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 Stuck in reverse and the tears come streaming down your face ✖ Octave

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MessageSujet: Stuck in reverse and the tears come streaming down your face ✖ Octave   Mar 4 Sep - 14:54



✖Octave & Wendy✖
« When you try your best but you don't succeed,
When you get what you want, but not what you need,
When you feel so tired, but you can't sleep. » Coldplay, Fix you

Assise devant ma coiffeuse, dans mon dressing personnel, je fixe mon reflet dans le miroir avec un regard absent. La coiffeuse passe ses mains dans mes cheveux en me répétant toujours les mêmes choses : « Comme vous avez de beaux cheveux. Quelle chance vous avez de vivre dans cette belle maison..» et bla bla bla. Elle m’agace, j’aimerais l’envoyer bouler, mais j’en ai l’interdiction, je dois sourire et hocher de la tête. Je suis heureuse, voilà ce qu’elle doit voir. Je la sens effleurer l’étoffe de soie bleu pâle qui couvre mon corps, ses mains glissent sur mon épaule, son regard est plein d’envie. Crois-moi, si tu connaissais mon quotidien, tu ne m’envierais pas. « Votre peignoir est sublime… Est-ce vraiment de la soie ? » Des talons claquent sur le sol en marbre de mon dressing, je peux sentir le parfum délicat de ma mère arriver jusqu’à mes narines. Elle se place à côté de la coiffeuse. « Bien évidemment que c’est de la véritable soie. Elle vient tout droit du japon, extrêmement rare et cher. » Ma mère observe le travail de la coiffeuse avec la plus grande minutie, tout doit être parfait. « Rajoutez quelques boucles ici et là. Wendy doit être irréprochable ce soir. Toute la famille de son fiancé sera présente, ainsi que d’importants collaborateurs de mon mari. » La coiffeuse hoche de la tête en s’emparant de son fer à boucler pour y entortiller des mèches de cheveux. Une fois fait, la femme s’en va pour laisser place à la maquilleuse. Je fais pivoter mon siège pour me retrouver face à elle pendant qu’elle sort tout son attirail. « Que faisons-nous aujourd’hui Madame Marlow ?Wendy portera une robe rose pâle. Je voudrais que vous fassiez ressortir au mieux le bleu de ses yeux. Je vous fais confiance, vous savez toujours ce qu’il lui faut. » Maddy hoche de la tête, se munit de son fard à paupières. « Vous avez de la chance Miss Wendy d’avoir une peau aussi belle, pas besoin de fond de teint. » Je crois voir un sourire sur les lèvres de ma mère avant qu’elle ne disparaisse pour donner aux domestiques des instructions. « Alors, vous êtes contente de revoir votre fiancé ce soir ?Mmmh mmmh.Vous avez bien de la chance, Monsieur Spencer est un excellent parti et un très bel homme, bien des femmes vous envieraient. » Mon Dieu, mais ma place, je la leur laisse quand elles veulent ! Le pinceau caresse mes paupières avec délicatesse et minutie, un léger trait noir, du mascara. Maddy a vite fait de me maquiller et de quitter le dressing pour prévenir ma mère. Je tourne la tête vers le miroir, mon sourire s’est évanoui, encore une longue soirée qui m’attend. Ma mère et ma future belle-mère vont parler du mariage, mon père, mon futur beau-père et mon fiancé, parleront affaires. Et moi, je vais devoir faire la potiche.

Ma mère revient seule, elle observe le résultat et hoche de la tête, satisfaite. « Maddy a des doigts de fée ! Bien, il faut enfiler ta robe, les invités ne vont pas tarder ! » Je me lève pendant qu’elle va sortir de sa house ma robe. Je la passe par les pieds, ma mère la remonte et fait glisser la petite fermeture éclair. Elle me pousse devant le miroir afin que je m’observe. La robe taillée dans de la mousseline rose pâle s’arrête un peu au dessus de mes genoux. Bustier, une large ceinture brodée de fils roses et de perles vient rehausser ma poitrine et marquer mes hanches. Légèrement bouffante, la jupe est agrémentée de quelques perles ivoire qui se retrouvent dans le collier que ma mère vient de me passer autour de cou et qui tombe contre ma poitrine. Il ne manque plus que les escarpins de la même couleur que la robe et brodés de perles pour que tout soit « parfait ». Mes cheveux bruns retombent en une cascade bouclée dans mon dos, ils sont brillants et à chaque fois que je bouge la tête, ils suivent le mouvement avec élégance, à croire que ça aussi, c’était prévu. Grâce à Maddy, mes yeux n’en sont que plus bleus, juste rehaussés par un très fin trait noir et une ombre de fard à paupières rose pêche. Mes lèvres ont eu juste droit à un peu de brillant et mes pommettes un soupçon de blush. Oui, je suis belle, il n’y a pas de doute là-dessus. Mais que je n’aime pas le reflet que le miroir me renvoie. Ma mère pose ses mains sur mes épaules nues avec un grand sourire. « Tu es parfaite. N’oublie pas de sourire, tu vas tous les éblouir ! » Puis elle se détourne de moi pour aller se changer à son tour. Dix minutes plus tard, le premier invité arrive. Sourire, je dois sourire.

