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 requiescat in pace. (&bryseïs)

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MessageSujet: requiescat in pace. (&bryseïs)   Dim 2 Sep - 18:59

La nouvelle lui avait fait l'effet d'une claque en pleine gueule. Sous le choc, elle avait porté sa main tremblante devant sa bouche pour étouffer un hoquet de surprise. C'était terrible. Impossible.

John, quarante-cinq ans, passionné d'histoire, d'économie et de politique était un homme cultivé qui avait fait de longues études.Iil était réputé dans le milieu du journalisme et très respecté pour son travail et ses très nombreuses analyses. Marié, deux enfants. Tout semblait aller pour le mieux dans la vie de cet homme et pourtant, c'était bien sa cervelle qui était rependue sur les murs de son bureau. Il s'était tiré une balle dans la tête la nuit dernière, quand tout le monde s'en était allé pour rejoindre ses proches afin de passer une bonne fin de soirée. Lui était resté tard, sûrement à faire les cent pas avant de porter le canon d'un flingue contre sa tempe et d'appuyer sur la gâchette. Il n'avait pas laissé de lettre mais l'acte était symbolique. Le suicide au travail était rare, mais cela restait une réalité. Pourtant, cet homme n'avait jamais semblé être stressé par son travail, il n'avait jamais subit aucune pression quelconque. Jamais directement devant ses yeux en tout cas. Thaïs lui avait souvent parlé, elle le connaissait assez bien. Assez bien pour être troublée et ne pas comprendre ce qui l'avait poussé à agir ainsi. Elle trouvait dommage qu'un homme aussi intelligent, chaleureux et aimé ce soit éteint de cette manière.

La femme tenait un bouquet d'œillet dans les mains. Le fleuriste les lui avait conseillé pour un décès et pour exprimer son respect. Elle aurait aimé les déposer dans son bureau, mais des nettoyeurs, après le passage d'un officier de police et des ambulanciers, prenaient le temps d'effacer chacune des traces de sang pour donner cette désagréable impression qu'il ne s'était jamais rien passé ici. Adossée contre un mur, Thaïs observait la scène. Son regard triste n'affichait aucune larme, ce n'était pas son genre de pleurer les morts. John avait décidé d'en finir, c'était son choix et elle le respectait. Lui qui s'était plein à mainte reprise des décisions prises par le gouvernement, de la vie qui se dégradait, de l'ambiance entre chaque habitant de cette ville, elle supposait qu'il serait plus à l'aise là où se rendrait son âme. Si âme et au-delà il y avait. Son téléphone vibra dans la poche de son gilet. « Tu ne devrais pas rester ici. Rentre chez toi. » affichait son écran. Redford ignora le message avant de ranger l'objet. Cela lui tenait vraiment à cœur d'être ici, même si elle devait rester seule. Et pour tout vous avouer, elle ignorait pourquoi les bureaux étaient aussi déserts aujourd'hui. Était-elle la seule à se poser des questions sur les raisons de cette mort soudaine, sur les raisons qui l'avaient poussé à se suicider plutôt qu'à rester passif jusqu'à qu'une mort naturelle ou accidentelle, dans le pire des cas, vienne l'emporter ?

Les nettoyeurs commençaient à s'en aller un par un. Ils jetaient leurs gants souillés dans un sceau et retiraient les protections qui couvraient leurs vêtements. Seule une jeune fille restait là, à frotter les tâches sur le mur, consciencieusement. Thaïs la regardait faire tout en se demandant ce qui avait bien pu pousser une demoiselle aussi charmante à faire ce travail, à passer après les morts pour donner quelque chose de plus agréable à des scènes morbides, apaiser le souvenir des vivants. La fille restait totalement indifférente à ce qu'elle voyait alors que Thaïs en avait presque le cœur totalement retourné. La journaliste cessa alors de griffonner sur son morceau de papier et abandonna son bouquet de fleur pour avancer vers l'unique rescapée. Sans empiéter sur son territoire, la blonde demanda. « Excusez-moi de vous déranger mais... Je me demandais si vous auriez envie de boire ou de manger quelque chose... Maintenant, ou plus tard... » ou jamais. Redford se sentait terriblement gênée de l'interrompre, de la déranger, de l'embêter.

