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 Derniers moments pour être soi-même † Domino

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MessageSujet: Derniers moments pour être soi-même † Domino   Sam 15 Sep - 21:20

Avant d’être un animal, on est soi, faut en profiter.
Je réfléchis. On a quartier libre, hein ? Je ferais mieux d’en profiter pour faire un repérage des lieux et tout ce qui peut être utile pour les derniers jours, voir les dernières heures qu’on va passer ici. Mais d’un autre côté, quelque chose me retient. Quelqu’un, pour être précis. Domino. Je préfère pas le laisser seul. Je ne sais pas pourquoi. D’un côté, on est tous plus ou moins logés à la même enseigne, non ? On ne mérite pas de finir ainsi, nous sommes des humains, pas des animaux ! Et encore, même les combats d’animaux ont été, pour la plupart, interdits. Les humains ne devraient pas avoir le droit de vie et de mort sur leurs semblables. Tss. Me lancer dans un bon coup de gueule n’arrangerait rien, alors je me tais, comme toujours. Mais pendant que je réfléchis, je ne bouge toujours pas et ce n’est pas des plus pratiques. Je dois me décider : je vais faire un tour seul, ou je profite d’un peu de compagnie ? Hum... En fait, rien ne n’empêche d’aller faire un tour avec lui.

Je finis par me bouger, enfin. Je lui tapote légèrement l’épaule, histoire de lui signaler que je suis là avant de me placer devant lui. Il est sans doute plongé dans ses pensées, à cause de cette annonce qui nous a été faite, alors c’est pour cette raison que j’agis ainsi, cette fois. D’une main, je lui désigne la porte et d’un signe de tête, je lui fais comprendre que j’aimerais qu’il me suive. C’est étrange, je suis naturellement un solitaire... Chercher la compagnie des autres, ce n’est pas dans mes habitudes. On est toujours venu me chercher, sauf quand j’avais réellement besoin de communiquer, généralement pour le travail. Il faut croire qu’après dix mois passés dans la même cellule, je me suis habitué à être avec lui... Enfin bref. Apparemment, il a compris ce que je voulais dire. Je lui souris légèrement et prend la tête. Pas un regard aux autres, je ne veux pas tellement savoir qui seront mes adversaires...

Une fois dehors, je respire un peu mieux. Ouf, de l’air. Je sors mon carnet et un style, objets que personne n’arrivera jamais à me confisquer, et note tout ce que je trouve d’important. Les règles sont dans ma tête, un plan serait plus pratique pour me souvenir des lieux. Mais je ne suis pas spécialement concentré là-dessus, je sais où je veux aller. À l’écart des salles, dans les recoins moins rénovés. S’ils sont adeptes des films d’horreur, ils ont bien laissé une partie en ruines, non ? Hé ouais, j’avais raison, comme si souvent. Un sourire vient s’installer sur mes lèvres, je fais à nouveau signe à mon aîné de me suivre puis je m’aventure dans la partie en ruines de notre dernier terrain de jeu, sur ce terrain qui sera le tombeau de presque nous tous. J’avance difficilement, il y a des poutres qui ont cédé, des trous un peu partout... Mais ça ne devrait pas poser trop de problèmes pour se trouver une cachette. Je finis par m’adosser à un mur. Je ne l’ai pas entraîné à ma suite pour le perdre non plus. Si je compte utiliser mon carnet ? Non. Tant pis, je n’aime pas parler mais je ferai bien une exception.

-Bon. Je ne vais pas te demander ce que t’en penses de tout ça, on doit avoir le même avis. Par contre... T’as une idée de ce que tu comptes faire, très exactement ? Ou pas ?

Je ne compte pas lui demander comment il se sent, ou autres dans le genre. J’ai peur, j’imagine que lui aussi. J’imagine qu’il n’aime pas ce qu’on vient de découvrir, ce qui nous attend... Mais se lamenter sur notre sort ne va en rien nous aider. C’est très certainement inutile. Voir c’est quasiment certain. Mais je ne peux pas m’empêcher d’essayer d’imaginer des plans. Je stresse, j’ai besoin de réfléchir, de me dire qu’il y a toujours un moyen de s’en tirer. Sauf que là... Je ne vois aucune issue satisfaisante... Et c’est loin d’être ce qui va le plus me calmer...

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Les apparences savent être trompeuses. Un silence masque des milliers de pensées et fait apprécier le bruit. Ferme donc les yeux et laisse-toi guider par ton instinct... Lui seul peut te donner un indice sur qui est la personne derrière le masque...
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MessageSujet: Re: Derniers moments pour être soi-même † Domino   Dim 16 Sep - 19:09

we don't deserve to die.

♪ ♫ ♪
Et dire que ta vie risque de se terminer ici, dans ce manoir. Tout ça pour un braquage de trop. Tout ça à cause de Chucky. Tout ça à cause de cette sale garce. Rien que d'y penser, j'ai envie de péter un câble. Tout envoyer balader, laisser le manoir s'enflammer. J'ai envie de tout détruire sur mon passage, de maudire celui ou celle qui a pioché mon nom dans cette urne. Je ne mérite pas de crever merde ! Une bonne partie d'entre nous ne mérite pas de crever... C'est si cruel, si inhumain, ce qu'ils ont prévu. Neuf, et il n'en restera plus qu'un. J'ai peur, peur de mourir. Comme bon nombre d'entre-nous, je pense. Mes pensées vont à ceux que je connais le mieux. Ceux que je connais un minimum. Les Fishnet. Les autres. Mais surtout, Zaphkiel. Ce pauvre gamin, il n'a rien demandé. Je ne sais pas quel est son crime, mais franchement... Il avait encore toute la vie devant lui. Je m'enfonce un peu plus dans mon fauteuil, au fur et à mesure que les règles sont énoncées. Je veux m'enfuir. Je veux disparaître. Je ne veux pas mourir. Je dois vivre pour elle, pour June, pour ma mère, mes quelques amis. Je suis peut-être égoïste, à penser comme ça... Mais c'est pareil pour tout le monde, non ? On a tous quelqu'un qui nous attend à l'extérieur. Un nouveau départ. Une nouvelle vie. La fin d'un calvaire.

