »

    Se rapprochant d'elle, il ignora sa question et, attrapant sa main avec une douceur qui lui était inconnue, il glissa à son oreille : « Tu viens ? »
    Il ne lui laissa pas le choix et l'attira avec lui dans sa chambre, avant de claquer d'un coup sec la porte derrière lui. Puis il la jeta avec violence sur le matelas, sa nature de monstre ne lui permettant pas de faire autrement. Mais elle devait s'y attendre, elle ne pouvait espérer de la tendresse de sa part. On ne lui avait jamais appris à être tendre. Il y eu quelques secondes de flottements, quelques secondes où il bloqua sur ses beaux yeux bleus brillants d'envie, quelques secondes avant qu'il ne perde le contrôle de lui-même. Puis en un instant, il se retrouva sur elle, son torse musclé frôlant sa poitrine et sa bouche abîmée de nouveau sur la sienne. Ses mains parcouraient son corps frêle et au combien désirable, redessinant chaque courbes de son corps féminin.
    Sa bouche monstrueuse dériva sur son cou, ses dents se plantant dans la peau tendre et brûlante. Ses mains caressèrent sa poitrine, puis descendirent jusque son entre-jambe. Un gémissement arriva aux oreilles de l'homme, qui savoura ce son avec délice. Il voulut l'entendre encore et poussa donc ses caresses encore un peu plus, il les poussa jusqu'aux moment où la barrière que formaient les vêtements, devint complètement insupportable. Ce fût elle qui commença par enlever le t-shirt du jeune homme, avant qu'elle ne s'attaque à la boucle de sa ceinture. Ce-dernier fit de-même avec le haut de la fille et, dans un mélange de caresses et de baisers violents, ils finirent nus tous les deux, leurs corps ardents l'un contre l'autre.
    Il ne voulait qu'une chose : Ne faire qu'un avec elle, mais il refusait de se montrer impatient. Alors ils se cherchèrent ainsi pendant de longues et délicieuses minutes, chacun savourant les mains de l'autre sur son corps.

    Son regard noir se perdait dans celui bleu glacé de la belle lorsqu'il lui passa par dessus, s’apprêtant à la pénétrer. Il n'essaya pas d'être doux, sachant pertinemment qu'il en était incapable. Une fois en elle, il commença les va-et-vient, toujours sans aucune douceur mais sans pourtant avoir la volonté d’être brutal. Il l'embrassa, sauvagement, sa bouche magnifique le faisant crever d'envie. Ses mains féminines sur son dos, ses gémissements insolents, ses cheveux en bataille, son maquillage complètement défait, sa peau brillante ... Toutes ces choses lui donnait envie d'atteindre le point de non-retour. De le lui faire atteindre. Lui qui l'avait désiré comme un fou quelques heures plus tôt, sentait ce désir augmenter encore et encore, à chaque nouveau coup de hanche donné. Il voulait la faire jouir.
    Et c'est ce qu'il fit, dans un dernier mouvement, avant de la suivre quelques instants après. Le souffle court, les muscles tremblants, il donna un dernier baiser à cette fille qui lui avait fait perdre la tête, à cette fille si différente qu'il aurait pu aimer s'il avait su comment faire.

    Cette nuit, le monstre était presque redevenu humain, l'espace de quelques instants.



    :gnut:

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
    just a bit drunk »


Dernière édition par Wade Vargas le Sam 6 Oct - 18:58, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: For the night I can remember - (FLASHBACK) - [Wade Vargas - RATING 18]   Ven 28 Sep - 20:18

Certes, il ne faut avoir qu'un amour en ce monde,
Un amour, rien qu'un seul, tout fantasque soit-il;
Et moi qui le recherche ainsi, noble et subtil,
Voici qu'il m'est à l'âme une entaille profonde.

Elle est hautaine et belle, et moi timide et laid:
Je ne puis l'approcher qu'en des vapeurs de rêve.
Malheureux ! Plus je vais, et plus elle s'élève
Et dédaigne mon cœur pour un œil qui lui plaît.

Voyez comme, pourtant, notre sort est étrange!
Si nous eussions tous deux fait de figure échange,
Comme elle m'eût aimé d'un amour sans pareil!

