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 Let me take my revenge on you [Luka]

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Date d'inscription : 04/09/2012
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MessageSujet: Let me take my revenge on you [Luka]   Ven 7 Sep - 20:38


Luka Sewick. Sewick. Sewick.

Ce nom a hanté mes nuits durant deux ans. Ce nom a nourri mes fantasmes de vengeances durant les trois années qui ont suivi. Ce nom ne m'a jamais quitté, pas une seule seconde. De tous, tous ces gens qui étaient présents à mon procès, il est celui que je hais le plus. Il était là, et il s'est servi de moi. Servi de moi ! A des fins politiques, il devait se montrer, il a dû trouver que les journalistes et la population apprécieraient qu'on le voit au procès d'une délinquante. A la fois voleuse et dealer à tout juste seize ans, je représentais la vermine de Détroit.

Détroit, que pourtant j'aimais tellement. Détroit, toute ma vie. Détroit, le seul endroit au monde où je voulais vivre. Devoir partir avait été pour moi pareil à une mort lente, douloureuse. Revenir avait été un soulagement réel, malgré les risques que je courrais à être là. Il y a trois ans quand je m'étais enfuie, mon visage avait dû être placardé sur tous les murs de la ville. Aujourd'hui, je ne ressemblais plus vraiment à cette fille que j'étais avant. Mes cheveux étaient noirs, et plus blonds. J'avais repris une dizaine de kilo, après avoir feint l'anorexie durant des mois, pour faciliter mon évasion. Au fond de moi j'étais restée la même, mais physiquement... mes propres parents ne m'auraient sans doute reconnue qu'avec beaucoup de peine.

Mais si moi j'avais changé, Luka Sewick, lui, était bel et bien resté le même. Son visage était celui de mes cauchemars, et avec le temps ma mémoire l'avait à peine un peu déformé. Si bien que lorsque je le vis sortir du Palais de Justice, ce soir-là, je n'avais aucun doute. C'était lui. Ça ne pouvait être personne d'autre. Sans savoir pourquoi, ou peut-être en sachant trop bien, justement, ce que je voulais lui faire, je l'ai suivi. Je me moquais des conséquences ou du danger, j'avais attendu ce moment bien trop longtemps. Quelques rues plus loin, je remarquais qu'il se dirigeait vers l'un des quartiers de Détroit les plus prolifiques en termes de bars et d'endroits où noyer dans l'alcool quelques vieux regrets, quelques vieilles utopies.

Il était déjà tard. La nuit était tombée. Je relevais le col de mon manteau pour ne pas sentir le froid glacé sur ma peau. J'avais faim, parce que je n'avais pas mangé de la journée. La nourriture coûtait cher, et je n'avais pas de revenus. J'étais à Détroit depuis un mois, et jusque là j'avais dormi dans des squats abandonnés et mangé... de temps en temps. Quand je me réveillais chez un homme le matin, un gars paumé que j'avais dragué la veille, je lui piquais un peu de fric et alors seulement je pouvais manger. Mais voler à des gens qui n'étaient pas beaucoup plus riches que moi m’écœurait, alors j'essayais de trouver des gars pleins de frics. C'était de plus en plus rare.

Je devais presser le pas pour suivre l'allure de Sewick. S'il ne s'arrêtait pas rapidement dans un bar, j'allais devoir renoncer à ma filature, j'étais vraiment épuisée, prête à m'écrouler sur le trottoir, à bout de forces. J'étais si concentrée sur Luka Sewick que je ne vis pas l'homme qui sorti d'une ruelle perpendiculaire et me bouscula de toutes ces forces en hurlant comme un possédé.

La fin du monde ! La fin du monde ! Vient me chercher ! Ah ah ah !

L'homme criait et envoyait des coups de poings dans tous les sens, me frappant plusieurs fois plus ou moins consciemment. Il tournait sur lui-même, sautillait en applaudissant des deux mains, totalement perdu dans son délire et m’entraînant avec lui dans une ronde en hommage à la fin du monde. J'essayais de lutter pour me défaire de ce dément, mais il était plus fort que moi. Je n'avais aucune chance et ma tête commençait à tourner à cause des coups, aucune de mes protestations ne lui faisait le moindre effet.