Nous avons quartier libre pour la soirée, autant en profiter, non ? Oui. Mais je n'ai pas envie de marcher, de courir. Je n'ai pas envie de jouer à leur jeu. Je n'ai pas envie de mourir, ni même de tuer. Je ne veux pas être ce qu'ils attendent de moi : un monstre. Le jeune Karmaker me fait comprendre qu'il veut me voir à l'écart. Soit. Je jette un regard presque vide à tous ceux qui sont présents. Que c'est triste, que c'est immoral. Que c'est réel. Je suis donc le gosse qui me sourit légèrement. Je ne sais même pas si moi, j'arrive encore à sourire. Nous arrivons rapidement dans une partie complètement déserte du manoir. Des ruines. C'est tout ce qu'il restera du vainqueur, de toute façon : une âme en lambeaux, dont les mains seront rougies par le sang. Cet endroit est idéal pour se cacher. Et pourtant, si on doit mourir, on meurt. On n'échappe pas à la mort.

« Bon. Je ne vais pas te demander ce que t’en penses de tout ça, on doit avoir le même avis. Par contre... T’as une idée de ce que tu comptes faire, très exactement ? Ou pas ? » Je prends un minimum la peine de regarder où est-ce que je pose les pieds. Ce serait bête de commencer le jeu complètement amoché. Il parle, je pile. L'entendre parler ne m'étonne même plus. Je suis tellement ailleurs que plus rien ne m'étonne. Je soupire un peu en entendant sa question. Ce que je compte faire ? « Survivre. » Le seul mot qui s'échappe involontairement d'entre mes lèvres. C'est la seule chose qui nous reste, après tout. Je serre un peu les dents, et observe l'extérieur, par un trou dans un mur de façade. C'est beau, et c'est peut-être une des dernières belles choses que je vais voir. « Je... On... On va nous pousser à nous entre-tuer, Zak. C'est juste inhumain... Un de nous deux va obligatoirement et inconsciemment approuver la mort de l'autre... » Je relève les yeux vers lui. Un regard mêlant inquiétude, rage. Peur.

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MessageSujet: Re: Derniers moments pour être soi-même † Domino   Dim 16 Sep - 21:17

Dire que ce sont nos dernières heures de liberté, les dernières heures que l’on peut vivre sans craindre d’être tué à tout instant... J’aimerais bien visiter le manoir de fond en comble mais je sais que je n’en aurai pas le temps. Donc, tant qu’à faire, autant en profiter pour passer encore un peu de temps avec mon codétenu. Après tout, actuellement, c’est un peu comme si on était tous dans la même cellule. Une cellule en forme de couloir de la mort. Je ne vais pas me raconter d’histoires, c’est ainsi. Je ne pourrai pas fuir la réalité. Je ne vais pas me surestimer, trouver une manière de me tirer d’ici en à peine quelques heures, c’est mission impossible. Alors tant pis, je n’y échapperai pas cette fois. Domino à ma suite, on part dans le manoir, dans la partie en ruines. Personnellement, je préfère marcher plutôt que de me laisser aller à me morfondre sur notre situation. Mais lui... Il m’a tout l’air d’être très préoccupé. Ou alors, c’est moi qui ne me fais pas assez de soucis... Voir les deux. Possible. De toute façon, je me connais, j’ai beau stresser, si je dois crever, je crèverai. À quoi ça sert de s’embêter ? À rien. Je m’adosse finalement à un mur et prend la parole. Il pile net, j’esquisse un demi-sourire. Il ne s’y attendait pas je suis sûr. Pas tant que ça en fait, il soupire simplement. Ouh là... Survivre ? Hé !

-Si t’es pas plus motivé que ça, tu vas pas tenir longtemps.

… Ouais, je sais. Ce n’est pas mon comportement habituel. Mais il a l’air... Mou. Je retiens un soupir. Moi aussi je compte bien survivre autant que possible. Mais... Je le fixe tandis qu’il reprend la parole. On va nous pousser à nous entretuer ? Oui, merci, j’ai compris, je suis pas idiot. Je vais me taire hein, c’est pas la peine que je me montre désagréable avec lui. Qu’il me dise juste ce qu’il a sur le cœur, ce sera plus pratique pour savoir quoi lui dire. Oui, je suis d’accord avec toi mon vieux, c’est inhumain, mais l’homme n’est-il pas, après tout, le seul animal à pouvoir avoir un comportement inhumain ? Si. La plus dangereuse créature vivant sur notre planète, c’est l’être humain. L’avait-il oublié ? Le savait-il déjà ou le découvre-t-il ? J’espère pour lui qu’il le savait déjà. Je soutiens son regard quelques secondes. Inquiétude, rage, peur... Je le lis dans son regard, je n’arrive pas à m’en détourner. Ce qu’il voit dans le mien ? Je ne sais pas trop... De la résignation je pense, de la peur aussi. Se rend-t-il compte que je stresse ? S’il se montre attentif, il doit se rendre compte que je n’arrête pas de faire tourner mon stylo entre mes doigts. C’est une sale manie... Je finis par détourner le regard et fixer une grosse pierre, non loin de mes pieds.

-Ouais... Je m’en rends bien compte... Et j’ai jamais dit que je suivrai les règles à cent pour cent. Je n’agirai pas sans être à peu près sûr de mon coup. Après, on se connait, Domino. On n’a pas passé dix mois dans la même cellule pour rien, il y aura bien un moyen de se reconnaître... Cependant... Je peux me permettre un conseil ? Si t’en as la possibilité, évite de te mettre en travers de mon chemin. Simple conseil d’ami...