Je descends les escaliers la tête haute, un sourire sur les lèvres alors que j’aimerais grimacer en voyant les parents de John –et lui aussi-. Il prend ma main pour descendre les dernières marches puis la porte à ses lèvres. « Quel plaisir de vous revoir Wendy. » Je fais de mon mieux pour que mon sourire ne soit pas crispé, le plaisir n’est vraiment pas partagé. Je dois ensuite embrasser sa grosse mère qui sent le parfum hors de prix et son père qui a le même regard hautain que son fils. Ma mère arrive avec mon père, les autres invités arrivent à leur tour. Les femmes d’un côté à parler de mon futur mariage et les hommes de l’autre à parler affaires. Assise entre ma belle-mère et ma mère, je me sens mal à l’aise. On prend sans arrêt ma main pour regarder ma bague de fiançailles. On s’extasie, on me complimente, me souhaite tout le bonheur possible et bla bla bla. Je n’écoute pas, je divague et ma mère le remarque. Elle se lève, m’entraînant derrière elle pour nous isoler dans la cuisine où Carole, la cuisinière, s’active. « Pourquoi diable fais-tu cette tête d’enterrement Wendy ? Tu sais que tu dois sourire !Je n’en ai pas envie mère. Je ne veux pas épouser John. » Les yeux de ma mère s’écarquillent. « Tu l’épouseras un point c’est tout. » Elle prend mon bras pour que nous retournions dans le salon. « NON ! » Je me recule ce qui laisse ma mère pantoise. « Cette fois je ne me laisserai pas faire. Je vais aller les voir et leur dire que je n’épouserai pas John. » Je commence à faire un pas, ma mère m’arrête tout net avec un sourire en coin sur les lèvres. « Ah oui ? J’aimerais bien voir ça. Et que feras-tu ensuite, ma pauvre enfant, lorsque tu seras à la rue ou encore enfermée dans je ne sais quelle chambre d’un hôpital ? Tu es née pour ce mariage Wendy. Pourquoi crois-tu que nous n’avons pas eu de fils ? Car une fille est bien plus utile. Ta naissance était programmée, rien n’est dû au hasard. Ta vie ne sera jamais régie par la spontanéité, tout est calculé. Tu vas te marier avec John et d’ici trois ans, tu auras un fils, car c’est ce que veulent les Spencer. Puis enfin une fille. Ne t’inquiètes pas pour leur éducation, ton père et ton beau-père se chargeront du garçon et moi de ta fille. Elle aura la même éducation que la tienne, elle fera un beau mariage et ramènera de l’argent. » Je me sens blêmir alors que je comprends que ma vie est réellement programmée, qu’on ne me laissera jamais vivre. Ma mère esquisse un sourire narquois puis sort pour rejoindre le salon, me laissant dans la cuisine. Carole me regard, puis ses yeux se posent sur la porte de la cuisine donnant sur le jardin, légèrement entrouverte, c’est comme si elle me donnait le conseil de fuir. Je m’approche de la porte, fébrile, puis la pousse.