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MessageSujet: Re: requiescat in pace. (&bryseïs)   Dim 2 Sep - 22:49

« Eugènie arrête d'être méchante avec moi. » La fillette brune te regarde avec un air vil, une espèce de grimace dessinée sur son visage poupin. Elle est là, devant toi. Elle vient de faire fuir la licorne qui allait venir manger dans ta main. Tout ça parce qu'elle est de mauvaise humeur. « Je veux pas que tu ailles travailler ! C'est glauque là-bas, c'est dégueulasse ! » Elle crie de sa petite voix aiguë. Tu détestes quand elle crie, ça fait mal aux oreilles. Tu couvres ces dernières de tes mains pendant que la gamine déverse sa bile sur toi. Ces derniers temps elle est devenue mauvaise, elle n'aime pas ce que tu fais, elle est méprisante des fois. Elle te fait mal. Je me demande si Eugènie au fond ce n'est pas "les autres". Juste un reflet de ce que te témoigne le monde. Mais toi tu n'y as pas pensé. Après tout Eugènie est une petite fille comme les autres à tes yeux, pourquoi serait-elle le reflet de quoi que ce soit ? Effrayée, tu décrispes précautionneusement tes doigts de tes oreilles et jettes un regard de bête traquée à ton interlocutrice. Ses prunelles bleues te foudroient sur place, impérieuses. Des larmes te montent aux yeux, irrépressibles. Alors, désespérée, tu la prends par la main et te mets à courir vers la maison vide. Ton grand-père doit été quelque part mais tu ne te soucies pas de lui. Tu entraînes ta compagne vers la cuisine et relâches ton emprise sur elle pour ouvrir la porte du frigo. En plein milieu de la machine trône un énorme pot de glace parfum bubble-gum. « Tiens Eugènie tout ça c'est pour toi, tu peux tout manger. » Un sourire de convoitise apparaît sur le visage de la brunette, dévoilant des quenottes que je n'aurais pas été étonnée de voir pointues. Elle te fait un petit signe comme si tout était pardonné.

John. Cet homme dont tu es en train d'éponger la cervelle s'appelle John. Enfin s'appelait mais pour toi il s'appelle toujours comme ça. Il est passé dans le vie suivante. John, comme l'écureuil gris que tu aperçois souvent au sommet du chêne. Sauf que celui que tu nettoies a un nom de famille, même si tu ne te souviens plus de ce que c'est. Sur la feuille il y a aussi écrit suicide. Tu t'es toujours demandé pourquoi les gens se suicidaient. Pour atteindre le monde suivant plus vite et pouvoir dormir avec les licornes ? Il suffit d'attendre. Tu n'es pas spécialement impatiente. C'est vrai que cette vie-ci t'as un peu déçue mais au fond puisque quand tu seras morte tu pourras renaître dans l'autre pays, c'est pas grave. Toi c'est ta première vie. Après celle-là il t'en reste neuf. Du coup... Ça ne va pas si mal au fond. Tu souris à cette pensée. N'empêche c'était bête de se tirer une balle dans la tête, ça fait plein de saletés. Tu grimaces en tenant un bout de cervelle dans ta main gantée. Non mais franchement, en plus la peinture était nickel ! À côté de toi Louis et Dave s'agitent. Louis tu l'aimes bien, il est tout doux, tout gentil comme un agneau. En plus il est frisé comme eux. Il te parle jamais méchamment, il te traite avec précaution. Il aime bien dire que t'es une princesse des temps modernes. Il te fait rire Louis parce que lui il est tellement gentil que tu te demandés si c'est pas sa deuxième vie et qu'il revient du pays des licornes. Mais Louis quitte la pièce. Ne restent plus que cette ordure de Dave. En vérité, Dave est comme Eugènie en pire. Pire parce que s'il est tout aussi méchant, il pourrait te frapper si l'envie lui en prenait. Et pire aussi parce que la glace au bubble-gum ça ne le calme pas. Tu le sais, t'as déjà essayé de lui en offrir. Mais t'as jamais rien dit au patron, t'es pas une rapporteuse. 