Je ne le regarde pas, je fixe obstinément le sol. Non, je ne dis pas que je le tuerai. Je m’en sais incapable de le faire. Tuer n’est pas ce qui me répugne le plus, après tout... Mais... Comment dire... M’en prendre à quelqu’un que j’apprécie, c’est non. Non, deux fois, dix fois, mille fois non. Je ne pourrai pas. Zaphkiel... Je suis un ange déchu, peut-être. Tout ce que je veux, c’est pouvoir garder un œil sur mes proches, les protéger. C’est un crime ? Ça me coûtera sans doute la vie en tout cas. Après, je ne peux pas prévoir comment ça va se passer... On va se condamner l’un l’autre ? On va devenir des ennemis ? Et si je n’étais pas capable de le reconnaître, après tout ? Oh non, je ne devrais pas douter de moi, ce n’est pas le moment. Je connais mes limites, je sais de quoi je suis capable et de quoi je suis incapable. C’est ce qui a toujours fait ma force, même dans les mauvais moments. Ce n’est pas parce que je n’ai jamais autant frôlé la mort, quoique, que je dois me laisser aller aux doutes. Je me laisse finalement glisser le long de mon mur, jusqu’à me retrouver assis sur le sol poussiéreux... Je relève la tête et finalement, reporte mon regard sur lui... Domino...

-Finalement... T’aurais pas dû me sauver la vie, lorsque tu m’as trouvé en plein hiver. Je ne le méritais pas... Tu vois où ça va nous mener ? Nous entretuer alors que, au final, je t’apprécie... Oui, ça aurait sans doute été mieux que tu me laisses crever... De nous deux, je suis le seul à mériter ma place ici, tu n’as rien à faire aux Animals. Tu n’as rien à faire ici...

Curieux, ma voix qui était finalement devenue fluide redevient légèrement rauque. J’ai la gorge qui se serre... J’ai l’impression de prendre enfin conscience de la situation... On va crever. L’un à cause de l’autre. Sauf que je ne veux pas, moi. Je ne veux pas... Je le regarde... Et je me demande s’il peut voir combien je suis mal à l’aise, au fond de mes yeux bleu... Je ne veux pas... J’ai peur de perdre quelqu’un à qui je tiens, je ne me rends même plus compte que je parle trop...

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MessageSujet: Re: Derniers moments pour être soi-même † Domino   Ven 28 Sep - 17:27

it's time to forget about the past. 'cause this is just a game.

♪ ♫ ♪

J'vais crever. J'vais crever. J'vais crever. Je vais les abandonner, j'risque de crever. Je ne suis pas médium, encore moins devin. Qu'est-ce qu'il en sera, de demain ? J'essaye de ne pas penser, à rien. J'essaye de me concentrer sur son visage, sur ses traits trop parfaits. J'essaye de me concentrer sur ce que j'aurais dû lui dire, avant de partir pour ce terminus infernal. Et pourtant, j'y arrive pas. J'arrive à rien, je suis juste minable. Zaphkiel m'entraîne à l'écart, et c'est en bon zombi que je le suis. Je ne comprends pas ce qu'il arrive. C'est ça, la peur ? La vraie peur qui vous prend aux tripes, qui vous brûle de l'intérieur ? Ouais, ça doit être ça. Je suis loin d'être rassuré, je suis loin d'être à l'aise. J'aimerais pouvoir me dire que tout ça n'est qu'un cauchemar, et que quand je vais ouvrir les yeux, je vais me retrouver sur ce lit de taulard, dans cet uniforme trop orange, entendre une nouvelle fois le bruit strident qui annonce le quartier libre. Fumer une autre clope dans la cour. J'aimerais pouvoir me dire que tout ceci n'est qu'un mauvais rêve : il n'en est rien, j'peux me pincer à sang, je ne vais pas me réveiller. C'est la réalité mon vieux. La cruelle vérité. Une chance sur combien ? J'en sais rien, je ne sais plus. J'ai plus envie de savoir, de comprendre. Je veux laisser le destin faire son business : tout est écrit, et à moins de s'appeler Madame Irma, j'peux rien changer.

« Si t'es pas plus motivé que ça, tu vas pas tenir longtemps. » Pas motivé ? Un peu que je suis motivé ! J'arrive juste pas à le montrer. La peur me bouffe jusqu'à la moelle, j'ai dû mal à être un humain normal. Je serre un peu les dents, et le regarde. Oui, je suis motivé. « Je suis motivé, bien sûr que je suis motivé... J'veux réussir, pour June, pour Delirium, pour toi, pour ma mère, pour Lullaby, pour Keira, pour tous ceux qui attendent dehors... Et ici... Mais malheureusement, deux de ceux qui m'attendent risquent de ne pas revenir... » Je parle bien évidemment de toi Zaphkiel. De toi, et Delirium. Et dire que je ne sais même pas qui elle est... Si c'est cette rouquine hystérique, ou bien la brune... Ou je ne sais qui ! J'en sais rien, et je vais finir taré, si personne ne vient éclairer ma lanterne. Avec peine, je le regarde. Ça fait mal. Ça fait un putain de mal. Je le fixe, il semble résigné, inquiet aussi. On va s'entre-tuer Zaphkiel. On va tuer peut-être un bon pote de cellule. Peut-être un des jumeaux Fishnet. On va se condamner sans même comprendre pourquoi. D'humains, on passe au grade d'animaux. Animals. Quelle belle bêtise, ce jeu. Il fait tourner le stylo entre ses doigts, nerveusement. De mon côté, je ne peux m'empêcher de garder mes yeux où ils sont : dans les siens.