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Asha Jenn Parker
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MessageSujet: Re: Let me take my revenge on you [Luka]   Ven 7 Sep - 21:53

La journée avait été longue, très longue… Allez savoir pourquoi, mais les dossiers s’étaient amoncelés sur mon bureau à une vitesse incroyable, à peine avais-je terminé et clôturé l’un d’eux qu’il en apparaissait deux nouveaux, un peu comme si je me battais contre l’Hydre de Lerne. je commençais doucement à me faire à l’idée de devoir passer la nuit au palais de justice.

Finalement, et après des heures de travail acharné, la pile de dossiers s’était amenuisée petit à petit jusqu'à disparaître totalement de mon poste de travail, j’en poussai un long soupir de soulagement tout en me laissant aller dans mon siège, satisfait de moi-même et content d’enfin pouvoir quitter le palais de justice. Un rapide coup d’œil à ma montre, il était déjà bien tard, la journée avait filé à une vitesse… J’avais prévenu Grace plus tôt, pour qu’elle ne s’inquiète pas si je rentrais tard. Elle savait que mon boulot me prenait beaucoup de temps, mais là c’était assez inhabituel.

Je rassemblai rapidement mes affaires, les rangeant dans une petite mallette en cuir noir. J’enfilai ensuite ma veste et me dirigeai vers la sortie du bâtiment, ne croisant que très peu de gens dans les couloirs de l’édifice vu l’heure tardive. Je m’arrêtai un instant pour discuter avec un collègue adepte des heures sup’, le sujet de conversation n’était pas très intéressant, mais cela me faisait du bien de parler un peu avec quelqu’un après avoir passé toute la journée le nez dans la paperasse, je n’avais pas vraiment eu l’occasion de papoter. Nouveau coup d’œil à ma montre, déjà quinze minutes qu’on devisait, je pris congé poliment avec mon interlocuteur et passai enfin la porte du palais de justice, me retrouvant à l’extérieur, il faisait déjà nuit, il y avait du vent et il faisait froid, un temps à ne pas laisser un chien dehors, ou un procureur, au choix.

Mais avant de prendre la route, je m’allumai une petite cigarette, depuis que les bureaux étaient devenus non-fumeurs, je devais me passer de ma dose de nicotine. Je savourai donc cette première bouffée avec grand plaisir tout en descendant les marches du palais de justice. Il fallait que je me vide un peu la tête avant de regagner mon domicile, et quoi de mieux pour cela que de boire un petit verre ? Je connaissais un bar dans les environs qui servait une excellente vodka et dans lequel j’avais l’habitude de me rendre de temps à autres.

Au lieu de me rendre au bar en voiture, je préférai y aller en marchant, après avoir passé la journée enfermé entre quatre murs, un peu d’air frais était le bienvenu. Je prenais mon temps pour me rendre au bar, rien ne pressait, j’avais du temps devant moi, Grace s’attendait à me voir rentrer après minuit. J’empruntai finalement la ruelle qui menait au quartier des cafés et autres débits de boissons, dernière ligne droite avant mon petit verre de réconfort.

Alors que j’allai quitter la ruelle, le bruit d’une bousculade parvint à mes oreilles, suivirent des paroles insensées, je me retournai et aperçu une jeune femme aux prises avec ce qui semblait être un sdf complètement allumé qui parlait de fin du monde tout en agitant les bras. Voyant que la jeune femme ne parvenait pas à se défaire de ce parasite, je me devais d’intervenir, je fis donc demi-tour, arrivant rapidement à la hauteur de l’improbable duo.

« Hé toi ! Dégages et laisses-la tranquille ! »

Surpris, notre olibrius se tourna vers moi et m’inspecta d’un œil torve, apparemment pas décidé à lever le camp, il fallait sans doute se montrer plus convaincant ou menaçant, qui sais ? Je fis un nouveau pas en direction des deux inconnus, fixant l’homme.

« T’es sourd ? Je t’ai dis de dégager, à moins que tu ne préfère que j’appelle les flics ? »

Je commençai tout doucement à perdre patience...

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