Et je l'eusse suivie en vrai fou de Tolède,
Aux pays de la brume, aux landes du soleil,
Si le Ciel m'eût fait beau, et qu'il l'eût faite laide!
*
* Emile Nelligan (1879-1921), Beauté Cruelle
    Elle jouait la pute.
    C’était plus simple que la vierge.
    L’homme et la pute. Une pute bas-de-gamme qui n’avait pas besoin de se faire payer. Celle qu’on pouvait tourner et retourner dans tous les sens. Qu’on fouillait pour simple plaisir de se vider les poches. C’était ironique de la jouer sans avoir le calibre. C’était une mauvaise comédienne, elle le savait.
    Il avait guidé le jeu, c’était le contrat scellé.
    Il l’avait conduite à sa chambre, l’avait balancée sur le lit. Elle n’avait pas dit le moindre mot. D’abord sur le ventre, elle s’était retournée sur le ventre, ses jambes se frôlant l’une contre l’autre encline à s’ouvrir sur commande.
    Quatre. Quatre hommes en tout. Il était le quatrième.
    Elle ne voulait pas qu’on l’aime. Elle ne voulait pas qu’on lui doive quoi que ce soit. La douceur trahissait la vérité : elle cachait la brutalité. Elle se laisse à sa merci, poupée de faïence qui n’attendait qu’à être éventrée.

    Il s’était allongé sur elle, par mécanisme missionnaire. Elle le laissa agir comme il le souhaitait, cherchant aussi à son corps un peu de chaleur qui pourrait la rassurer d’être toujours vivante. Elle soufflait de plus en plus fort à travers les longs baisers qu’ils échangeaient.
    Elle embrassait exagérément. Sa langue voulait la sienne, la trouvait sans cesse. Il voulait dominer : elle voulait le posséder en tant qu’homme. Se montrer forte. Se montrer violente. Se montrer tendrement supérieure.
    Jouer la pute, encore et toujours, la jouer jusqu’à le devenir jusqu’à gémir lorsque leur vêtement qui transperçait la chair. Elle avait chaud. Elle avait envie de lui. Entièrement. Elle ne pouvait pas attendre. Elle le sentait dur, elle se sentait liquide. Ses mains devinrent alors griffe. Elle ne voulait plus être femme, elle voulait être monstre. Un monstre qui se dénature, un monstre qui engloutit et qui se fait engloutir par les siens.
    Jouer la pute. Faire la pute. Devenir la pute. Être la pute.
    Jusqu’à lui arracher son chandail pour se prendre à son cou. Jusqu’à débâcler la ceinture et la lui retirer en espérant se faire attacher. Se faire dominer. Se faire complètement traquer. Devenir un objet de plaisir, devenir un fantasme. Elle ne rêvait que de lui, son ventre qui creusait en excitation le lui prouvait.

    Sa respiration saccadée sur celle de l’homme. Il lui retira ses vêtements. Elle aimait le voir à l’œuvre, le voir devenir impatiemment patient de l’enfoncer. De la conquérir. C’était un romantisme noir. Un romantisme qui fardait de souillure. Il aimait qu’on devienne des bêtes, des insensés. Torse nu révélant sa maigre poitrine. Elle ne s’en cache pas, la collant plutôt à la sienne. Elle le forçat à se recoucher sur elle, entourant ses reins de ses cuisses fermes et entreprenantes. Le prendre à son tour comme il la prenait. Elle le voulait maintenant. Sans précaution, sans préliminaire.
    Il en avait envie, elle aussi.
    Ses dents se serrèrent. Il venait de pénétrer en elle. Férocement. Elle émit un léger gémissement entre plaisir et douleur. Surprise. Il était vif. Il était fort. Il avait vaincu son corps sur le sien.
    Elle s’extasia pendant qu’il s’arqua sur elle pendant que ses lèvres entrouvertes susurraient un mot imperceptible à chaque nouvelle poussée.
    C’était soufflé à peine entre son corps qui répondait en tremblant aux spasmes érotiques qu’il produisait chez elle. Ses mains longeaient son dos jusqu’à enfoncé, de temps à autre ses ongles tout au long de son échine quand les coups de bassin devinrent plus insistant.
    Gémir encore et encore. Soupirer si fort que la voix s’y mêla. Son maquillage qui parsemait ses joues se répandait sur celle de Wade. Encore un peu. Elle resserra les jambes autour de lui, voulant, le suppliant de poursuivre si près, allant même jusqu’à saliver et à lui prendre violemment la bouche. Ses dents mordillant sa lèvre inférieure pour colmater ses soupirs fébriles, elle finit par tout lâcher.
    Jouir. Jouir jusqu’à tout balancer. Ses mains s’étaient agrippées aux draps pour s’empêcher de blesser son apollon d’un soir. Les yeux vides, le souffle court pendant qu’il achevait lui-même par joindre un râle satisfait en elle.
    Ils soufflèrent tous deux emboités l’un dans l’autre. Elle goûta à ses lèvres une dernière fois, s’inventant des sentiments pour déculpabiliser de l’avoir suivi.
    Ses doigts pianotèrent des draps aux muscles frémissant avant de venir les embrasser tendrement, lèchant par endroit la peau luisante et collante.
    Ses yeux croisèrent les siens alors que, toujours le souffle court, elle se mit à rire lentement.
    C’était quoi déjà son nom?
    Du revers des doigts, elle poursuivit sa montée jusqu’à son visage…
    Les cicatrices.
    Elles les appréciaient, sans comprendre tout simplement pourquoi…. Doucement, elle se mit à les caresser sans prétendre avoir eu l’autorisation.
    Elle se redressa un peu, larguant un peu le bas du corps de l’étrange étranger.
    Ses lèvres rougies par l’émotion s’étirèrent une nouvelle fois, emportant avec elle un long baiser qu’elle déposer sur les cicatrices avant de le jeter sur le dos, inversant leur position.