« Ouais... Je m'en rends bien compte... Et j'ai jamais dit que je suivrai les règles à cent pour cent. Je n'agirai pas sans être à peu près sûr de mon coup. Après, on se connait, Domino. On n'a pas passé dix mois dans la même cellule pour rien, il y aura bien un moyen de se reconnaître... Cependant... Je peux me permettre un conseil ? Si t'en as la possibilité, évite de te mettre en travers de mon chemin. Simple conseil d'ami... » Ne pas suivre les règles ? Voilà qui m'arrache un curieux sourire. Étrangement, ça ne m'étonne pas de lui. Ne pas agir sans être sûr de son coup ? Si tu savais Karmaker. T'aurais aucune chance de comprendre ce qui va se passer, ça va se passer, c'est tout. Tu peux rien prévoir, pas plus que moi je ne le peux. Inutile de me montrer désagréable ou pessimiste avec lui, si ça lui fait plaisir d'y croire. Après tout, chacun à sa technique pour décompresser : peut-être que la sienne, c'est justement d'être plus qu'optimiste, de croire à un Happy Ending. Éviter de se mettre en travers de son chemin ? De toute façon, c'était pas spécialement dans mes idées tirées du kit de survie. Il m'arrache un nouveau sourire. Je ne sais pas du tout ce que je dois en conclure. Il va me tuer ? Il ne va pas me tuer ? Je m'emmêle, je m'embrouille, j'arrive plus à m'en sortir. « Ecoute, Zak... Ceux qui ont créé ce jeu ont dû réfléchir à la moindre faille... Ils veulent du grand spectacle, rien de plus. Ils veulent du sang, des trahisons. Ils veulent avoir ce que nous, nous n'aurons pas : le contrôle sur la situation. » Il fixe obstinément le sol. Il est gêné ? Il est mal à l'aise ? Je serre un peu plus les dents. « Je ne me mettrai pas sur ton chemin, à condition que tu restes de ton côté de la barrière. J'ai pas envie que tu claques par ma faute. J'ai pas envie que tu claques tout court. » Je réprimande un soupir de justesse. Non, si on m'écoutait, personne ne devrait mourir, sauf Chucky Stanford.

« Finalement... T'aurais pas dû me sauver la vie, lorsque tu m'as trouvé en plein hiver. Je ne le méritais pas... Tu vois où ça va nous mener ? Nous entretuer alors que, au final, je t'apprécie... Oui, ça aurait sans doute été mieux que tu me laisses crever... De nous deux, je suis le seul à mériter ma place ici, tu n'as rien à faire aux Animals. Tu n'as rien à faire ici... » Je fronce les sourcils aux premiers mots qui peuvent s'échapper d'entre ses lèvres. J'aurais pas dû le sauver ? Pff. Je secoue un peu la tête de gauche à droite. Je n'ai rien à faire aux Animals ? Aucun d'entre nous n'a rien à faire ici ! Personne n'a sa place dans ce manoir... C'est barbare, tellement barbare ! Je refuse d'en écouter plus. Pourquoi est-ce qu'il ne me regarde pas dans les yeux, d'abord ? Je suis légèrement inquiet par un tel comportement de la part de mon coloc. Poussant un profond soupir, je viens me planter devant lui, et le saisis par les bras. « Tu crois que je regrette de t'avoir sauvé ? Je regrette rien Zak ! Rien du tout ! Personne ne mérite de se retrouver dans un tel bordel, personne. C'est loin d'être humain, c'qui nous arrive. Personne ne devrait avoir un tel droit de vie ou de mort sur l'autre. Personne. J'peux pas te promettre qu'on va tous s'en sortir. Je ne peux pas tout dire que tout se terminera bien, car ça ne va pas bien se finir. Tout ce que je peux te dire Zak, c'est que toi, moi, tous. On doit tous se battre jusqu'au bout. » Je tente de le faire réagir tant bien que mal. On doit se battre, jusqu'au bout, par n'importe quel moyen. Après tout, y'aurait bien une solution pour éviter ce massacre : se révolter. Refuser de condamner les autres. Rester muet, et attendre. Trouver la faille, la brèche. Trouver un dernier moyen de s'échapper.

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MessageSujet: Re: Derniers moments pour être soi-même † Domino   Sam 29 Sep - 17:00

Pas motivé, Domino ? C’est pas ça, c’est juste que... Comment dire... Il a l’air complètement anéanti et c’est pas ce que je préfère comme attitude. Il ne faut pas perdre courage, même si... À vrai dire, c’est tout à fait le genre de situation où on peut se recroqueviller sur moi et se lamenter sur son sort, se détruisant mentalement pour mâcher le travail aux autres. Ce n’est pas mon genre et je refuse de le laisser se comporter ainsi. Alors si je n’agis pas comme d’habitude, je n’en ai, au fond, pas grand chose à faire. Je me dois de le faire réagir, peu importe le moyen. Alors s’il faut que j’ai un comportement étrange à ses yeux, j’aurai un comportement étrange. Dire que, il y a environ vingt ans, je me suis juré de me taire, de ne plus dire un seul mot... Ou en tout cas, d’en dire le minimum... Ouais, j’étais qu’un tout petit gosse mais je m’en suis toujours tenu à ça. Plus maintenant... Enfin bref. Il doit réagir. Peu importe comment, mais il doit réagir ! Enfin, il reprend la parole. Motivé, toi ? Bah montre-le un peu plus que ça, franchement. Pour tes proches... Je baisse les yeux. Oui, moi aussi, je dois survivre... Si je crève maintenant, qu’est-ce qu’il se passera pour ma sœur, mon frère, ma mère ? Pour les rares amis que je me suis fait au cours de mon existence ? Je ne veux pas imaginer. Je suis... Tout sauf d’humeur à avoir ce genre de pensées négatives. Et deux de ceux pour qui il doit réussir risquent de ne pas revenir... Delirium et moi... C’est vrai que, elle aussi, elle est aux Animals... Quelle plaie... Je ne réponds pas, je me contente de le fixer. Je sais bien, on va crever... Et après ?