De l'autre côté de la vitre - c'est marrant ce bureau avec certains murs vitrés, ça fait comme un bocal - une jeune femme blonde te regarde. Elle est belle. Grande, fine, de beaux eux bleus embués de larmes, des lèvres grenat qu'elle mord nerveusement. Dans sa main elle tient de belles fleurs. Des œillets. Vous n'en avez pas dans le jardin. Mais tu ne l'as pas vue, concentrée que tu es sur les taches d'hémoglobine. Maniaque, tu les frottes avec application sans te soucier de l'odeur acide du produit. Ta tenue de travail passée par-dessus tes vêtements te tient chaud et tu transpires en-dessous de cette espèce de chose blanche. Tu n'entends pas l'intruse rentrer mais entends parfaitement le son du bouquet de fleur sur la table, bien qu'il ne soit pas très fort. Tu ne te retournes pas tout de suite, appliquée à effacer cette ivgrknsll de tache mais sa voix retentit : « Excusez-moi de vous déranger mais... Je me demandais si vous auriez envie de boire ou de manger quelque chose... Maintenant, ou plus tard... » Tu sais que c'est à toi qu'elle parle puisque ce goujat de Dave est parti déjeuner comme les autres. Et puis tu sais qu'il n'aime pas trop ce boulot mais qu'il n'a pas vraiment trouvé mieux. Ça te fait toujours rire de le voir dégoûté face à certaines scènes, des fois jusqu'à en vomir. À son teint pâle tu es presque sûre qu'il fait des cauchemars la nuit. Tu fais face à la blonde et lui lances un guilleret : « Bonjour ! » Eh oui, question de politesse. On e l'a toujours appris. « Attends je finis ces taches... » Tu n'as par contre jamais réussi à intégrer le principe de vouvoiement de politesse. Tu prends ton éponge et extermines les dernières gouttelettes récalcitrantes qui maculent le mur. « Je veux bien manger tant que c'est pas de la glace au bubble-gum ! » Tu n'en peux plus de cette glace, Eugènie n'arrête pas de t'en faire acheter...

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MessageSujet: Re: requiescat in pace. (&bryseïs)   Lun 3 Sep - 0:07

Il fallait croire que certaines personnes étaient plus prédisposées que d'autres à lutter pour (sur)vivre. Chaque personne dans ce monde avait une vision totalement différente de la vie. Certains avaient eu beaucoup chance en naissant dans la bonne famille, dans un environnement où ils ne pouvaient manquer de rien et où chaque difficulté rencontrée pouvait être surmontable. D'autres en avaient eu beaucoup moins en naissant dans la mauvaise famille, dans un environnement où ils pouvaient manquer de tout et où chaque difficulté rencontrée s'avérait être insurmontable. Il y avait tellement d'inégalités qui nous différenciaient dès la naissance que notre perception du monde et de la vie était obligatoirement différente de celles que pouvaient avoir les personnes qui marchaient à côté de nous dans la rue. Malheureusement/heureusement pour eux et leurs proches, le suicide était une possibilité de mettre fins à des inégalités, des injustices et des souffrances que l'ont avait du mal à supporter.

Thaïs faisait partie de la caste des croyants, ceux qui avaient grandit en pensant que la vie était un cadeau de Dieu et que le suicide était en quelque sorte un gros doigt d'honneur qu'on lui faisait pour avoir eu autant de mauvais goût. Un blasphème en somme. Pour elle, l'homme se devait de combattre et de franchir chacun des obstacles qu'il était susceptible de rencontrer sur son chemin en attendant que Dieu veuille bien lui ôter la vie. Thaïs avait grandit de la sorte, en intégrant ces quelques règles religieuses. C'était devenue une façon naturelle de raisonner car aujourd'hui, la religion n'avait plus cette même place qu'elle avait lorsque la demoiselle était encore qu'une enfant. Elle avait désormais du mal à gober toutes ces histoires fantastiques. Ce changement allait de paire avec ses études, la désillusion massive d'une société moderne dont elle faisait désormais partie. Même le « God Bless America » habituel à chaque fin de discours ne lui donnait plus envie de chanter les louanges d'un quelconque être Tout Puissant. Pourtant, au fin fond de son être, elle continuait d'y croire. Elle continuait de croire qu'à la fin de sa vie elle serait jugé, qu'elle finirait par accéder à un royaume éternel, qu'il soit celui de la paix ou de la souffrance. Mais pour ce John, son collègue qui les avait quittait prématurément, Thaïs espérait que Dieu serait clément avec son âme. Elle espérait qu'il voudrait bien accepter une âme torturée parmi les siens.