    Elle avait chaud. Ses cheveux marquaient sa peau comme à un plastique trop humide. Elle s’assit sur lui à califourchon pendant qu’elle se penchait, observatrice. Elle sentait son intimité sous elle pendant qu’elle se mit à embrasser voluptueusement cette bouche, détournant sa langue aux lambeaux de chair, s’y attardant presque chirurgicalement pour en détailler les moindres formes.
    Ses yeux finirent par s’ouvrir à nouveau. Les réverbères de la ville étaient les seules lumières qui pouvaient découper monstrueusement leur corps en charpie. Un doigt à ses lèvres, elle lui murmura, presque amoureusement – mais d’un amour écrivain :

    « Tu es magnifique. »

    C’était un aveu esthétique.
    Un aveu qui n’avait peut-être d’autre plaisir que la superficialité du moment.
    Elle se roula à ses côtés, délaissant sa position dominante pour une docilité presque enfantine. Sa jambe qui couvrait son bas-ventre, elle regarde le blonde jeune homme en traçant ses muscles du revers de la main :

    « C’est quoi, déjà, ton nom? »

    C’était clair. Net. Précis. Sincère.
    Qui était-il, au fond, si ce n’était qu’une ombre de passage qui disparaitrait au matin?

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MessageSujet: Re: For the night I can remember - (FLASHBACK) - [Wade Vargas - RATING 18]   Sam 6 Oct - 16:39

    Il s'était sentit humain, l'espace d'un instant.
    Il s'était servi d'elle pour y arriver, il l'avait utilisé comme une vulgaire prostituée. Il ne s'en voulait pas, c'était dans le contrat. Elle s'offrait à lui, il s'offrait à elle et, à la venue de l'aube, ils repartiraient suivre leurs chemins respectifs, sans jamais se recroiser. C'était ça le deal des coups d'un soir, jouir et ne jamais se revoir.
    Leurs regards se croisèrent alors, pour la première fois depuis l'épisode du bar. Il appréciait son regard, sans réellement savoir pourquoi. Peut-être était-ce cette lueur si spéciale qui brillait au fond de ces yeux ? Difficile à dire, lui-même n'était pas sûr de vraiment le savoir.
    Un frisson lui parcouru l'échine du dos, le contact de la peau douce contre ces marques rugueuses le gênant. Mais il ne dit rien, la laissant faire; la laissant profiter, comme il avait profité d'elle. Il avait presque envie de l'aimer, de la chérir à jamais. Mais il en était incapable, alors il se contenterait de cette nuit, puis il l'oublierait.