Finalement, je détourne le regard, je ne suis pas à l’aise. Je joue avec mon stylo, je le fais tourner entre mes doigts, nerveusement. Je suis résigné à mon sort et ça me fait peur... J’ai peur de voir tout se finir maintenant, comme ça, dans un jeu que je ne peux maîtriser. Je préfère reprendre la parole, sans avoir commenté ses précédents propos. Je me rends bien compte qu’on va nous demander de nous entretuer... Je suis parfaitement conscient du fait qu’ils veulent nous obliger à nous trahir, à nous condamner. Mais je n’ai jamais dit que je suivrai leurs règles. J’ai les miennes et je trouverai bien une manière de contourner tout ça. Je me dois de rester optimiste, non ? Mais je ne le regarde pas, je doute de moi... Je suis désolé Domino, j’ai l’impression de m’être surestimé et de me prendre la vérité en face à présent... Je ne relève même pas le regard lorsqu’il me répond. Ouais, je sais qu’ils veulent tout contrôler. D’ailleurs, je n’ai pas cherché à savoir s’il y avait des caméras. À tous les coups, oui, elles existent et sont présentes. Est-ce qu’on est filmés ? Je l’ignore complètement. Je ferais mieux de me méfier... Je suis incorrigible visiblement : la moindre de ses paroles arrive à me faire réfléchir. Mais ce n’est pas ce que je veux entendre. Promets juste que, jamais, tu ne te mettras sur mon chemin, s’il te plait... Et finalement, j’ai ma réponse. Que je reste de mon côté de la barrière ? Hé ! Enfin, c’est bien mon intention. Je relève quelque peu la tête pour l’observer tout en lui adressant un léger sourire. Merci...

-Moi non plus, j’ai pas envie que tu claques. Et t’inquiète, je compte pas crever aussi facilement que ça. Je suis pas le Phénix pour rien. Mais fais gaffe à toi. Fais gaffe à toi...

Non, je ne compte pas mourir, mais... Finalement, je regarde à nouveau le sol, je m’y laisse glisser contre le mur, m’écorchant très légèrement le dos. Je ne sais pas quoi faire, je suis mal à l’aise. Mon cœur bat vite, trop vite. Qu’est-ce que je fais ? Je dois le mettre en garde mais... Puis-je me le permettre ? Je ne sais pas, je ne sais plus, je m’embrouille, je me perds dans mes réflexions. Qu’est-ce qu’il faut que je fasse, hein ? Déjà, me calmer, ça ira mieux quand j’aurai les idées claires. Alors je finis par lever les yeux pour le fixer, une nouvelle fois. Ma voix, qui était enfin devenue fluide retrouve ce côté rauque qui la caractérise habituellement. Ma gorge se serre, je me sens mal. J’ai peur de faire une bêtise, j’ai peur de perdre complètement le contrôle, que ce soit de la situation ou de moi-même. J’ai peur. Et je parle bien trop. Depuis quand ai-je de telles paroles ? Depuis que je me sens condamné, apparemment. Il fronce les sourcils avant de secouer la tête de gauche à droite, visiblement mes paroles ne lui plaisent guère. Mais je suis sincère, je le pense vraiment. Il aurait dû me laisser crever, ça aurait mieux valu. Je le laisse venir vers moi, je le laisse me saisir les bras. Je me demande si je ne vais pas finir par devenir une simple poupée de chiffon entre ses mains...

Il ne regrette pas ? Je retiens un sourire fatigué. Il est trop gentil, mon cher coloc de cellule. Beaucoup trop gentil. J’ai peur que ça finisse par, un jour, lui jouer des tours. S’il survit aux Animals, évidemment... Enfin, je vais m’arranger pour que ce soit le cas. Je m’en fais la promesse. Sinon, je suis tout de même d’accord avec ce qu’il dit. On ne peut pas prévoir qui s’en sortira, qui crèvera. Il y aura des trahisons, des morts, je le sais, je le sens. Mais... Je retiens un soupir. Domino... Je me dégage quelque peu, me relevant, et me mets à marcher entre les pierres qui parsèment le couloir. En même temps, j’observe un peu l’endroit, essayant de savoir s’il y a, ou non, des caméras. Problème : ce n’est parce que je n’en vois aucune qu’il n’y en a pas... M’énerve... Au final, je shoote dans une grosse pierre qui va valser plus loin. J’ai mal aux orteils, je n’en ai rien à f*****.

-Se battre, tous ? C’est si facile de trahir les autres pour sauver sa propre peau... L’homme est un animal égoïste, Domino. Il pense à lui en premier, les autres passent toujours après. Je ne me fais pas d’illusions... J’ai arrêté de m’en faire depuis longtemps. Ouais, je sais, je suis défaitiste mais... Ça m’énerve... Faut-il donc que je t’explique ? Que je t’explique pourquoi je t’ai dit de ne pas te mettre en travers de mon chemin ? Que... Que je t’explique pourquoi tu aurais dû me laisser crever ?