Thaïs, aussi, n'avait pas eu la vie facile. Gamine on l'avait souvent montré du doigt, elle avait été la blanche parmi les noirs. La tâche sur le portrait de famille. Parfois victime de racisme, les insultes avaient terminé par devenir une habitude à laquelle elle se plaisait à répondre. Parfois un peu trop violemment. C'était l'enfance. Les enfants étaient souvent très méchants quand ils s'adressaient aux autres enfants. Dès lors, une rivalité s'était installé entre eux et elle. Les blancs pensaient qu'elle finirait comme la plupart des gens de la couleur de ses parents : dans la rue, peut-être à toucher à la drogue, à sortir avec de mauvais garçons dangereux ou a terminé sur le trottoir pour gagner de quoi vivre. Les noirs, eux, savaient qu'elle ne faisait pas partie de leur grande famille, celle des torturés de couleurs dont les ancêtres avaient été esclaves, les parents victimes de racisme et les enfants touchés par les inégalités. Ils savaient également qu'elle ne ferait jamais totalement partie du clan des blancs puisqu'elle avait été élevé par des gens de couleurs.

Dès sa naissance, puis son adoption et enfin son enfance, elle avait été considéré comme étant le vilain petit canard de la bande. Aujourd'hui, il fallait bien l'avouer, le caneton avait grandit et était presque devenu un joli cygne. Il y avait encore quelques détails qui faisaient qu'elle n'aurait jamais la somptuosité du cygne qui déploie ces grandes ailes avant de prendre son envol, ni même sa pureté, mais c'était presque ça. Thaïs avait quasiment atteint son objectif d'aller envoyer se faire foutre tout ceux qui avaient plus lui présager un futur malheureux. Elle avait cru en elle, sa famille aussi. John aurait du, lui aussi, croire en lui. Thaïs, elle, avait cru en lui, elle l'avait admiré pour son talent. La journaliste continuait et continuerait toujours de se demander ce qui avait bien pu le pousser à en venir au suicide. Dans sa toute grande innocence, Redfort avait toujours été persuadé que les hommes comme John n'en venait jamais à abréger leurs vies d'une telle manière. Ils affrontaient leurs problèmes. Comme des hommes. D'un autre côté, elle suspectait le fait qu'un événement terrible ait perturbé le cours de sa vie. Peut-être une menace. La curiosité aurait un jour raison de cette bonne femme.

Thaïs n'avait pas vraiment prêté attention à l'équipe de nettoyeurs qui refaisait une beauté à la pièce maculée de sang, trop perdue dans ses pensée. Après avoir supposé le pire, avoir réfléchie sur son propre parcours, elle avait enfin remarqué la jeune fille abandonnée par ses collègues. Emmitouflée dans sa combinaison blanche, elle lui tournait le dos. Thaïs ne distinguait pas encore les doux traits de son visage enfantin. Alors la dame s'était avancée jusqu'au bureau ou elle avait enfin osé déposer son bouquet d'œillet avant de demander à l'employée si elle voulait bien être invitée pour le déjeuner. Sa réponse lui arracha un petit sourire très discret. Thaïs pensait que ce genre de personne, le genre qui trempaient les mains dans le sang et les restes de cadavres toute la journée, étaient plutôt du genre désagréable et solitaire. Un des nettoyeurs lui avait donner cette impression en tout cas. Mais cela n'avait pas l'air d'être le genre de cette fille enjouée. Trop enjouée pour ne pas intriguer. « Attends je finis ces taches... » Le tutoiement était déjà de rigueur. Aujourd'hui cela ne dérangeait pas la dame Redford qui avait pourtant l'habitude d'être attachée à la formalité. A l'aide de son éponge, la fille essuya les dernières tâches de sang qui s'étaient accrochées à la peinture récente de la pièce. Un frisson parcourut l'échine de la grande blonde et face à l'indifférence de la nettoyeuse, Thaïs se dit qu'il y avait pire comme vue et qu'elle avait eu de la chance de ne pas être venue plus tôt aux bureaux du journal. « Je veux bien manger tant que c'est pas de la glace au bubble-gum ! »