    D'un coup, tout bascula. Il se retrouva en dessous, elle au dessus, son corps nu chevauchant le sien. Lui qui aimait dominer se retrouvait dans une position de faiblesse, une position qui d'habitude, l'effrayait. Mais cette nuit était spéciale, elle était spéciale. Alors quand elle s'était penchée pour l'observer, penchée pour l'embrasser, il n'avait pas bougé, se contentant de profiter de ces instants uniques passés avec elle.
    Il sentait sa langue sillonner ces marques avec une délicatesse et une précision presque dérangeante. Il aurait dû réagir, la repousser, être gêné. Mais rien de logique ne se produisait durant cette soirée. Alors il la laissait faire, essayant d’apprécier cette attention étrange qu'elle portait à ces balafres. Elle n'était pas comme les autres, il l'avait su dès que ses prunelles noires étaient tombées sur son beau visage. Et ça lui plaisait.
    Il ferma les yeux, enfin. Le bruit d'une voiture de police perça le silence un instant, avant que ce-dernier ne reprenne sa place, d'une façon toute naturelle. Il n'avait rien à dire, rien à lui dire. Ce n'était que du sexe, la parole n'était plus nécessaire entre eux. Il l'avait utilisé pour le commencement, il l'utiliserait pour la fin. Pour lui dire adieu. Parce que ce moment viendrait, bien trop vite. Il n'avait pas envie de la quitter, mais il le fallait. C'était le contrat, et on ne brise pas ce genre de contrat.

    « Tu es magnifique. »

    Ces mots résonnèrent dans son esprit, comme un coup fatidique qu'on porte à un homme sur le point de mourir. Il était un monstre, un monstre horrible et sans coeur qui n'avait jamais été et ne serait jamais beau.
    Il sentit le corps de la jeune femme glisser sur le côté, la main de celle-ci se baladant sur son torse musclé. Il ne la regardait plus, il n'osait pas. Il ne voulait pas qu'elle lui dise encore une fois qu'il était " magnifique. " Elle n'avait pas le droit de dire ça. Sinon il serait obligé de lui montrer à quel point il était un être horrible et inhumain. Et il ne voulait pas lui faire ça.

    « C’est quoi, déjà, ton nom ? »

    Cette phrase mit quelques secondes avant de percuter dans son esprit embrumé. Son nom ? Bon Dieu ... Cette question le fit exploser de rire, un rire grave mais sincère. Un grand et véritable sourire illuminait son visage lorsqu'il planta ses yeux dans ceux de la fille, passant sa main avec une douceur inexplicable sur la joue de cette-dernière. Puis il l'embrassa, ignorant sa question. Elle n'avait pas besoin de le savoir, c'était peut-être même mieux comme ça. Il serait plus simple à oublier ainsi.
    Le temps passait, mais il s'en foutait. Il ne voulait pas regarder l'heure qu'affichait le réveil, il ne voulait pas savoir que l'heure de se quitter approchait. Il voulait profiter d'elle jusqu'au bout, jusqu'à la fin. Jusqu'à la dernière seconde que cette nuit leur offrait. Il voulait voir les premiers rayons de soleil éclairer son corps si parfait, l'embrasser une toute dernière fois et lui souffler " A jamais " une fois le pas de la porte passé.
    Ses mains de monstre parcouraient les courbes féminines d'Alyss inlassablement, savourant encore et encore ce corps chaud et ô combien désirable.
    Il voulait la prendre encore, il la voulait en entier, il la voulait comme une bête affamée dévorerait sa proie fraîchement chassée. Elle n'avait pas le choix, il ne le lui laissait pas.

    Il la dévorait. Sa bouche goûtait à nouveau à chacune des parties de son corps ardent. Son cou, sa clavicule, sa poitrine, son ventre, son entre-jambe ... Il jouait avec elle, jouait à la faire gémir, la faire crier. Il ne voyait pas son visage, mais il sentait son regard posé sur lui. La main de la jeune femme se glissa dans les cheveux blonds décoiffés de l'homme tandis que la langue de ce-dernier se promenait avec sensualité sur son sexe. Puis, alors que la tension montait, il la fit brusquement se retourner sur le ventre, sans aucune douceur. Il la regarda un instant, bloquant sur ce dos semblant si fragile. Bloquant sur cette beauté insolente.
    Posant ses mains sur hanches, il se glissa en elle, encore. Une dernière fois avant de se quitter. Une dernière fois avant l'aube.

    Une dernière fois avant de se dire adieu.
    Oui, une toute dernière fois ...

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    just a bit drunk »
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MessageSujet: Re: For the night I can remember - (FLASHBACK) - [Wade Vargas - RATING 18]   Ven 30 Nov - 22:18

Quels yeux de femme au fond des miens,
au fond de mes yeux obscurcis,
Voudront aller, fiers et profonds,
Pourront passer sans se souiller,
Quels yeux de femme et de bonté
Voudront descendre en ce réduit
Et recueillir, et ranimer
et ressaisir et retenir
Cette étincelle à peine là?
Quelle voix pourra retentir,
quelle voix de miséricorde
voix claire, avec la transparence du cristal
Et la chaleur de la tendresse
Pour me réveiller à l'amour, me rendre à la bonté,
m'éveiller à la présence de Dieu dans l'univers ?
Quelle voix pourra se glisser, très doucement,
sans me briser, dans mon silence intérieur ? *


*Lassitude de Saint-Denys Garneau, Les Solitudes(1949).