Je soupire et me retourne vers lui. Ma voix se brise, il faut que je me calme. Je retourne contre un mur et ventile lentement. Inspirer, expirer, me concentrer sur ce que je fais... Ça suffit Zak, tu es capable de te contrôler. Tu en es réellement capable, alors fais-le. Voilà, doucement, c’est bien... Je me calme... Et je soupire à nouveau, m’emparant de mon carnet. Je cherche une page blanche sur laquelle je pourrai marquer ce que je souhaite lui dire... Non, tout ne passera pas par les mots. Parce que je ne changerai pas complètement mes habitudes et parce que je me sens pas en sécurité dans ce maudit manoir. Mon stylo parcourt rapidement la première page blanche que je trouve, la recouvrant de mon écriture droite et claire. Ce que j’écris ? Tu te souviens de ce jour où tu m’as trouvé ? Tu te souviens de l’état dans lequel j’étais ? Domino, tu ignores complètement mon passé et je ne tiens pas à m’étendre là-dessus. Sache juste que je me connais, je connais mes limites et ce dont je suis capable. Cette fois, j’ai peur d’être amené à tuer... À nouveau... Pourquoi est-ce que je lui écris ça ? Je l’ignore complètement... Je veux qu’il m’évite, c’est tout. Alors finalement, je reviens vers lui et lui tend mon carnet, mon message bien en évidence. Je lui laisse le temps de lire aussi, parce que je sais que c’est là quelque chose qui lui pose des problèmes. Après tout, j’ai tout mon temps... Et lorsqu’il a fini, j’esquisse un triste sourire, récupère mon carnet et retourne contre un mur.

-Tu as compris ? Certes, ce dans quoi on se retrouve est inhumain mais... Peut-être que certains méritent une telle punition, quelque part... Enfin bref... Si tu veux me lâcher, c’est le moment...

Je ne le regarde plus. Pourquoi je dis ça ? Pourquoi est-ce que je parle autant ? Pourquoi est-ce que je me sens aussi mal ? Heureusement qu’il y a ce mur derrière moi, sinon je me laisserais tomber au sol. Il faut que je cesse de me lamenter, ****** de ***** ! C’est l’heure de réfléchir, pas de me laisser aller au désespoir ! Enfin, je me connais, je vais faire un coup de déprime, de défaitisme puis je repartirai d’autant mieux. Mais je le pense réellement : s’il veut me lâcher, c’est le moment ou jamais. Je l’apprécie, Domino. Sincèrement. Mais ce sera sans doute plus facile, moins douloureux pour lui de me laisser tomber... Ou pas. Ou pas... Bon sang, j’arrive encore à me surprendre quelques fois. Il faut croire que j’y tiens réellement à mon codétenu.

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MessageSujet: Re: Derniers moments pour être soi-même † Domino   Lun 1 Oct - 17:30

what shall we die for ?

♪ ♫ ♪

« Moi non plus, j'ai pas envie que tu claques. Et t'inquiète, je compte pas crever aussi facilement que ça. Je suis pas le Phénix pour rien. Mais fais gaffe à toi. Fais gaffe à toi... ». Il t'arrache un nouveau et triste sourire. Personne n'a envie de crever, encore moins dans de telles conditions. Les animals sont un jeu barbare, sans pitié. Et dès cette nuit, je le sais parfaitement : le massacre va commencer. Un à un, on va tomber, comme des dominos, selon la bonne volonté du gouvernement. Un à un, on va se trahir, s'entre-tuer. On va se cacher pour mieux se retrouver. Et quelle mort bien douloureuse ont-ils été capables de nous inventer, encore ? Je n'en ai aucune idée, et autant dire que ça m'inquiète au plus haut point. En attendant, je me concentre plutôt sur le gamin. Ce même gamin qui se laisse glisser contre un mur totalement décrépis. Il semble si mal à l'aise... Et quelque part, je le comprends. On est tous hyper tendus. On a tous peur. On est tous inquiets. C'est normal non ? N'est-ce pas l'instinct animal qui prend doucement le dessus ? C'est ce qu'ils attendent de nous, les cols blancs. Cet instinct de survie va nous briser, tous.

Il lève les yeux vers moi, je soutiens son regard, au milieu de ces ruines. Ce sur quoi il enchaîne ne me plaît pas, mais alors pas du tout. Il doit s'en rendre compte, puisque je secoue légèrement la tête de gauche à droite. Non, il n'a pas le droit de dire ça, pas du tout. Je l'ai sauvé car je devais le sauver. Quoi je ne le connaissais pas, à l'époque ? Quoi j'aurais dû le laisser crever ? Quedal, nada, rien, niet, nichts. Je l'ai fait pour lui, tout autant que je l'ai fait pour moi. Même si visiblement, ce n'est plus le cas de beaucoup de personnes de nos jours, j'ai une conscience. Je ne suis pas un monstre, juste un... Si, un peu tout de même. Mais est-ce que être un criminel doit nous empêcher de ressentir quoique ce soit ? Compassion, pitié. Voilà ce qui m'avait certainement poussé à l'aider ce jour-là. À lui ouvrir ma porte, à l'aider à se reconstruire pour mieux le laisser s'enfuir. Je n'avais pas fait ça pour la reconnaissance, ou quoique ce soit qui aille dans ce sens. J'avais fait ça car j'avais ressenti ce besoin oppressant de le faire. Ce côté altruiste remonter à la surface.

Il se relève et shoote maladroitement dans une pierre qui va valser quelques mètres plus loin. Je serre les dents, je le regarde faire : c'est tout ce que je peux faire, de toute façon. « Se battre, tous ? C'est si facile de trahir les autres pour sauver sa propre peau... L'homme est un animal égoïste, Domino. Il pense à lui en premier, les autres passent toujours après. Je ne me fais pas d'illusions... J'ai arrêté de m'en faire depuis longtemps. Ouais, je sais, je suis défaitiste mais... Ça m'énerve... Faut-il donc que je t'explique ? Que je t'explique pourquoi je t'ai dit de ne pas te mettre en travers de mon chemin ? Que... Que je t'explique pourquoi tu aurais dû me laisser crever ? » Oui, se battre tous. Facile de se trahir les uns les autres ? C'est sûr, c'est certain. C'est aussi certain que le fait de tenter une alliance est presque suicidaire. Pourquoi est-ce que je réfléchis ainsi ? Pourquoi est-ce que je cherche une issue là où il n'y en a pas ? Je ne comprends pas, je ne comprends plus. Je ne sais à quoi m'attendre, et je crois que ça me fait lentement disjoncter. Égoïste ? Nous le sommes tous, quoi qu'on en dise, quoi qu'on puisse en penser. Difficilement, je retiens un soupir las. M'expliquer ? Je ne suis pas attardé au point de ne pas comprendre ça. C'est facile, c'est évident, il n'y a rien à expliquer. Rien à part le fait que je sois trop optimiste, peut-être. « Rien, y'a rien à expliquer. Tu es trop défaitiste, je suis trop optimiste peut-être. C'est comme ça, c'est tout... Mais quoique tu puisses me balancer, tu peux me croire, je ne regretterai jamais de t'avoir sauvé. »