Thaïs fronça les sourcils sans véritablement comprendre le sens de ses paroles qui étaient pourtant très claires. Elle avait du mal à s'imaginer qu'une personne censée s'adresse à une autre personne censée de cette manière et surtout dès leurs premiers mots échangés. A force de s'attacher à des détails aussi peu important, cette journaliste finirait vieille fille, frustrée et aigrie. Elle comprit tout de même l'essentiel, l'inconnue venait d'accepter l'invitation. « Une envie en particulier peut-être ? » glissa Thaïs pendant que la fille retirait sa tenue ridicule qui la protéger des vapeurs chimiques et agressives mais également des tâches persistantes. Elle lui dévoila ses beaux cheveux bruns et son grand regard noisette. Thaïs lui dévoila à son tour un sourire qui n'allait pas avec la tristesse qui se reflétait dans ses pupilles. « J'ai oublié de me présenter... Je m'appelle Thaïs, je travaille ici. John était un assez bon ami à moi... » Elle avait peut-être également oublié que cette information ne devait pas l'intéresser.

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MessageSujet: Re: requiescat in pace. (&bryseïs)   Lun 3 Sep - 9:17

Zelda t’a toujours dit qu’elle ne voudrait pas faire ton métier quand tu lui demandais si elle ne voulait pas venir avec toi. Tu n’as jamais compris. Elle t’a dit qu’elle avait peur de la mort. Tu as pourtant essayé de lui expliquer tant de fois que ça ne servait à rien d’avoir peur de ça. Elle est pas méchante la Mort, elle sert de passeur c’est tout. C’est des monstres qu’il faut avoir peur, de ceux qui se cachent sous les lits, dans les placards, de ceux prêts à te dévorer au moindre signe de faiblesse. Ceux avec des griffes et des crocs interminables qui te déchirent pour que tu endures mille souffrances, te privant d’une renaissance dans un pays plus clément en t’emportant avec eux dans les fosses sans fond du Tartare. C’est ça qui te fait trembler la nuit, pleurer aux craquements qui retentissent dans ta chambre. Pas la Mort. Si on l’appelle la Camarade - c’est comme ça que tu le dis, tu n’as jamais vraiment compris comment on était censé prononcer ce truc-là - c’est pour une raison. Tu l’aimes bien la Mort, elle passe nourrir la licorne des fois, elle monte dessus et elle part. Elle dit que c’est sa monture et qu’elle en a besoin, elle te remercie d’en avoir pris soin. Peut-être que tu es une de ses privilégiées, qu’elle t’aime bien. La vérité c’est que tu vois les cavaliers de l’Apocalypse et leurs licornes. Mais c’est la Mort qui est là le plus souvent. Une fois elle est partie avec ta Grand-Mère en te disant qu’il ne fallait pas t’inquiéter pour elle, qu’elle serait mieux plus tard. Tu l’as crue. Pourquoi la Camarade prendrait-t’elle la peine de te mentir après tout ? Tu n’en as pas peur de toute façon, Zelda n’a jamais réussi à le comprendre. C’est pour ça que ton métier l’effraie, elle trouve que les cadavres c’est quelque chose d’extrêmement repoussant et effrayant. Sans parler de craindre la mort, j’ai toujours trouvé idiot d’être terrorisé par des bouts de viande. Car les cadavres ne sont ni plus ni moins que des bouts de chair pas très différents de ceux que l’on a dans notre assiette. Il faudrait qu’elle l’intègre.