    Il ne répondrait pas. Qu’importait ses arguments.
    Elle ne dit rien, se laissant prendre à ce jeu qu’il enclenchait une nouvelle fois pour son propre plaisir. Combien de fille s’était-il ramené avant elle? Et après elle? Le ferait-il seulement?
    Elle gémissait sur commande quand il se faisait plus rude avec elle, quand il voulait avoir le dessus, la rendre à sa merci comment n’importe quel homme aurait fait pour une baise quelconque. L’important, c’était d’en tirer au maximum. De s’en foutre et de se faire foutre.
    Sa langue jouait avec ses lèvres comme elle l’avait fait avec sa bouche. Elle se mordit la joue, intérieurement, taisant au départ sa propre satisfaction avant de venir déposer ses mains sur les cheveux en bataille de l’étranger qui lui embrassait l’entrecuisse avec insistance. Et puis… De préliminaires effrénés… Il ne resta bientôt plus rien…

    Sur le ventre. C’était comme ça qu’on prenait les chiennes.
    On voulait dissimuler les traits, les voir mourir.
    Il n’y avait alors que deux corps en un mécanisme de base. Une pénétration pure et dure. Une pénétration qui ne laissait derrière elle que de la cyprine et du sperme sur leurs corps déjà trop vite fondus en un. Ce n’était plus de la poésie, c’était physique.
    L’intimité, le sexe, bouton d’or, pourquoi noyer les termes quand ils sont ce qu’ils sont? Son phallus s’activait en elle à l’instant même où elle se cambrait contre lui. Une chienne qui se redresse. Une chienne qui vint mettre son dos contre le torse en sueur de l’autre. Elle gémissait en silence d’abord. Ses lèvres poussant à chaque fois de longs soupirs, puis, sans comprendre, au moment où sa main atteignit ses cheveux, elle se mit à gémir calmement. Gémir tendrement malgré son animosité. Elle feignait. Feignait pour son contrôle. Feignait pour se dire qu’au moins, malgré tout ce qu’il lui faisait endurer, elle avait toujours la partie en main. Qu’il le fasse encore plus fort. Qu’il le fasse encore plus vite. Qu’il le fasse encore plus profond. Elle voulait se sentir percuter. Un nouveau coup de bassin avant que ses omoplates se contractes sur ces pectoraux qu’elle s’imaginait, impossible de les toucher.
    Ses doigts agrippèrent les cheveux de l’homme, obligeant ses lèvres à son épaule. Elle ne pouvait pas le voir ; elle se forcerait à la sentir. À se faire des accroires. À se dire que demain, il serait disparu… Qu’elle serait disparue. Elle tentait de se rappeler son corps, pour se dire qu’il aurait encore voulu voir ses yeux avant d’en finir une dernière fois.
    Ses dents enfoncèrent ses lèvres et sans comprendre pour, elle l’avait repoussé. Non. Elle n’était pas une chienne… Elle n’était pas une pute. Elle n’était pas une fille facile. Alors pourquoi elle faisait ça? Pourquoi… Faisait-elle ça?