Ca, c'était dit. Il soupire à nouveau, et récupère son carnet et son stylo. Au point où on en est, il ne peut pas tout simplement parler, pour me faciliter la tâche ? Visiblement non, puisqu'il s'applique à noircir la page jusque là blanche de ses mots. Je retiens un nouveau soupir. Tu te souviens de ce jour où tu m'as trouvé ? Tu te souviens de l'état dans lequel j'étais ? Domino, tu ignores complètement mon passé et je ne tiens pas à m'étendre là-dessus. Sache juste que je me connais, je connais mes limites et ce dont je suis capable. Cette fois, j'ai peur d'être amené à tuer... À nouveau... Il me tend un carnet, je me penche immédiatement, m'attelant rapidement à déchiffrer ce qu'il y a d'écrit. Ce dont il est capable ? Au fur et à mesure que j'enregistre les mots, mes traits se crispent : j'ai du mal à comprendre où il veut en venir, même si c'est tellement logique que le dernier des abrutis comprendrait. Tuer. À nouveau. Je serre un peu les dents, et lève les yeux du papier pour les planter dans les siens. Tuer. À nouveau. C'est donc un meurtrier ? Et après ? On est tous ici pour une raison, plus ou moins grave. Ce n'est pas un meurtrier, j'en suis certain. Sinon, il m'aurait tué dans mon sommeil. Du moins, il aurait essayé. Il récupère son carnet et retourne contre son mur. Je reste sur place, sans broncher.

« Tu as compris ? Certes, ce dans quoi on se retrouve est inhumain mais... Peut-être que certains méritent une telle punition, quelque part... Enfin bref... Si tu veux me lâcher, c'est le moment... » Certains méritent une telle punition ? Personne ne mérite de claquer de cette manière. Personne. Je desserre un peu les dents, car je vais finir par me péter la mâchoire, et je me reconcentre sur lui. Je le détaille un instant, avant de reprendre. « Quoi que t'ai fait, tu mérites pas de crever comme ça. Personne ne mérite de crever comme ça : personne. Personne ne devrait avoir le droit de vie ou de mort sur un autre. L'homme est libre, on est en cage, le gouvernement nous tient en laisse. Rien ne devrait se terminer comme ça. Mais de toute façon, rien ne se termine jamais comme prévu. » Je baisse les yeux, regarde la poussière et les pierres former un drôle de sol. En laisse, comme des chiens. En laisse, pour leur bon plaisir. À nouveau, la rage monte. Cette rage que j'ai tant de mal à contenir. L'heure du couvre-feu approche. Et c'est à partir de cette heure précise, qu'on verra la marge qu'il y a, d'homme à animal.

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    DENIAL.ANGER.BARGAIN.DESPAIR.
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MessageSujet: Re: Derniers moments pour être soi-même † Domino   Mar 2 Oct - 18:35

Je suis fatigué d’avoir à tout le temps réfléchir. Je suis stressé, c’est trop compliqué à comprendre ? Je sais que ce n’est pas dans mes habitudes de désespérer mais cette situation me rappelle terriblement celle dans laquelle je me trouvais il y a quelques années... Enfermé, toute tentative de fuite impossible, en tout cas pas sans prendre le risque de mourir sur l’instant, le risque de crever selon le bon vouloir des autres... Non, ce n’est pas si étonnant que je sois mal à l’aise, que je sois perturbé. Je déteste ces souvenirs. Je les déteste... Je me relève, toujours aussi inquiet. Je dois oublier le passé et revenir sur le présent. Je dois trouver un moyen de protéger Domino. Étrangement, il se révèle bien plus optimiste que moi. Par peur ? Je pense. Ce n’est pas une situation où on peut raisonner normalement. On se sait condamnés, c’est l’instinct qui reprend le dessus. Ce ne devrait pas être le cas. J’ai peur. Je dois me reprendre, mais ses paroles tournent dans mon esprit. Aucune alliance n’est possible, l’Homme est un animal égoïste, il choisira sa survie avant celle des autres. Je le lui rappelle, je ne peux pas m’en empêcher. La nature humaine... Ahah, quelle blague de penser que notre espèce est plus intelligente que les autres. Parfois, nous sommes bien plus idiots que toutes ces créatures que l’on regarde de haut, puisqu’elles ne sont pas de notre espèce.

Mais il y a autre chose que je tiens à évoquer. Tout autre chose. Un point sur lequel je tiens à l’éclairer. N’arrive-t-il donc pas à comprendre où je veux en venir avec ma mise en garde ? Dois-je le lui expliquer très clairement ? C’est ce que je lui demande, le regardant. Et il me répond. Rien à expliquer ? Moi, trop défaitiste ? Oui, très certainement. Je ne suis pas dans mon assiette. Tout comme il est effectivement trop optimiste. Mais... Me fait-il réellement confiance ? Il ignore bien des choses sur moi, il ignore qui j’étais avant de devenir le Phénix, il ignore qui est cet adolescent qu’il a ramassé, il y a quelques années. Il ignore tout... Comment peut-il être aussi certain du fait qu’il ne regrettera jamais le fait de m’avoir sauvé ? Je soupire. Ce n’est pas le moment de douter de ceux qu’on connait, je le sais... Mais si je venais à le tuer ? Non, hors de question. Je m’y refuse, jamais ça n’arrivera. Mais... Non, je ne douterai pas. C’est quelque chose dont je suis sûr et certain : jamais je ne le tuerai. C’est impossible. Enfin... Je ne lui réponds pas. J’ai mieux à faire que lui répondre : je me dois de lui expliquer.