Mais si ça fait peur, c’est parce que la moitié des gens ne croient pas à la vie après la mort, même ceux qui se targuent d’être croyants. Zelda ne prétend même pas l’être. Toi si mais tu ne crois pas en Dieu, tu ne vas pas à l’église. Tu crois aux choses de ton monde, celles qui te ravissent jour après jour sans que personne d’autre prête foi à ta parole. Licornes ? Dragons ? Animaux parlants ? Oh mais ça n’existe pas ça ma petite ! Le nombre de fois où on te l’a dit... Heureusement que t’as la foi parce que sinon tu te serais découragée face à ces aveugles bornés qui se croient en droit de te réprimander parce que ta schizophrénie te rend inférieure à leurs yeux, qu’elle fait d’eux la voix de la raison. Fuck. Qu’ils aillent se faire foutre. Des fois c’est ce que tu te dis mais tu te reprends intérieurement après, tu te fais engueuler quand tu dis les gros mots que Zelda t’apprend. Mais qu’ils aillent ce faire cuire un oeuf tous ces goujats prétentieux, c’est pas tes parents non plus. Mais bon, laissons tes non-parents là. La blonde te regarde. Elle non plus c’est pas ta mère mais elle a pas non plus l’air méchante donc bon.

Ta réponse l’a tout à fait surprise apparemment, elle ne s’attendait pas à ça. Pas à un tel sourire, un tel enthousiasme, une salutation aussi énergique. Elle ne devait pas non plus s’attendre au coup de la glace au bubble-gum, au coup du tutoiement... Tu l’as surprise dans toutes tes actions et tu l’as à peine remarqué. La blonde hasarde : « Une envie en particulier peut-être ? » Une envie ? Hrm... Des schnitzels de poulet ? De la salade avec de la fêta ? Des spaghettis carbonara ? Des moules ? Non. Rien de tout ça ne te tente sur le moment. « Tu sais ou on peut manger des bonnes lasagnes ? » Oh lasagna, lasagna, mi amor... C’est vrai que c’est une bonne idée ça... Tu retires tes gants souillés après avoir laissé l’éponge tomber au fond du seau. Puis tu fais glisser la fermeture de cette espèce de costume de scaphandrier pour dévoiler un jean et un T-Shirt manches longues avec des motifs de fleurs dessus. Tu as fini de nettoyer de toute façon. L’inconnue se présente alors, décidant de faire le premier pas. « J'ai oublié de me présenter... Je m'appelle Thaïs, je travaille ici. John était un assez bon ami à moi... » Thaïs. Ami. John. Des mots rentrent dans tes oreilles. « C’est bête pour votre ami, il était trop pressé. » Désolée. Mes condoléances. Non ? Ce genre de choses ne te traverse absolument pas l’esprit. Tu ne comprends pas qu’on puisse s’attrister de la mort d’un humain alors qu’on est sûr de le revoir. Alors que les animaux ils ne vont pas au même endroit, il faut les pleurer. Pour toi c’est comme ça que ça fonctionne et pas autrement. Et puis c’est ennuyeux les condoléances, c’est toujours pareil, c’est monotone... C’est chiant tout bonnement. Tu regardes la blonde. Elle a de jolis yeux. Bleus comme ceux de Zelda et d’Eugènie. Enfin ils tirent plus sur le vert. Je suppose que ça doit dépendre de l’éclairage. « C’est joli Thaïs ! Moi c’est Bryseïs ! » Tu réfléchis. « Enfin en vrai c’est Charlotte. Mais je préfère Bryseïs, c’est mon deuxième prénom. »

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MessageSujet: Re: requiescat in pace. (&bryseïs)   Dim 16 Sep - 15:40

Imprévus !

Tout d'un coup, la porte s'ouvre à la volée. Un homme masqué entre, un pistolet à la main et un sac poubelle dans l'autre. Il se rue dans la pièce. Le flingue pointé vers les deux jeunes femmes, il gueule :
"Si vous bougez, je vous loge une balle dans la tête. Vous ne voudriez pas finir comme cet enfoiré de John pas vrai ?"

Continuant de viser, il fouille dans un tiroir, renversant plusieurs objets autour de lui.

"Putain vous avez touché quelque chose ici ?"
Dilemme


Les filles, cette mission, si vous l'acceptez,

Tenter d'appeler les secours / et/ou de le raisonner
(mais risquer de vous faire tirer dessus)
VS
Se défendre ( tout est autorisé, vous avez carte blanche )
(Les tentatives de charme de la part de seksy Thaïs sont autorisées)
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requiescat in pace. (&bryseïs)

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