Je sors dans le jardin et c’est en courant que je rejoins le grand portail en fer forgé. Je tire dessus, il ne bouge pas. Il est immense, impossible de l’escalader. Je tourne la tête, la loge du gardien est allumée et je vois la silhouette de Karl, qui dort, le menton contre sa poitrine. Sans un bruit, j’entre et regarde tous les boutons devant moi. Voilà celui que je cherche ! Un léger clic retentit, il est ouvert ! Vite, je quitte la maison de mes parents pour fuir. Oui, mais où ? Je l’ignore, je me contente de courir aussi vite que possible. Je laisse mon instinct me guider, contrôler mes jambes. Je ne sais pas où je suis, mais je suis bien loin des endroits que je peux fréquenter, rien à voir avec ce qu’on me laisse voir. Je finis par arriver sur un point, je m’approche de la rambarde pour m’appuyer dessus. Mes yeux se posent sur la rivière et s’y noient… A quoi tout cela sert ? Je sais parfaitement qu’ils me retrouveront, on fera croire à un enlèvement pour ne pas entacher le nom de mon père et ma vie n’en sera que plus horrible. Je sens de grosses larmes couler le long de mes joues. Je ne veux pas, je ne veux pas de cette vie que me construisent mes parents. J’aimerais que cela cesse, j’aimerais mettre fin à tout ceci et je sais qu’elle est l’unique solution. Je retire mes escarpins, pose un pied sur l’une des barre de la rambarde et me hisse de l’autre côté. Seuls mes bras me retiennent, plus pour longtemps. Je fixe l’eau tumultueuse, mes doigts se décollant doucement du métal froid. C’est la seule solution.

code by shiya.


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Wendy ✝️ When she was just a girl, she expected the world. But it flew away from her reach so, she ran away in her sleep and dreamed of Paradise every time she closed her eyes hellsangels




Dernière édition par Wendy R. Marlow le Mar 4 Sep - 21:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Stuck in reverse and the tears come streaming down your face ✖ Octave   Mar 4 Sep - 20:04

Je suis pas content.
« Désolé gamin, pas de musique ce soir. »
Pas content du tout.
« Je dois discuter business avec des potes, tu comprends ? Il nous du calme, c’est du sérieux. »
Mais alors pas du tout du tout.
Relevant le regard vers Uncle Bob, je fronce même les sourcils ; tu parles si c’est sérieux. Abi me prends par le bras, et me dit doucement :
« Tu joueras demain, sans faute. Une heure plus tôt, et une heure plus tard, si tu veux ! Pas vrai, Uncle Bob ?
— Si tu veux, ouais. Mais ce soir, on a besoin du local. En privé. Tu comprends ? »
Bien sûr que je comprends. Je suis pas con. Même si j’en ai l’air, et que beaucoup le croient. Faut dire que je fais pas grand-chose pour leur donner tords, non plus. La flemme. Pas intéressé.
« Allez gamin, prend ta soirée ! Et vas pas t’enfermer dans ta piaule, profites-en pour aller prendre l’air, voir du monde ! »
Malin, les seuls gens qui m’intéressent sont dans cette pièce, et ils restent ici ce soir.
« Enfin… Tu vois ce que je veux dire, quoi. »
Il me donne une tape sur l’épaule.
« Allez, va. »
J’ai envie de protester, de rester planté là, sans bouger, à le fixer de mon regard, qu’on décrit si souvent de mort et flippant, jusqu’à ce qu’il cède. Mais je sais que quand Uncle Bob me dit de faire quelque chose, je dois le faire, même si j’en ai pas envie. Sinon, je pourrais dire adieu au toit qu’il met sur ma tête, et à la bouffe dont il remplit mon assiette. Et, pire que tout, je pourrais dire au revoir à la possibilité de faire ma musique, tous les soirs, avec un matos dont je ne pourrais même pas rêver si je me retrouvais de nouveau à la rue. Vous voyez que je suis pas si con, au fond.
Alors, je balance ma gratte dans mon dos, et je me taille.
« Bonne soirée, Octave ! » me lance Abi alors que je passe la porte, sans un mot, et sans me retourner.
Je songe un instant à rejoindre ma mansarde et à y passer la soirée à glander. Mais les paroles d’Uncle Bob me reviennent en tête. Quelque chose me dit qu’on ne veut pas du tout de moi dans le coin, que ce soit sous le toit ou sous terre. Alors je grimpe les escaliers menant du sous-sol au rez-de-chaussée, traverse le hall, et sors dans la rue. Pile en face de moi, le soleil se couche et m’aveugle de ses derniers puissants rayons. Je ne sais pas où aller, alors je décide de le suivre.