    Elle avait remarqué sa surprise, son étonnement. Leur contrat ne serait pourtant pas rompu. Elle l’avait retiré d’elle, violemment. Assez pour qu’en retour, elle puisse le jeter sur le matelas, comme lui le lui avait fait. Elle s’était assise sur lui, sur son pénis, sa vulve encore brûlante de ce qu’elle n’avait pas pu obtenir. Elle se pénétra, elle. Sans lui. Une main à la gorge du policier, elle ne voulait plus que cela dépende de lui : ce devait être d’elle.
    Calmement, elle mit une main à la gorge de l’étranger. Dans un mouvement lascif de va-et-vient, elle commença à lui faire ce plaisir qu’il lui avait volé. Le faire jouir, Le rendre au statut d’objet comme elle avait été. Lui faire sentir ce que ça faisait d’être homme sans défense. D’être simplement une putain de satisfaction. Elle y allait d’abord tout doucement au rythme d’un souffle qui se reprenait. Les quelques secondes de l’excitation qui avait été rompu avant de reprendre haleine.
    Elle allait le satisfaire parce qu’il l’avait satisfait. Parce que c’était comme cela que ça devait être. Elle n’était pas aussi insensible. Elle n’était pas aussi plastique… Il était esthétique magnifique… L’était-elle un peu pour lui? Elle avait cru pourtant lui plaire.
    Plus ses songes divaguaient, plus elle s’enfonçait sur lui dans une cadence animale. Cette même cadence animale qu’il lui avait proposée. Forte. Dure. Raide. Bandante.
    Elle resserrait sa main à sa gorge à chaque fois qu’elle sentait l’extase venir et la retardait à chaque moment d’un temps d’arrêt pour venir embrasser les lèvres difformes du défiguré. Il voulait savoir ce que faisait un monstre? Elle l’était tout autant que lui. Elle l’était plus que lui.
    Elle chargea sur son sexe pour faire de lui une victime, faire de lui le faible des deux. Jusqu’à ce que lui, n’en soit plus capable. Jusqu’à ce que, bestialement, il puisse hurler comme elle avait elle-même hurler. Elle n’était pas à lui…Il était à elle. Son corps chevauchant les membres découpés de cet Adonis, elle finit par obtenir non pas sa propre satisfaction, mais la sienne. Il avait éjaculé en elle pendant qu’Alyss, sur sa faim restait là, à le contempler, le dominer de ses yeux d’un bleu vif et humides, comme tout le reste de son corps. Pourquoi ne pouvait-il pas la prendre en homme et pas en monstre?

    C’est ainsi qu’elle se coucha de tout son long sur lui. Ses yeux avides de lui vinrent embrasser ses grands sillages de chair avant d’y laisser trainer ses crocs, sans jamais les mordre. Seulement les toucher, les croire capable d’autre chose que de ce sourire orthodontique clownesque. Elle voulait de lui bien plus que l’attente de l’aubre.
    Elle ne voulait pas être baisée. Elle voulait qu’il lui fasse l’amour.
    Qu’il soit capable, pour elle. Pour une seconde. Une putain d’histoire romantique pour laquelle ils succomberaient une heure de plus.
    L’heure ne comptait pas. Il faisait toujours nuit. Elle était là, sur lui, l’embrassant avec tant de fièvre… Trop de fièvre. Une fièvre à s’en rendre malade. À la rendre malade. Ses mains sur les flancs de l’homme, elle jeta un coup d’œil à table de chevet.
    Des menottes. Le stock de policier par excellence… Sur le métal, W. Vargas…. Vargas qui?
    Elle se fit plus tendre. Sa langue au bord de sa propre bouche, elle effleurait à peine celle de cette tête blonde qui hanterait les lignes qu’elle écrirait dès le lendemain. Il serait un personnage de roman. Elle pourrait le réinventer… Se dire qu’il l’avait vraiment voulue… Se dire qu’il lui avait promis la lune sachant qu’il ne pourrait jamais lui accorder… C’était idiot.
    Une de ses mains se libéra pour venir prendre le bout de métal qui dormait sur la table à leur côté.
    Elle tira les menottes à elle et, en se tournant sur le côté, l’homme avec elle, elle la mit à son poignet au moment où elle rompit leur étreinte.
    Cette même main ornée vint alors prendre celle du monstre avant de l’enlacer de l’autre extrémité. Ils étaient prisonniers l’un de l’autre.
    Alyss, dans toute sa candeur, attira la main de l’Autre sur elle, sur sa poitrine qui se dressait sous cette main d’homme.

    Ses yeux larmoyant cherchèrent ceux de l’autre avant de souffler, dans cette intimité troublante, quelques mots qui, pour elle, faisait tout son sens :

    « Fais un homme de toi... »

    Elle venait de rompre leur contrat, sans même sans rendre compte.
    Sa main guida celle du jeune homme sur son corps, s’imaginant que cette douceur qu’elle s’accordait lui appartenait… Qu’elle était celle du dénommé Wade Vargas dont elle n’avait aucun souvenir… Il était cet homme là, tout simplement. Celui qui lui faisant face, qui passait de sa poitrine à ses côtés, à ses hanches puis, à ses lèvres humides pour les caresser du bout des doigts.

    Elle ne le lâchait pas d’une seconde, son regard plongé dans le sien. Elle épiait ses réactions, épiait la possible haine qu’il éprouverait à subir le caprice de cette étrangère, de cette fille allongée là, dans son lit…

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For the night I can remember - (FLASHBACK) - [Wade Vargas - RATING 18]

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