Je me concentre donc sur mon carnet, sur les mots que j’inscris. Je ne tiens pas à en parler, j’avoue... Je ne tiens pas à expliquer qui je suis, il y a certaines choses que je garderai toujours pour moi. Mon histoire est mon histoire, point. Personne n’a le droit d’y mettre le nez. Mais il faut le mettre en garde... Je noircis donc ma page de mots avant de lui donner mon message. Je ne parle pas, non. J’ignore s’il y a des caméras dans le coin, je n’en ai pas vu mais prudence est mère de sûreté. Il n’y a que lui qui doit savoir. Même si... Je reste très évasif. Il n’a pas à connaître les détails, juste à comprendre ce qu’il risque. Je lui laisse le temps de déchiffrer mon écriture, j’en profite pour noter chacune de ses réactions. Ses traits se crispent de plus en plus, jusqu’à ce qu’il ait achevé sa lecture et plonge son regard dans le mien. Je soutiens son regard, sans dire un mot. Oui, je suis un meurtrier. Et tu ignores tant et tant de choses à propos de moi, Domino... Je retourne contre mon mur, j’en ai assez dévoilé comme ça... Bien trop à mon goût. Mais c’est ce que je voulais faire. Je conclus sur le fait que je mérite peut-être d’être là, quelque part... Je n’en suis pas certain moi-même, est-ce inhumain de n’avoir aucun remord, rien quand on a ôté la vie ? Peut-être. Qu’est-ce que j’en sais, dans le fond ? Rien du tout. Bref... S’il veut me laisser tomber, qu’il le fasse maintenant.

Mais non, il parle, je le regarde donc. Il s’entête dans ses idées, ça m’arrache un sourire... Personne ne devrait avoir le droit de vie ou de mort sur quelqu’un d’autre... Je suis d’accord avec lui. Je suis on ne peut plus d’accord, même. Mine de rien, je reprends de l’assurance en l’écoutant. Nous sommes en cage ? Nous sommes en laisse ? Mais les chiens savent s’enfuir, pourquoi pas nous ? J’y suis parvenu une fois, j’ai grandi depuis, j’ai mûri. Il y a forcément un moyen de s’en tirer. Je trouverai. Je trouve toujours. Rien ne se termine jamais comme prévu... Non, en effet, il a tout à fait raison. Je souris un peu plus et me décolle de mon mur tandis qu’il baisse les yeux. Que dois-je faire ? Autre chose que de me morfondre sur notre sort et me perdre dans une multitudes d’hypothèses. Je dois agir. Il doit agit. Nous devons tous agir. Je ne me laisserai pas abattre, il en est hors de question. En silence, je me déplace jusqu’à me retrouver derrière lui, faisant tout mon possible pour qu’il ne me repère pas... Et je lui souffle d’un coup sur la nuque. Niark. Ouais, je sais, je suis impossible. Mais je me détends, m**** quoi. Alors j’attends simplement qu’il se retourne pour lui sourire, rien de plus.

-Un animal pris au piège a deux solutions : attaquer pour se défendre ou trouver un moyen de s’enfuir. L’un n’empêche pas l’autre. Tu n’es pas trop optimiste Domino, ça n’a jamais tué personne de l’être. C’est moi le problème, je me laisse aller alors que ça ne me ressemble pas. Mais je vais me reprendre. Même si je le regrette... Merci d’être là. Sincèrement... Merci d’être là...

Je plonge mon regard dans le sien. Je suis sincère, heureusement qu’il est là... Il arrive à me motiver, tout comme Delirium, j’ai une raison directe de me battre. Je ne laisserai pas tomber, jamais. Je me connais, je suis du genre à me résigner à mon sort. Pas cette fois, pas tant que j’ai une possibilité de m’échapper. Je me battrai, jusqu’à ce que mon heure vienne sonner. Il a réussi à me remonter le moral et je lui en suis reconnaissant. Infiniment. Merci mon vieux. Merci... En fait, je marque un temps d’hésitation. Court temps, avant de reprendre la parole.

-Écoute... Je ne sais pas comment ça va se passer, je ne sais pas comment ça va se finir. Sans doute de manière définitive, par la mort d’un de nous, voir des deux. Mais... Si j’en ai la possibilité, je te protégerai. Si j’en ai la possibilité, je t’éviterai ce sort. Je te le jure, Hannibal Monroe.

Mon ton est solennel, d’autant plus que j’utilise son vrai nom pour la toute première fois. Je garde la tête haute et je lui tends la main, histoire qu’il la serre, histoire de sceller définitivement cette promesse. Il est peut-être temps pour moi d’oublier le Phénix, il est peut-être temps pour moi de regagner mon rôle originel. Je suis Zaphkiel après tout, même si ce prénom est associé à de mauvais souvenirs. Mais c’est celui que je suis sensé être : un ange. Le gardien des miens. C’est mon rôle, et même si je suis à présent un ange déchu, mes ailes peuvent bien servir à quelque chose non ? Oui, bien sûr. Nous ne sommes pas de simples animaux, la limite reste assez nette. Je refuse d’avoir le comportement que j’ai évoqué tout à l’heure. Je saurai rester humain, au moins pour lui. Au moins par amitié pour Domino. Pour ma famille, mes amis, pour ceux qui se retrouvent dans ce même merdier et à qui je tiens. Je ne fais jamais de promesse en l’air mon vieux... Mais c’est à toi de voir si tu souhaites que je la tienne. Même si, dans tous les cas... Tu restes sous ma protection...

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Derniers moments pour être soi-même † Domino

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