Je marche longtemps, toujours en direction de l’Ouest, ne déviant que lorsque je rencontre un obstacle et que je m’en vois forcé. Dans ma tête, il y a un écran neigeux ; j’avance sans penser, le regard vide, fixé droit devant moi. Les quelques personnes que je croise me dévisagent, tantôt avec stupeur, amusement, ou encore crainte. Ouaip, c’est l’effet que je fais, la plupart du temps. J’aurais envie de dire que cela m’amuse, mais en réalité, je m’en fiche.
Lorsque le soleil disparaît à l’horizon, cessant sa course, alors je m’arrête. Mes pas m’ont mené sur un pont. J’aurais pu tomber plus mal. Je me penche par-dessus la rambarde, et écoute le son de l’eau. Sa mélodie me parle. J’essaye de la comprendre. Soudain, une moto passe en trombe sur le pont, et le bruit du moteur me déchire les tympans. Je sens mes traits se crisper sous la douleur engendrée par ces ondes disgracieuses. J’ai horreur de cela, presque autant que de la parole. Une voiture passe à la suite, puis une deuxième, une troisième. Allez vous faire foutre.
Je longe la rambarde jusqu’à l’autre bout du pont et y trouve ce que j’espérais : des escaliers. Je les emprunte et arrive sur le quai. Bien sûr, je ne serais pas totalement isolé des bruits parasites de la rue, mais je me les prendrais moins en pleine face que si je restais là-haut. Je retire ma guitare de dans mon dos, et m’assois au bord du quai, les jambes pendant dans le vide, dans l’ombre du pont, de façon à être invisible, mais pas directement en dessous de la structure. Cela ne m’évoque pas de bons souvenirs.
Ma main droite enserre le manche de la guitare, tandis que la gauche se dépose sur les cordes. Je ferme les yeux, et j’écoute. Je vois des accords s’imprimer psychédéliquement sur mes paupières. Je les mime, m’en imprégnant, et, déjà mes lèvres articulent muettement les mots qui les accompagneront. Mais ce n’est rien pour l’instant qui mérite d’être entendu. Il manque quelque chose. Mais je ne sais pas quoi. Alors, inlassablement, mes mains glissent silencieusement sur l’instrument, tandis que mes lèvres s’agitent sans laisser échapper un son.

Les heures passent, et pourtant toujours rien. Frustré, mes mains s’immobilisent tandis que, rouvrant les yeux, je lève le regard vers le ciel. Une goutte s’écrase sur mon visage. Puis une, puis deux, et c’est bientôt tout le ciel qui se déverse sur moi. Je clos mes paupières. J’écoute. Je cherche. Mais non, ça ne va pas, la pluie ne m’apporte pas ce qui me manque. Pire même, plutôt que de m’aider, son bruit sourd noie les autres sons. Je sens que je n’arriverai à rien ce soir. Et si je balançais cette putain de guitare dans l’eau ?
Je rouvre les yeux, et mes mains se crispent sur l’instrument. Alors que mes yeux se posent sur la silhouette presque diaphane d’une jeune fille semblant apparue de nulle part, je sais que je viens de trouver ce qu’il me manquait. C’est une sensation bien étrange, de trouver l’inspiration en un être humain. C’est quelque chose qui ne m’était jamais arrivé. C’en serait presque flippant. Mais c’est surtout exaltant. Je sens le sang qui circule plus vite dans tout mon corps, et mon pouls s’accélérer ; il bat furieusement dans mes tempes, dans mon cou, jusqu’au bout de mes doigts, et il remonte le long des cordes, les faisant imperceptiblement vibrer.
Je l’observe, figé ; même mes yeux ont cessé de cillé. Je reconnais quelque chose en elle, et il ne me faut pas longtemps pour comprendre quoi : la morbidité. Je le sais, non pas parce je le devine en la voyant ici, à cette heure-ci, seule, sur un pont, accrochée du mauvais côté de la rambarde, à contempler les flots. Je le sais, car je le sens, je le retrouve. Comme moi, il y a plus de dix ans maintenant, elle se pose la question. Si je la laisse y répondre par elle-même, elle a de grandes chances de ne jamais pouvoir partager sa réponse avec le reste du monde. Si elle s’en sort, elle apprendra bien vite que cela n’apporte rien de bon. Mais surtout, si elle saute, alors mon inspiration s’éteint avec elle, et je crains que mon cœur ne s’arrête de battre. Alors je vais le lui dire.
Mes cordes vocales et celles de la guitare se mettent à vibrer.

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